CENSEURS
soldat, da cnltivateur (1), la faiblesse du magistrat qui dans un danger désespérait de la république. On a tu des censeurs noter des tribus entières. Puissance immatérielle qui devait sa plus grande forceàropinion publique et au civisme de chaque Romain I
156. Les notes du censeur ne manquaient pas cependant d'une ^
sanction efficace. Ainsi, indépendamment du sénateur, qu'elles^^ ^^w^Ô#^
pouvaient faire sortir du Sénat ; du chevalier, auquel elles pou- Y ^^"^ ^^«^
vaient retirer son cheval; même à Tégard du simple citoyen, elles
pouvaient amener son exclusion de toute classe, et le priver par
là du droit de suffrage. Le citoyen ainsi exclu était inscrit alors
en dehors du cens , sur des tables nommées les tables des Cérites
(Ceritum tabulée ou tabulée Cerites) , par allusion au municipe
de Cérè, dont les habitants jouissaient du droit de cité romaine,
mais sans droit de suffrage. Par la même raison, ne figurant plus
sur le cens pour Timpôt proportionnel à la fortune , il devenait
œrariuSj frappé, en cette qualité , d'une capitation arbitraire
pour sa contribution (2).
Le pouvoir discrétionnaire du censeur avait un contre-poids dans celui de son collègue, qui pouvait, en intervenant, arrêter on annuler l'effet de ses actes; mais leurs décisions censoriales, dès qu'ils étaient d'accord, étaient, jusqu'à la censure suivante, sans contrôle.
157. Au milieu des discussions politiques des comices, les^ .^ ^ années romaines ne dormaient pas, témoin les Ëques et les ., jd^ Volsques vaincus dans plusieurs combats, Pidenne livrée aux 7
(i) Aulo-Gblli , Ht. 4, g 12 : i Si quis agrum suum passus foerat sordescere, enmqoe îndiligenter curabat, ae neqoe araverat, neqne pargaverat; sive quis arborem toam Tineamqae habuerat derelietui : non id sine pœna fuit; sad erat opas censoriom : censoresqoe œrarium faciebant. Item ai quis eques Romaous equam habere gracilentnm aut parum niUdum visas erat, impolUim notabatur. Id Terbom significat, quasi si tu dicas incuriœ. >
(S) AscoNHJs , Divinatio in Cœdlrum, ch. 3 : i Hi prorsus cives sic notabaut, ot qai senator esset , ejiceretur senata ; qui equus Romanns , equum pablicum perderet; qoi plèbe ius, In tabulas Ceritum referretur et ararku fieret, ac per hoc non in aibo esset centurie suœ , sed ad hoc esset ci vis tantum, ut pro capite sno tribati nomtne 9ra penderet. • — Aolu-Gbllb , Itv. 10 , $ 13 : t Primos «otem monicipes sine suffragii jure Cerites esse factos accepimus. . . Hine tabuiœ Ceritèi appellatc, vena vice, in quas eensores referri jubebant quos nota causa ioffiragiii privabant. t
iO.
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148 HISTOIRE. DEUXlàllB EPOQUE. LA RÉPUBLIQUE, § II.
flammes, Paierie soumise aux Romains » Voies prise après un siège de dix années. Les soldats avaient juré de ne rentrer à Rome qu*après avoir pris la ville , et les Romains tenaient leur serment. Ce fut durant ces guerres que pour la première fois le Sénat, de son propre mouvement, sans qu'aucune demande de la plèbe ni des tribuos Ty eût provoqué, décréta qu'une solde {siipen"
>^u^^«unu <^^^**^) serait payée sur le trésor public aux soldats, tandis que dct Juiv^ jusqu'à ce jour chacun avait dû faire ce service à ses frais, la ^ttaUc^a part du butin, le pillage des villes prises d'assaut et livrées aux
armées , quelques lots de terre concédés dans le territoire conquis étant les seuls revenants-bons de la guerre. A cette nouvelle , la foule des plébéiens fut grande à se presser autour des portes du Sénat ; elle prenait les mains des sénateurs qui sortaient, elle les appelait de véritables pères : Rome passait du système militaire des petites républiques guerroyant chacune autour de soi, au système militaire des grands États portant la guerre au dehors et au loin ; des citoyens-soldats, aux soldats par profession stipendiés (1).
^l(£%(^r^ 158. (An 364.) Aux triomphes succédèrent tout à coup des
Sm K i'fôè^^^^^ terribles. Des barbares d'une stature gigantesque, disait-on, 7c y ^tciMsj couverts d*armes pesantes, venus d'au delà des Alpes, débordent ^ sur l'Italie : ce sont les Gaulois Sénonais. L'armée romaine est
vaincue, Rome envahie, les vieillards et les sénateurs massacrés sur leurs chaises curules , les édifices embrasés ; tout n'est qu'un amas de cendres et de débris. Mais la cité n'est point dans les murs et les maisons, elle est avec les Romains au Capitole; et bientôt, précipités par Manlius du haut des rochers, taillés en pièces par Camille, les Gaulois expièrent cruellement leurs triomphes de quelques mois. Rome sortit de ses ruines pour ressaisir la suprématie qu'elle avait déjà dans le Latium. yUtêjiS^' 159. Vingt ans environ après cette époque (an 387), le deuxième
tdWvUAn ^Hf ordre acheva ce qu'il avait commencé : il se fit enfin déclarer P^nW^iu ^^^ti^dmissible au consulat, et dès lors le tribunat militaire s'évanouit ^M^'hmiil. pour toujours. Deux sœurs avaient épousé l'une un patricien,
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(1) Tm-LtVB, liv. 4, g 60 : s Additum deinde onmiiim maiime tempestivo
prindpum in moltitudinem munere , ut ante menUonem uUam plebis (ribuno-
rumvo deceraeret senatus, at stîpendium miles de pablico acciperet, quam anfe
id tcmpuB de sue quisque funetus eo munere esset. b