HISTOIRE. DBOIT ROMAIN EN OCCIDENT
lots, avec des modifications tontefois dans Tordre de distribntioii des sujets qoi y sont traités. A Femploi des Instituts , qui en est le fond, se trouve joint celui des Pandectes, du Code et des Novelles d*après VÉpitome de Julien. — L*ouvrage composé en Italie est plus spécialement de droit romain; celui composé à Valence accommode ce droit aux diverses institutions ou coutumes locales, au droit canon et à Texercice de la juridiction dans cette province. Il est dédié, à cet effet, au vicaire Odilon, vicaire ou représentant du seigneur justicier, sous la souveraineté alors de Tempereur d'Allemagne, pour le royaume d'Arles, dont Valence faisait partie.
y. L'ouvrage d'Italie , sans titre dans plusieurs manuscrits et por-
s/roU .^^ <* /. igj^i jj^Qg quelques autres des titres divers : Corpus legwn,
* ^ sous celui de Brachylogus totius juris dviUs, ou plus laconiquement J?r|icAy/o^ti« (bref discours, précis), qui lui est venu, arbitrairement, d'une édition de 1553; un autre éditeur, en 1570, a employé celui à' Enehiridium (manuel); mais Bror chytagus a prévalu. Savigny estime que l'ouvrage a été composé an commencement du douzième siècle, et il se déclare tenté de l'attribuer, quoique sans preuve positive, à Imérius lui-même. Il ne faut pas oublier que l'enseignement d'Imérius est des dernières années du onzième et des premières années du douzième siècle, et qu'après 1118 il n'en est plus question (1).
f /t^rtA. Quant à l'ouvrage composé à Valence, il est connu sous le
6/ ^ ^^, titre que portent plusieurs manuscrits, Ptiri Exeeptianes ^'^'^'^^ (extraits) legum Romanùrum, ou, par extrême contraction, le Petrus. Quel était ce Petrut? nous n'en savons rien, si ce n'est, par l'ouvrage même, qu'il habitait Valence ou son territoire* Savigny croit ce traité antérieur à l'école de Bologne , et même au recueil de canons d'Yves de Chartres, dont nous avons parlé ci-dessus (n* 609), et il s'en sert comme de preuve que le droit de Justinien était connu et observé dans cette partie des Gaules avant les travaux des glossateurs. 11 l'explique par l'influence de
(i) On compte depuis 1551 , date de la première , joiqu'à 1761 , vingt el nne éditions du Braekylogiu , sur lesquelles dix à Lyon , cinq en Allemagne el six en Italie. — L'édition moderne recommandée est celle de Eo. Bokidm, Berlin , 1SS9 , in-a».
IIANtJSCRlTS ET TKtTES. LES PU>ftENTlNE8. 521
la sonveraineté de remperear d'Allemagne sur ces contrées au onzième siècle et par les rapports qai en résultaient avec Tltalie. Nous préférons la démonstration donnée par Laferrière, que le livre de Petrus est postérieur au recueil de canons d*Yves de Chartres, et par conséquent postérieur au commencement de Técole de Bologne, puisque Yves de Chartres est un contemporain d'imérius (1). Ce livre aurait été composé dans la première moitié du douzième siècle. D faut convenir que Tauteur n*y présente pas les textes de Justinien comme une nouveauté ; qu'il les manie avec dextérité, et qu'il ne fait aucun usage ni du Code Théodosien, ni du Bréviaire d'Alaric, la loi romaine des Gaules avant l'introduction du Corpus juris de Justinien (2).
128. Mtnuscrits et texte dtt Gorpi de droit de Jiutinien. — Les Fiareniiues et la Vuigaie, — Le Digeste snden , Vln/oriiai et le Digeste nonvean.
619. Les glossateurs ne paraissent avoir connu e^, dans tous les cas, n'ont exploré, en fait de droit romain, que le Corpus puis de Justinien : c'est leur tout, c'est leur borne, et ils s'y tiennent; mais, dans leur champ ainsi limité et si vaste cependant, quels rudes laboureurs de textes! Ils les tournaient et retournaient en tous sens, comme le cultivateur infatigable fait la glèbe. C'est à eux que nous devons ces renvois qui existent encore dans nos éditions courantes et qui nous sont si utiles, labeur immense, résultat d'une succession d'investigations et de comparaisons incessantes de chaque loi, de chaque passage de loi, aux lois, aux passages parallèles, analogues, explicatifs on contradictoires. Ils ont fait beaucoup aussi à l'aide des rappro-
(i) lit démonstration repose sur on emprunt tronqué, n*ayant plus de sens, qni paraît, dans nu passage du Peirus (III, 86), avoir été fait au recueil de canons d*Yves de Chartres (III , 98). Gomme ce passage tronqué se retrouve aussi dans la Golleciîon de canons composée à Saragosse, et nommée Cœsat» AugusUma , il faudrait en condnre , et c'est ce que fait Laferrière , que cette dernière colleclion est postérieure, elle aussi , à Yves de Chartres. —Voir sur le Brachylopis, V Histoire du droit romain au moyen âge de Savigvt, tom. II, p. 154 et soiv. de la traduction ; — et sor le Peirus , même ouvrage , p. 81 et soiv., comparé avec LAPBRiukRi, Histoire du droit, tom. IV, p. 293 et suiv.
(2) La première édition du Petrus a été faite à Strasbourg, 1500, in-4o. — Comme édition moderne , voyes celle donnée en appendice par S/iviGinr, tom. 4, p. 297 et sniv. de la traduction de son Histoire da droit au moyen âge.
Sââ mSTOIRB. DROIT MÛAÏS EN OGGIDENT.
ehemenfe et de reiamen critiqtie des manuscrits, sodVént ffldtifs, et de leurs varlaûfes, pour la correction et la reconstruction du texte de chaque partie du Corpus juris.
620. Une légende a couru et a fait fortune comme toutes les Ai^^^p^ < légendes; Sigonlus y a donné Tapparat scientifique (1); elle a fy^^^ V *'[ v> été répétée communément sans examen ju8qn*en 1726 , ob France/ ^j<k^ Çots Grandi , professeur à Pise , Ta traitée de fable (2) ; elle est
' devenue depuis Tobjet de controverses. Elle disait que dans le
sac d'Amalphi, en 1137, par les Pisans alliés dô l'empereur Lotfaaire , se trouva un manuscrit des Pandectes envoyé Jadis à Amalphi par Justinien; que les Pisans remportèrent à Pise, en obtinrent de Pempereur Lotbaire un acte de donation , et que la découverte , Tapparition de ce manuscrit donnèrent lieu à la renaissance de» études du droit de Justinien efc à la fbraaiion de Fécole des glossateurs à Bologne.
621. C^ qu'il y a de manifestement faux dans cette légende, c'est que là ait été l'occasion de cette renaissance. 0 est bien constant, an contraire, que fort antérieurement à cette date de II 37 il y avait en un enseignement public de droit romain à Ravenne et à Bologne, que les leçons d'Imérius avaient jeté leur éclat, que depuis 1118 elles avaient pris fin, et que Pœuvre de ses successeurs était commencée et avancée (ci-dess., n«612 etsuiv.).
Ce qu'il y a de vrai, c'est qu'un manuscrit des Pandectes, d'une très-haute antiquité, contenant tout ce recueil dans son ensemble, traité par la cité avec vénération, avec les précautions conservatoires les plus grandes, existait à Pise; que les glossateurs en ont désigné le texte par la qualification de Uiiera Pùana; enfin que plus tard^ en 1406, Pise étant tombée sons la domînatioii de Florence^ le précieui manoscrit a éii transporté dans celle dernière ville, et y a prie le Bom, son leqMl il eal resté fameux, de Pandectes florentines {Pandectœ Florentmœ.)
Ce qui est sujet à controverse, c'est de savoir comment et depuis quand ce manuscrit était venu en la possession des Pisans. Un de» jurisconsulte» bolonûa de la eeeeiids phase ^ i|iiî avait été