‹ Histoire de la législation italienne (volume 2)Chapitre 37 sur 284 · DROIT CANONIQUE · texte numérisé non relu

DROIT CANONIQUE

Les grandes réformes en législation , comme dans toutes les autres branches du gouvernement politique et civil, ne s'accomplissent qu'avec le concours des hommes et des choses, c'est-à-dire lorsque les circon-^ stances des temps exigent une organisation nouvelle , et que des hommes sages et puissants répondent aux besoins de l'époque.

Il en fut ainsi de la formation du droit canonique. Alors que tout était disposé pour que l'Eglise devînt l'arbitre, de la plupart des affaires du monde, on vit monter sur le siège pontifical trois hommes profondément instruits et qui dominent parmi les législateurs ecclésiastiques des temps modernes. Si d'autres pontifes créèrent, par leur autorité et leur science, la grande

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œuvre de la législation canonique, Alexandre 111, Innocent m et Innocent IV en rorrnulèrenl la véritable expression scienti(i(iue.

Le premier, Roland Handinelli, avait été professeur de théologie à Bologne, et de ces premières splendeurs des lettres, vers lesquelles se tournaient les peuples sortis depuis peu de la barbarie, Bandinelli s'était frayé le chemin au trône pontifical ; mais parvenu à cette hauteur, il n'oublia pas la grande autorité que l'université de Bologne exerçait sur les opinions. Partant, (juand il eut ceint la tiare et qu'il vit se dresser devant lui le schisme d'Octavien , avant tout , il chercha des soutiens et des adhérents parmi les chanoines, les docteurs et les professeurs de droit de Bologne. Ainsi il se posait comme l'élu de l'Eglise et du peuple, tandis que son adversaire, candidat impérial, se recommandait aux prélats et aux barons de la cour de Frédéric I^r, lequel ignorait les éventualités qui, quelques années plus tard, devaient l'amener à invoquer la majesté d'Alexandre pour apaiser ses sujets lombards qui s'étaient révoltés. . Le seeond pontife, Lothaire Gonti, élevé aux écoles de Paris et de Bologne, était le disciple dévoué des jurisconsultes Jean Bassiano et Uguccione de Ferrare. Le meilleur éloge qu'on puisse faire de lui, c'est de répéter ce qu'en écrivit Giannone, qu'on ne saurait accuser de partialité pour les pontifes ^ «Ce pontife qui était très )) versé en jurisprudence, appela à Rome les plus grands » personnages , se fit soumettre leurs contestations et » leur fit accepter son jugement comme définitif. De là

* Histoire civile du royaume de Naples, liv. XV, chap. iv.

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