SUR LA DOUZIÈME ÉDITION
La première édition de V Explication des Instituts de Justi^ nien, par H, J. Ortolan, remonte à Tannée 1827. Cet ouvrage a exercé une influence notable sur Tétude du droit romain, en y donnant à Thistoire juridique une place plus importante; il met en lumière les enseignements contenus dans les Instituts de Gains pour en dégager, non pas Tobjet d'un examen exclusif, mais une des phases de la législation romaine. L'œuvre de M. Ortolan, revue et rééditée huit fois, par lui-même, était en possession de l'estime des savants et de l'attention studieuse des élèves, lorsque Téminent auteur mourut en 1873.
Les deux éditions suivantes avaient été mises au courant des controverses les plus récentes par H. E. Bonnier, dans des appendices qui continuent de faire partie de ce livre et qui sont désignés par les initiales E. B. Le regretté professeur, dont le traité des preuves avait contribué à fonder la réputation de jurisconsulte, et qui, au milieu de ses nombreux travaux, avait réservé pour le drçit romain une partie notable de son attention et de ses forces, a donné à ces exposés complémentaires la tournure élégante de son esprit ouvert, vif et courtois dans la discussion.
Après le décès de M. Bonnier, nous nous sommes adressés, pour marcher plus en avant dans la voie qu'il avait si judicieusement ouverte, à M. Labbé, titulaire de l'une des chaires de droit romain à la Faculté de Paris. Ce professeur a déjà inséré, dans la onzième édition, deux introductions sur les caractères généraux du droit romain, et des appendices nouveaux sor la dot et sur l'hypothèque.
L'édition actuelle se distingue par un plus grand nombre de
dissertations additionnelles. Ces appendices, qui traitent des sujets les plus saillants du droit romain, forment un total de YÎngt-neuf, dont vingt et un rédigés par M. Labbé et désignés par les initiales J. E. L. — M. Labbé s'est proposé notamment deux buts : faire connaître les principales doctrines qui ont été émises dans renseignement pendant ces dernières années; montrer Tenchaînement historique et logique de règles éparses dans les Instituts et dans le Digeste.
L^œuvre de M. Ortolan n'a point été modifiée. Après lui, ses collaborateurs, sans faire aucun changement au texte même de TouTrage, ont continué, par des additions distinctes, le mouvement qu'il avait imprimé, les améliorations progressives quMI avait successivement apportées aux éditions publiées de son vivant.
Kous avons la confiance de pouvoir présenter dans cette édition nouvelle de VEocplication historique des Instituts de Justinien un tableau fidèle de l'état actuel de l'enseignement du droit romain.