LUI
la fois rédacteurs et auteurs pour la plupart, il y a échange de bons offices : l’article est reçu les yeux fermés ; ou si l’on modifie quelque chose , c’est pour ajouter à l’éloge lorsque la modestie rend cette addition possible ; et voilà justement comment, croyant avoir une critique impartiale, on a fort souvent l’auteur jugé par lui-mème.
Je ne me suis jamais soustrait, pour ma part, au libre jugement des journaux de médecine ; mais, quant aux journaux quotidiens , « puisqu’il faut parler net, » je conviens que j’ai parfois permis à des amis d’y glisser quelques mots d’éloge. Pourtant , j’avouerai que dans les premiers temps j’éprouvais beaucoup de répugnance pour cette manière de se faire une réputation; je poussais même la candeur jusqu’à me révolter à cette idée ; mais bientôt l’exemple de mes maîtres et la nécessité de combattre mes rivaux avec leurs propres armes, m’ont démontré que mes scrupules n’étaient que sottise; le rôle de Don Quichotte de la dignité médicale m’a semblé aussi ridicule qu’inutile , et j’ai trouvé plus sage d’imiter le chien qui portait à son cou le dîner de son maître , j’ai dit : Point de débats, mon lopin me suffit; et là-dessus j’ai happé mon morceau ; et ainsi ferai-je tant que la considération et la fortune prendront leur source autre part que dans l’opinion de ceux qui sont capables de nous connaître et de nous juger. Plaise à Dieu que j’y renonce bientôt et que nous rentrions dans des