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Institutions religieuses (sacra publica, sacra prwaia

39. n est plus important qn*on ne le pense peut-être d*examiner dès sa naissance le caractère que prend la religion dans un Etat qui se forme. A Rome elle se lia intimement au droit politique et au gouvernement des affaires de TÉtat.

Les dieux indigènes des peuples italiques se mêlèrent aux divi- Dites grecques et en prirent souvent le nom. L'usage des sacrifices

4i HISTOIRE. PIIEUIÈIIE EPOQUE. LES ROIS.

^titvttv-h. humains, répandu chez ces peuples, existait encore aux premiers icUAiUti^ ^3^^ ^^ Rome, même jusqu'après l'expulsion des rois, et a laissé "4^ pour longtemps dans leurs lois des termes consacrés : sacer esta

(ci-dess., n^ 16). On sait à Taide de quels jeux de mots, deux fois répétés, les traditions attribuaient à Hercule, dans les temps fabuleux, et au consul Junius Brutus, au temps delà République romaine, d*en avoir dissuadé les peuples ou d'en avoir ordonné la cessation. Hercule, qui engage les nations italiques à offrir à Saturne des flambeaux allumés et non des victimes humaines, parce que le mot (pcora de FOracle signifie à la fois des hommes ou des flambeaux ; Junius Brutus , qui fait cesser les sacrifices d'enfants immolés encore de son temps aux dieux Lares et à Mania, durant les fêtes compitales , et ordonne d'offrir, en place de ces enfants, des têtes d'ail ou de pavot, parce que l'Oracle avait dit : a Intercédez pour les têtes avec des têtes (I). » Et néanmoins, quelques sacrifices humains, pour conjurer des calamités publiques, sont encore consignés plus d'une fois dans Tbistoire romaine , jusqu'en des temps bien postérieurs (Tite-Live, liv. 22, § 57). Actw'.^wv Ce fut surtout des Étrusques que les Romains reçurent leur

i/^^i\<'. r/ science et la plupart de leurs pratiques religieuses. On sait que tr..L *u>t^«r«t les Etrusques avaient des rituels, probablement ceux que les

Lucumons prétendaient avoir écrits sous les enseignements du miraculeux Tagès, et on peut voir, par Ténumération qu'en donne Festus, accommodée aux institutions romaines, tout ce qu'ils contenaient de relatif au droit public (2). Le jurisconsulte Labéon en avait fait un commentaire en quinze volumes, qui se sont perdus.

Les fonctions sacerdotales, chez les Romains de même que chez les Étrusques et chez les autres nations italiques, furent

(1) Macrobs, Saturnales, ch. 7 : i Ut pro capitibas, capitibus sapplicarelnr. t -—Du jeu de mots attribué à Hercule, et des offrandes faites à Saturne en place des sacrifices humains, vint la coutume de s'envoyer, au temps des Saturnales, des flambeaux de cire. On voit que les présents de bougie pratiqués, ckea nous, avant la Révolution, en quelques compagnies, viennent do loin.

(2) Festus, au mot Rituales : ■ Ritoales nominantur Ëtruscorum libri, in quibiis priescriptum est, quo ritu condantur urbes, arœ, sdes sacrentur, qua sanclitate mûri , quo juro porlœ , quomodo tribus, cnriœ, centuriœ distribuantur, exercitus constituantur, ordinenluh, csleraquc ejus modi ad belium ac pacem periincnlia. a

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considérées pour la plupart comme des charges civiles , prîvi'égej^^^î**^^^!^ de la caste patricienne. Elles ne séparèrent point de la société^ celui qui en fut revêtu; il resta semblable aux autres citoyens, capable de se marier, pouvant aspirer en général aux autres dignités, et soumis du reste à presque toutes les obligations publiques. Les prêtres formèrent des collèges dont le roi fut le premier magistrat. Aucune entreprise importante n'eût été faite sans immoler des victimes aux dieux et sans consulter les augu- ^t^'^'"^^' res; et souvent la validité d*un acte public, son maintien ou sa cassation, dépendirent des décisions sacerdotales. Cette magistrature des augures, dont nous aurons à suivre le développement, consistait à présager le résultat de Tentreprise sur l'aspect du ciel , sur Tobservation des entrailles des victimes, sur le vol, le chant ouTappétit des oiseaux. Divers peuples italiques étaient renommés en quelqu'une de ces sortes de divination , et les Romains en avaient tiré d'eux la pratique; les Ombriens Tétaient pour les présages parles oiseaux; les Étrusques, surtout, pour leurs études sur les fulgurations, sur les phénomènes ou les prodiges célestes; le sénat romain en vint à décréter que six enfants des premières familles patriciennes seraient confiés à chacun de» divers peuples de TEtrurie pour y être instruits en cet art (1).

Les sacrifices et les rites à accomplir au nom et aux frais de IslJ^ * i,, ^^ cité (sacra publica) formaient un ensemble religieusement réglé, -t^ct*^ suivant chaque occasion, chaque dieu, chaque temps (2).

40. Ce ne fut pas seulement dans les afiaires publiques que la religion intervint, ce fut encore dans les afiaires privées. Tous les actes importants des Romains prirent un caractère religieux. CeJ^^^^^ ^.; .^ fut là que les citoyens puisèrent cette foi inviolable du serment, ce respect des choses sacrées, la vénération des tombeaux, le culte de leurs lares et de leurs dieux domestij][ues : culte qui, avec rôbligation aux sacrifices qu'il entraînait (sacra privata) , se transmettait dans les familles comme une partie de l'hérédité, et

(1) GiCÉiioN» De divinatione, liv. 1, § 41.

(2) Festus, an mot Publica : « Publica sacra, qns publîco soinptu, pro popalo fiont, qusqoe pro montibas, pagis, curiis» «acellis; at privata, qus pro singnlis honutniboB, famiUis, genlîbos fiunt. > — Et aa mot Popularia : • Popularia lacra sunt , ut ait Labeo , quœ omnes cives faciimt , ncc ccrtis fimnilils adiribota sunt : Pornacalia, Parilia, Laraita, Porca pnecidania. >

4f6 HISTOIRE. PREMIÈRE ÉPOQUE. LES ROIS.

qui devait rester étemel : « RUusfamiliœ patrumque servante; sacra privât a perpétua manento, » dit Cicéron dans son traité

Des lots (1).

Nous trouvons chez les écrivains romains, pour certaines illustres familles, par exemple pour \e%gentes Claudia, Horatia, Fabia, Nautia et d*autres encore, plus d*un vestige des sacra privata qui leur étaient propres (2).

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