‹ Histoire de la législation italienne (volume 2)Chapitre 269 sur 284 · CHAPITRE XVI. — ÉTUDES SUR LE DROIT PUBLIC · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI. — ÉTUDES SUR LE DROIT PUBLIC

cause de religion. Mais dans un siècle fécond en guerres religieuses, et exilé lui-même pour un motif semblable, Gentile se montre très-modéré sur cette matière; il déduit avec calme les divers arguments, recommande de ne pas nuire à l'Etat pour cause de' nouveautés religieuses, et exhorte les princes à maintenir l'unité de religion dans leurs Etats '.

Il examine avec une grande impartialité de raisonnement, les droits de l'Empire, et défend l'autonomie des peuples autrefois soumis au sceptre de Rome ^.

Le second livre traite de la manière de faire la guerre, et s'étend sur les diverses circonstances qui ont trait à la bonne foi, à la modération et aux intérêts de l'agriculture, du commerce et des relations qu'on doit entretenir avec les étrangers, exemptes autant que possible des périls et des ravages de la guerre.

Le troisième volume s'occupe des questions sur les conséquences de la guerre, après avoir conclu la paix; l'auteur y parle de la perte de la liberté, et du terrible dicton : Esto servus qui nescivisti uti liber tate ^ Il y a dans ce livre deux chapitres qui méritent une attention particulière ; c'est le onzième qui parle des changements qui surviennent dans les choses après la guerre, la religion y comprise; il est empreint d'une grande tristesse, écrit d'un ton prophétique, rempli de réflexions profondes; et le seizième qui traite des lois et de la liberté. Il y est question des limites naturelles

* Voy. le cliap. x du liv. I.

^ Lib. I cap. XXI !i, de regnorum averslonibus.

3 Chap. x.

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[)ns(^os à l'aiilorih' du juince, cl de l'iiilcrprétatioii dos jU'iviléges.

Nous njo\il('i'()iis, à la luuaiii^c de Tauteui-, fju'il lorinine cliacun dn ses trois livres, par des aspirations et des prières en faveur de la paix '.

Après Alhéric Gentile, nous rappellerons d'autres auleuro italiens, qui ayant traité des matières analogues, ne doivent pas être passés sous silence, quoique leurs travaux n'aient pas obtenu des résultats comparables à ceux de Gentile. Nous avons déjà dit un mot du F^iémontais Botera, maintenant nous nommerons Alexandre Borromini de Sarno qui voulut faire dériver les lois civiles des sources du droit naturel, et traita de la convenance entre les lieux et les lois; Alexandre Turamini de Sienne, lequel, en 1590, dédia au grand-duc François I^^" un beau traité De legibus, où il exposa avec méthode les plus saines doctrines sur la vertu des lois et sur le juste usage des pouvoirs civils -.

Le nom d'André Alciai figure parmi les premiers restaurateurs de la jurisprudence romaine ; on ne lui rendrait cependant pas la justice qu'il mérite, si on n'en faisait pas l'objet d'une mention expresse, dès qu'on parle d'études de droit public en Italie. Sans avoir écrit un traité spécial qui le mette au nombre des publicistes de l'époque, il ne négligea aucune occasion de développer les questions de droit public qui venaient se placer sous sa plume ^ Il suffit de parcourir le livre sus-men-

^ Voy. ce qu'a écrit sir James Mackintosh sur Albéric Gentile. ^ Les œuvres de Turamiiii furent imprimées par les soins de Mehus en 1770, Voy. Forli, Inslilulions civiles, liv. I cliap. m. ■^ Voy. ce que dit le professeur Joseph Prina sur Alciat, dans un

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