CHAPITRE XVI. — ÉTUDES SUR LE DROIT PUBLIC
Ne pouvant nous étendre davantage sur ces traités, qu'il ne vaudrait peut-être pas la peine de faire connaître au lecteur dans leurs particularités, nous nous arrêterons à l'un d'eux, parce qu'il nous semble mériter une attention particulière. C'est le traité de ce qui tient à l'état militaire et de la guerre, de Pielrino Bclli'.
Le but de cet ouvrage est de montrer, d'après les principes de la jurisprudence, les raisons qui justifient la guerre ; les relations qui doivent exister entre confédérés; les régies que doivent observer les généraux et les soldats, tant à l'égard du prince auquel ils obéissent, qu'à l'égard des ennemis qu'ils combattent, et, enfin, celles qui règlent leurs devoirs réciproques.
L'œuvre de Belli est fondée sur de larges principes, si l'on tient compte des temps auxquels elle fut écrite. La connaissance de cet ouvrage remontant à la moitié du xvP siècle , devait précéder celle d'un livre d'un plus grand renom, celui De jure Belli d'Albéric Gentile,
» lari super ecclesiis, Bernardi Laurenli. De confederatione, pace el » conventionibus principuin, Martini Laudensis. De confederatione » principum, Joannis Lupi. De imperatore militum diligendo, Bar- » thol, Csepollae. De belle et bellatoribus , Joannis Lupi. De bello, » Martini Laudensis. De bello et eius iuslilia Francisci Arias. De re « militari et de bello, Petrini Belli. De bello, Joannis de Lignano. » De re militari, Paridis de Puleo. De iure et privilegiis militum, » Claudi Cotereo. De Milite, Martini Laudensis. De privilegiis milita- )) ribus, Marci Mantua, «
^ C'était Pietrino Belli d'Albe en Piémont, et non Pierre Bellini d'Albenga, comme l'a appelé, sans doute trompe par des textes inexacts, l'illustre Carmignani dans son Hisloire de l'origine et des progrès de la philosophie du droit, liv, IV, § 1.
Le baron Vernazza de Freney a fait des recherches minutieuses dans la biographie qu'il a publiée de cet écrivain politique piémontais, Turin, imprimerie royale, 1783.
r)58 DE l\ Ll';(.ISLATION ITALIENNE.
qui panil dans les dcM'nièi'os années diidit sif^clri '.
Cet éci'ivain italien avait ahanrJonné sa patrie pour cause de religion; il devint professeur de droit à Oxford, et fut protéj^é jiar le célèbre Robert d'Evreux, comte d'Essex, favori de la reine Elisabeth. Gcntile entreprit son travail sur une matière qui, jusque là, n'avait pas encore été développée; il déclare que les jurisconsultes qui ne connaissaient que le droit romain ne lui sont d'aucune utilité, et qu'il est embarrassé de teux qui ont traité ce sujet avant lui, comme Jean de Lignano et quelques autres ^ S'il est un livre riche de citations tirées de toute sorte de matières, d'auteurs anciens et contemporains, c'est à coup sur celui de Gentiie ; érudition profonde, du reste, plutôt que vulgaire, mais qui nuirait au talent de l'auteur, si avec beaucoup de vivacité et par la hardiesse de l'emprunt, celui-ci ne parvenait à faire triompher ses opinions sur celles des autres. Gentiie est du petit nombre, pour ne pas dire le seul , des publicistes de son temps, qui osa prendre de fréquents exemples dans les événements du jour, et de leur attribuer librement la louange ou le blâme.
L'ouvrage de Gentiie se divise en trois livres; dans le premier il expose les justes raisons qui autorisent la guerre, et il compte dans ce nombre les guerres pour
^ Le traité de Pietrino Belli fut imprimé pour la première fois en l563, par François des Portonari.
La première édition connue du livre de Gentiie est celle de Hanau de 1598.
2 « Equidem prœlcr Lignani paucula huius tractatus et aliorum nonnulla alia sparsim, legi niliil ; et ea non absque fastidia legi omnia. » Albericus Gentilis, De iure belli, liv., cap. i.