CHAPITRE XVI. — ETUDES SUR LE DROIT PUBLIC
Au risque d'encourir le blâme d'avoir commis un anachronisme, en mêlant à noire narration de doctrines plus anciennes, une déclaration de principes récents, nous rappellerons ici ce qui s'est fait au congrès de Paris, en 1856, pour l'heureux changement des injustes sévérités du Consulat de la mer et de l'ordonnance de la marine de Louis XIV.
Ainsi grâce à ce noble acte du congrès de Paris, auquel ont fait écho tous les peuples civihsés, nous voyons cesser ces injustices contre lesquelles, il y a peu d'années, s'élevait la voix puissante de M. Garmignani, quand il faisait remarquer que la limite du droit de la guerre sur mer avait été discutée de nos jours, par le Diible invoquant la justice et le fort la pratiquant à sa manière.
Faisons des vœux pour que cet acte de haute sagesse puisse résister aux attaques qui dans les guerres futures ne lui seront certainement pas épargnées.
Nous avons remarqué que le traité de Lampredi dont il est question, fut publié en 1788; c'est l'heure du grand mouvement qui va bientôt entraîner toute l'Europe.
Déjà nous croyons entendre le cri de la multitude demandant que la société se constitue sur des bases nouvelles ; déjcà il nous parait voir devant nous tout un peuple au geste menaçant, portant un défi à là vieille
la cause des neutres, Galiani la défend encore plus que lui, et Lampredi plus encore que ce dernier.
Toutes ces discussions au sujet du commerce des neutres ainsi que les faits politiques qui s'y rattachent, ont été exposées avec une grande clarté par Wheaton dans le premier volume de VHistoire des progrès du droit des gens.
riSi I)K LA I-K<;fSLATFON ITALIENNE.
Europe. A mesure (\uq rirripiilsion J,^'^^'no d'un coté, la résistance s'aiïaiblil de l'aulre. La licence la |)lus effrénée succède aux plus nobles aspirations; l'héroïsme va se confondre avec le crime. On ne parle que de vertu et on ne fait que livrer au bourreau les hommes les plus vertueux.
Après ces dures épreuves et cette terrible expérience le calme se rétablit, et le monde civilisé entra en possession de ce qu'on est convenu d'appeler les grands principes de 1789, principes destinés à faire le tour du monde *.
Des idées analogues avaient déjà commencé à se faire jour chez d'autres nations, mais elles n'étaient encore que le partage de quelques esprits d'élite qui présentaient les conditions de l'avenir. Ce n'est qu'en France que ces principes furent réduits à une formule évidente et pratique. Par suite les peuples les comprirent et voulurent se les approprier. Comment la société s'en est-elle servie? C'est à l'histoire de répondre.
La marche ascendante des idées révolutionnaires et reffrayanl spectacle qu'offrait alors la France, ébranlèrent toute l'Europe. Les princes réformateurs s'arrêtèrent tout d'abord dans la voie des innovations; ensuite la fortune des armes françaises opéra d'immenses changements dans l'ordre politique et ceux-ci donnèrent lieu à leur tour à des changements de législation dans diverses contrées, et surtout en Italie.
^ Les idées de 89, après avoir bouleversé l'Europe, finiront paras-* surer son repos (Des idées napoléoniennes, par le prince Napoléon- Louis Bonaparte). Paris, 1839, p. 8.