‹ Histoire de la législation romaineChapitre 67 sur 297 · Tribuns milUaires (fribuni miliium · texte numérisé non relu

Tribuns milUaires (fribuni miliium

151 . II manquait aux plébéiens un des droits publics les plus importants : la capacité d'aspirer aux dignités de la république. Ils demandèrent Taccès au consulat. Ce ne fut point sans résistance qu'ils l'obtinrent; mais déjà eux et leurs tribuns étaient redoutables : on craignait leurs séditions, on céda. Ici, qu'on

(1) TiTB-LiVB , liv. 8 , s 55 : « Omnium primnm , quum velnti in cootroverso jure esset, tenerenturnc paires plebiscitis, legem centuriatis comiciis tnlere, « Ut, quod tributim plèbes jussisset, populum ieneret. i

(2) Florus (liv. 1, S 25) semble rattacher à ce plébiscite la troisième sédition des plébéiens et leur retraite sur le mont Janicule. Après avoir parlé de la première sur le mont Sacré , de la seconde snr le mont Aventin, il ajoute : « Ter- 1 tiam seditionem excitavit matrimoniorom dignitas, nt plebei cum patriciis f jungerentur : qui tumultus in monte Janiculo , duce Ganuleio tribune plebit^

> exarsit. t

Bien que la prohibition des mariages entre patriciens et plébéiens ait amené des troubles et des dissensions, il ne fant pas cependant attribuer à cette cause cette retraite des plébéiens. Les auteurs qui parient de la loi Ganuleia (tels qo€ Gic^RON, De rep,, liv. S, $ 37) n'en parient point avec ces circonstances, el Pline {Natur, hist,, liv. 16, % 10) présente la sédition comme ayani eu lieu plus tard, en 465. c Q. Hortensius dictator, cum plebs secessisset in Janicalum,

> legem in Escoleto tulit, ut quod ea jussisset, omnc* Quirites teneret. •

TRIBUNS UILITAIRES, CENSEURS. 145

remarque une politique adroite des sénateurs : puisqu'il faut partager la puissance consulaire , ils cherchent à Taffaiblir. Au lieu de deux magistrats , ils veulent qu'on en choisisse trois; au lieu de leur laisser le nom de consuls, ils les nomment tribuns militaires : ce qui ne leur donne droit ni à la chaise curule ni aux honneurs du triomphe. Le consulat n'est point sorti des rangs.» patriciens : plutôt que de Fabandonner, on Ta assoupi, mais on saura bientôt le faire revivre. D'abord, l'avantage qu'ils venaient d'obtenir ne fut pour les j^jébéiens qu'un avantage de droit : a(1mis« sibles au tribunat militaire, ils n'y furent point admis^ Faut-il s'en étonner? Il y aurait à s'étonner du contraire. L'élection appartenait aux comices par centuries, et nous savons comment ils étaient composés : aussi n'est-ce qu'enyirqn quarante ans après la création des tribuns, lorsque leur nombre a été porté jusqu'à six, que l'on commence à compter quelques plébéiens parmi eux. La puissance des ^7 * Te t n a u premiers tribuns militaires ne fut pas de longue durée ; elle exista -^^^ ' '"quelques mois, et ils cédèrent le gouvernement aux consuls, qui, plusieurs années après, furent remplacés à leur tour par des tribuns, et ainsi successivement. C'est une chose curieuse que de voir, pendant plus de quarante ans, suivant les oscillations des deux partis, paraître et disparaître le consulat, le tribunat militaire, et audessus s'élever quelquefois la dictature; et cependant Rome étend ses succès, fait chaque jour un pas dans le Latium, s'avance vers la conquête de l'Italie. C'est qu'alors les vertus républicaines étaient au milieu des citoyens; le dévouement à la patrie n'était qu'un sentiment naturel; les armées ne connaissaient que Rome et son triomphe; un ennemi qui marchait vers la cité suspendait toutes les divisions et ne trouvait que des Romains.

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