GUBRRBS SERVILES. PREMIER TRIUMVIRAT
la famine, ils 8*entr* égorgèrent pour échapper aux Romains. Ce fut au sein même de l'Italie que surgit la troisième guerre servîle ; des esclaves gladiateurs échappés de Capoue poussèrent le cri de liberté. Spartacus, leur chef, est illustre : couvert de la -i
pourpre consulaire, il a ravagé Fltalie, mis en fuite les légions; 1
tontes les forces romaines se sont réunies contre lui ; enGn il a \
été accablé, lui et les siens, au milieu du carnage, sans deman- J
der quartier. Là s^arrôtèrent les efforts des esclaves, qui rentrèrent dans leurs fers et dans lenr nullité.
30?. (An 684.) Avec Marius et Sylla n'étaient point mortes r vV^ <" f' ^ les guerres civiles : Catilina, Pompée et César, Antoine et Octave , ^\U'^ /x.^i^ vinrent après eux. L'ouvrage de Sylla fut détruit par Pompée. Le8\^^ ^'^ ^ plébéiens reprirent leurs assemblées, les tribuns leurs privilèges, les chevaliers leurs pouvoirs judiciaires, qu'ils partagèrent avec
le Sénat et les tribuns du trésor. Mais à quoi bon examiner ces lois éphémères qui se choquent et se détruisent? Qu'est-ce que tout cela, sinon des mouvements convulsifs qui annoncent la disso* lotion prochaine de la république? Pompée eut beau faire traverser aux légions l'Asie dans tous les sens, vaincre Hitbridate, pareoorir l'Arménie, la Colchide, l'Albanie, la Syrie, l'Arabie, les mener jusque dans Jérusalem , il ne fit que hâter cette dissolution.
303. Passons rapidement ces dernières années de la république, passons ce pacte ou plutôt cette ligue formée entra (^c^^vt/i^^^^iui^ Pompée, Crassus et César, sous le nom de triumvirat (690). Us i^c^^'^^é^ûo. s'unissaient pour commander au Sénat, dicter le choix des can- 7*u**i^%^'hj didals, se partager les provinces : à Pompée l'Espagne , à Crassus
la Syrie, à César les Gaules. Ce fut alors que ce général, qui garda dix ans son gouvernement, explora ces terres inconnues, pénétra jusque dans la- Grande-Bretagne, soumettant tous les peuples sauvages qu'il découvrait, écrivant ses Commentaires immortels
304. Passons la lutte de Pompée et de César. L'ambition les «.V -><<•, ^' /* .^^ avah unis , elle ne tarda pas à les séparer. César passa le Rubicon : i ^c^ w / < • ir i:o>^^ il avait toujours à la bouche, au dire de Cicéron {De offic., 111, -<^ 21), ces deux vers d'Euripide, traduits ainsi par l'orateur romain :
ft Nam ri vjolandom eit jiu regnandi gratia , • Violandum est : aliii rébus, pietalem colai. ■
— Il vainquit en Thessalie Pompée, en Afrique Scipion et Caton, en Espagne les fik de Pompée. Le Sénat, le peuple, Rome, se
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24*2 HISTOIRE. OEUXIÈMB ÉPOQUE. La AiPUBUQUE, § III.
livreront à lui; les consalats lui furent prodigués, puis la dictature perpétuelle, que Brutus et les sénateurs conjurés terminèreat au bout de six mois en immolant le dictateur au milieu du Sésai, comme s^ils avaient voulu mettre à sa dignité, avec leurs glaives, le terme qu*on y mettait jadis avec les lois (709)»
Avant cette mort, toute la Gaule cisalpine avait déjji reçu Je
/droit de^çj]é(ans^05e[ 7071; deux nouveaux édiles avaient été créés^ les édiles cérèaux {mdiles céréales^ quifrumentoprmeê' sent)\ le nombre des préteurs avait été porté jusqu'à dix» il lo fut ensuite jusqu*à «cize. La loi Julia munieipalk (n* 313) appartient aussi à cette époque.
305. Passons les guerres amenées par le meurtre de César. Les républicains éiaient comnandés par Cassias et Brvtos. Celui-ci, imitateor du premier Brutus , voulait régénérer la république qn*avait fondée le premier : oubliant que le pays, les hommes, les biens, tout avait changé. j/ai4v»*vV4ia^iÎK-^^^* Passons le second triumvirat d*Antoine, de Lépide at Vk(i ù.àif<iiJ d'Octave, ou pour mieux dire d*Octavien César (1), car Jales
César Tavait adopté dans son testament el lui avait laissé un héritage qa*il sut bien reconquérir.
Passons les terribles proscriptions qui reparurent avee le deuxième triumvirat ; mais cependant ces proscriptions rappellent un homme qu*il aie serait impardonnable d'oublier, celui qa'oD propose encore pour maître au l^arreau : Cioéron« Ses oavraiges sont restés oomjne des souxcés précieuses |K>ur le droit et pour rhistoire. En lisaat ses lettres à Atticus el à Bmtùs, «i assiste aux drames critiques dont il parle; on voit les interdis divers, les ambitions opposées, l^ craintes, les espérances des partis ; on yoU Tancien consul, placé au milieu de Tanarchie, parmi 4es homaies corrompus (2), leur opposer tantôt une politiqua adroite, taatot
Oj^rC'tK^ •
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(i) Les Addpités fcieaaat le non de r«d«ptaiii, em éMiaaaà à lew la détermioaison a^lecUve ianus^ Octave, %^rè§ son adoption, doit t'ippeier Octavien César.
(91) Deux citatioos de ces leltres nous feront juger le degré de oorrtiptton anqael Rome était parvenue. L'nne est relative aux jugements ^ Tautre aux magistratures.— Gicéron raconte cotanentClodlus fut absous de Faccusation portée oontre Id. < Dwis dens jonn il (an qfidé de Clùdiut) a tenoîDé la dioea fucr i la ministère d'un seul .esclave i^iadiateur. Jl a iâit venir las juges obes bS^ il la
AKOONO TUlHfVlAAT. 243
des paimles éloquentes, 8*appuyer sur ses clients, sur ceux de ses •Mis, s«r les villes qu'il protège; on lui reconnaît quelques fai- Uessci, et ie taUea« piait davantage farce qu'il est pins naturel ; maiê au wlien éb ces laiUeeses, rameur du bien et le désir d'une juste gloire TaïuiMnt loujours. Il avait saavé Rome de CatilîM, neçu le non de Pèra de la patrie, anivi le parti de Pompée conipe César; il avait fait retentir le fernm de ses PhUippifnes «ontre Asteifte : aossi la vengeanoe ne l'épargna point. Lorsque après le second triomviral le sang des proscrits coula, lorsque iears tétas «aag^aaleB parurent «ifasées «nr la trifcvne aux baranfMB, 4à, «sur oette «sème trîbvne , m nscoMiut ia téie -de Cicéron. ft Um indigiiaitiaai que mon Ame ne peut retenir me force d*ins lerronpra »n moment ces récits. liaro^Antoine I c'est en vain
• ^M ta «8 «vs 4 pris ia tète du plus ^oqaent , du plus illustre <• ^es bommes, «t que ta as comj^é nn faneste salaire an meurtrier « do ooDSul magMame qui sauva ia répnbliqae. Tu n'as pu ravir a 4 CMroa qae des joars inqaiets, près de s'éteindre , et qui, sous & ta domination , aaraient été plus misérables que ne le. fut sa
* mort sous ton triumvirat. T'étais-tu promis d'obscurcir la gloire
promis, cautionné, donné. Et même, A grands dieox! quelle perdition! les noili de quittes 4ames romaiaes ont fonné comaie un aipplément de prix /
pour plusieurs des juges. Aussi, les gens probes s' étant retirés, le forum ' ^ J' '^*^ étant envahi par des esdaves, il n'y a en qoe vingt-cinq juges asses courage: s ^^ fU^Hi-c . pour braver tous les périls et s'exposer à périr plutôt qu'à perdre la rëp; • UBqoe. Mais trenfe €t on oat plos écouté la cupidité qoe rhonnenr. Pourquoi , dit Gatulns à l'un da ces ju^es qu'il aHOOontra, pourquoi nous demaodieiHrMis Âe» gardes:^ Btait-^ie de peur qu'on ne vous volât l'argent que vous avait payé Qodius? {Lett. à Ait., liv. i, lelt. 16.) • — Voici la seconde citation : i Les consuls sont couverts d'infamie. C. Memmius, candidat, a lu au sénat une convention qu*ils ont Taite et que voici : En cas "que les deux consuls parviennent à (aire nonuner pour l'umiée prt>€^ioe llemmins tfi son compétiteur, eeux-ci s'aDgaguBt à puyer à cas ooiisols M)d,#O0 soslepeea s'ils ne leur fouraissent trois auguras qui affirmeront avoir vu faire en leur Isvaur la loi curiate, bien qu'on n'en ait ^oiot fait, et de plus deux consulaires qui attesteront avoir sigué le décret sur l'organisation de leura provinces, bien qu'il n'y ait pas eu do décret. « (Ibid., liv. 4, lett. 18.) Qudle dépravation! et en même temps quelle conTusion! puisqu'on peut faire croire à l'existence d'une loi ouriate, pocr fisHSliln» àm cooMuandeuMut, qui n'a pas été rooduo : il est vrai qoe c'était •lu loi ouciale fictive, par l'intermédiaire des trente licteurs * et à l'existence ^na décret pui n'a pu même été pEopoaé*
244 HISTOIRE. DEUXIÈME iPOQUB. LA KiPUBLlQlIB, § III
» de ses actions et celle de ses discours? Tu n'as fait qu*ea 9 accroître Téclat. Son nom vit et vivra dans la mémoire des » siècles... La postérité tout entière» en admirant les écrits dont » il a flétri ton nom , détestera son assassin , et le genre humain a périra plutôt que le souvenir de Cicéron (1). n
Velléius Paterculus est souvent rhéteur^ mais nous, jurisconsultes» qui, pour Thistoire» pour la philosophie, pour la science du droit chei les Romains, avons tant à puiser dans les écrits de Cicéron» nous donnerons place à ce mouvement.
307. Les amitiés formées par Tambition finissent toujours par
des haines. La discorde ne tarda pas à paraître entre les seconds
triumvirs, comme elle avait paru entre les premiers. Lépide fut
abandonné en Sicile par son armée, qui suivit César. Antoine»
f vaincu à Actium» se donna la mort, et César Octavien resta maître
4 Cl lu f\ nie jg Rome. U ne tarda guère à y entrer aux acclamations du Sénat
^uliaViCt . et du peuple. Ce fut alors que, dans ses mains» la république
expira pour toujours : une république d'aristocratie, d*inégalitéi et d'esclavage ; ce ne sont pas là celles qui doivent durer I
RÉSUMÉ SUR LÉPOQUE QUI PRÉCÈDE