‹ Histoire de la législation italienneChapitre 117 sur 122 · CHAPITRE VII. — DROIT NATUREL ET POLITIQUE · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. — DROIT NATUREL ET POLITIQUE

constance inébranlable de la ligue lombarde avait disparu. Tout reste de l'ancienne dignité s'était enseveli dans le profond avilissement des puissances italiennes, au xvie siècle, alors que les princes, pour nous servir des propres paroles d'un homme d'Etat qui en fut témoin, craignaient iUrriier Fempereur toutes les fois qu'ils ne F aidaient pas à s^ emparer de P Italie *, ainsi que dans cette immense corruption de mœurs que nous révèlent tous les écrits qui en restent.

. Donc il est utile de le répéter (car on ne saurait trop revenir sur les vérités utiles), l'Italie fit voir au monde que, ni la puissance de l'esprit, ni la valeur guerrière, ni l'abondance des richesses, ni les merveilles des arts, ne peuvent suppléer au manque de bonnes lois protectrices des droits privés et des droits publics. Le mauvais usage que l'on fait du pouvoir tourne contra le pouvoir lui-même, et certaines splendeurs qui éblouissent un moment, ne laissent après elle que lents incendies et ténèbres périlleuses. La raison seule peut donner à la société des règlements bons et durables, et la justice humaine n'est autre chose que la raison elle-même, tendant à régler les relations réciproques des hommes. Plus on multiplie ces relations et plus on a besoin d'avoir présent à l'esprit les règles de la justice.

On a dit à plusieurs reprises que l'état de la législation est l'expression de la condition sociale, le miroir dans lequel se reflètent le plus fidèlement les vicissitudes

^ Lettre du comte Louis Canosa, évéque de Baius, à Mgr Gibert, évéque de Vérone, Datourè, p. 5. Des lettres de xiil hommes illustres, publiées par Thomas Porcacchi. Venise 1582.

de la société. En poursuivant rhisloire de la législation italienne nous ferons ressortir les aspects variés de la condition morale et politique des peuples de notre Péninsule. Les images qui nous apparaîtront seront plus souvent tristes que gaies, mais cette tristesse ne restera pas sans fruit, si nous en tirons des enseignements profitables pour notre état présent.

J'écrivais ces lignes en 1840; moins de dix ans après le grand mouvement national se développait en Italie ; il paraît aujourd'hui près d'atteindre son but.

L'honneur d'avoir entrepris cette revendication d'un droit d'indépendance trop longtemps méconnu revient au Piémont. Pourquoi entre toutes les contrées de ritalie ce pays a-t-il été capable de si grands efforts? C'est parce qu'il avait toujours conservé ses habitudes militaires, et n'avait jamais perdu le respect dû à la majesté des lois.

Maintenant que l'œuvre de la régénération avance avec le concours des autres peuples de la Péninsule, nous faisons des vœux pour que l'élan du patriotisme se soumette toujours à la voix de la justice, et pour qu'on ne laisse rien à la fortune de ce qu'on peut lui ôter par le conseil et la prévoyance.

No i.

La glose tirée d'un code manuscrit de la Bibliothèque de l'Université royale de Turin du vi« siècle, publiée à l'appendice de l'Histoire du droit romain au moyen âge, par M. de Savigny, manque des premières lignes au n» 3. Ces lignes ne purent être copiées, sans doute parce que la couleur de l'encre était disparue en yartie. Cependant la diligence empressée de notre savant eollègue et ami, M. le chevalier Charles de Vesme, est parvenue à déchiffrer ces lignes effacées et à les transcrire très fidèlement. Nous nous estimons heureux de pouvoir, grâce à la noble courtoisie de notre ami, publier ici ce fragment inédit, supplément nécessaire à l'édition du premier

â60 DE LA liGISLATION ITAUENNE.

texte qui commence par le § 4 du titre xii, livre i des Institutes de Justinien.

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