‹ Histoire de la législation romaineChapitre 68 sur 297 · Censeurs {cefisores · texte numérisé non relu

Censeurs {cefisores

152. (An 311.) Les consuls avaient présidé tous les cinq ans an dénombrement des citoyens, rédigé les tables du cens, fixé chacun dans sa classe, dans sa tribu, dans sa curie, inscrit au i^ng des chevaliers, des sénateurs. C'était ainsi qu'ils avaient ouvert ou fermé à volonté l'entrée de Tordre équestre et du Sénat. G)DGera*t-on ce pouvoir aux tribuns militaires, à des magistrats qoj peuvent être plébéiens? Ne vaut^il pas mieux le détacher , en

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faire une puissance k part et se la réserver? Tel fut sans doute le

calcul politique qui donna naissance k une nouvelle dignité ! la

censure.

? Al «HiUH^^'i . 153. Les censeurs étaient au nombre de deux. Ils ne pouvaient

/^« t\i:i»^^' £tre pris que parmi les membres du Sénat ; ils étaient élus par les

comices des centuries. Le même sénateur ne pouvait occuper deux fois cette magistrature, dont la durée primitive fut de cinq ans, espace compris d'un recensement à l'autre. Plus tard, cette durée ' ^u.vr(v /4 fut réduite k un an et demi^ et le restant du lustre s'écoulait sans

que Rome eût de censeurs.

154. On comprend de quelle influence était le droit qu'avaient

les censeurs de classer les citoyens k leur rang (1) ; il n'est cepen-

) dant pas inutile de faire sentir cette influence pour la composi-

' ^i ^^'' ^ ' tion des diverses tribus. On ne compta jamais que quatre tribus

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urbaines » et le nombre des tribus rustiques finit par être porté jusqu'à trente et un (ci-dess. , n** 72 et 73). Dans les premières, les censeurs inscrivaient tous les gens qui , ne possédant aucune propriété rurale, étaient rejetés dans la ville; les afiranchis, les artisans, les prolétaires, les composaient en grande partie. Quant aux propriétaires , les censeurs les classaient , avec les agriculteurs, dans les tribus de la campagne ob ils possédaient leurs biens. €'était ainsi que la classe la plus turbulente et la pins dangereuse était réduite, même dans les assemblées plébéiennes, à quatre voix sur trente-cinq (2). Souvent cette classe a cherché à se faire distribuer dans les tribus de la campagne; quelquefois elle y est parvenue, et les discussions alors s'en sont ressenties. 155. Mais la plus extraordinaire attribution des censeurs n'est point celle dont nous venons de parler; toute la puissance morale itxy ''■'..- Y v.cnt qui peut exister dans un État leur fut remise : gardiens des mœurs

publiques et des mœurs privées, ils pouvaient flétrir de leurs notes infamantes le plébéien, le sénateur, le consul , le peuple lui-même. Ils atteignaient le luxe du riche, les mœurs du libertin, la mauvaise foi du parjure, la négligence du chevalier, du

(i) Varron, De lingna latina, Iît. 5, J 81 : c Gensor, ad qaojus censlooem^ id est arbitriam, censeretur popolas. •

(S) Cependant, «a moment ok nous tommes arrivés, an 811, le nombre det tribus ne s'élevait pas aacor» à tronte'-cinq, d'après Tité^Live. (Voir ci* ao 78 , avec la note.)

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