ERRATUM
Page 4 , ligne 13 ; au lieu de musmlles, lisez musœlteb ; el lieu de ender, lisez enfin.
Hisioiiit:
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LA LITHOTRIÏIE.
Nihil sab sole novum ; Cette devise favorite de l’envie, de l’incapacité, de l’indiiféience et de la paresse, seraitelle donc aussi applicable à la lithotritie? Avons-nous seulement retrouvé ce qui était perdu dans la nuit des temps, ou bien cette opération est-elle réellement une création moderne?
Cette question a fait secouer, depuis quinze ans, la poussière de bien des vieux livres; mais jusqu’ici toutes les recherches ont été vaines pour y trouver clairement indiquée la méthode du broiement de la pierre dans la vessie. Une phrase pourtant, tirée d’un auteur arabe, Azzahravi (1), avait fait croire que la lithotritie était connue de ce peuple. Cette phrase, la voici : Âccipialur instrumentim subtile qaod nommant mashaba rebilia et suaviter intromittatur in oirgam, et volve lapidem in média vesicœ, et si faerit mollis frangitur et exibit. Voilà qui est clair : vous introduisez un instrument subtil dans la verge; vous faites tourner la pierre dans la
(1) Liber theoricæ necnon praticæ; fol. 9i, Ip manuscrit arabe n’cjiislp pas à la Bibliothèqiip royale.
HISTOIKE
vessie, et elle se brise si elle est molle. La lithotritie était donc vulgaire chez les Arabes ; comment s’y prenaient-ils? On l’ignore; mais peu importe, c’en est assez pour répéter : Rien de nouveau sous le ciel, et pour justifier cette variante du même proverbe : « On « n’invente que ce qui fut oublié. »
Que des médecins arabes aient songé à briser les pierres de la vessie, cela doit être, car une telle pensée a dû germer dans les têtes de beaucoup d’hommes de tous les siècles ; qu’ils aient réalisé cette pensée, la chose ne serait pas impossible, bien que l’imperfection du travail du fer leur rendît l’exécution des instruments plus difficile; mais vouloir nous dépouiller, à leur profit, de tout le mérite de l’invention , nous semblerait injuste, puisque les moyens d’exécution dont on ne trouve plus de trace devaient être de nouveau imaginés, et que la lithotritie demandait une création nouvelle. Voilà ce que nous pourrions répondre aux détracteurs du présent, si le passage d’Azzahravi renfermait en effet l’indice de la découverte du broiement de la pierre. Mais que penserait-on si cette phrase, extraite d’un livre devenu très-rare, avait été tronquée; si des lignes qui la commencent et la terminent résultait au contraire la preuve que les Arabes n’avaient aucunement l’idée de broyer les calculs vésicaux? Le paragraphe auquel appartient cette citation porte en marge : Cura retentionis iirinæ ex lapillo (guérison de la rétention d’urine causée par une petite pierre). Voici la phrase tout entière ; Curatio ejus (retentio iirinœj (juando fuit lapis parvus, vcl si habuerit grossitudineni
DE T. A ElTHOTRITIÉ.
et impulsus est jam ad collüm vesicæ adt ad ali- QÜEM TRANSITÜM VIRGÆ ET IMPÉDIT ÜRINAM > eSt quod sedeat patiens in aquâ decoctionis aneti, meliloti, camomillæ, radicis alteœ, femgrec, seminis Uni, et linialur virga cum pinguedine gallinœ, vel cnm oleo syrag, vel oleo camomillœ et cîisteriz-etur virga cum oleo aneti, vel cum oleo scorpionis quod forlius omnibus est; et si cum hoc regimine non exierit, studeat implere ipsum cum instrumento quod nominatur alnul apud viam transitas, vel ac-
cipiatur instrumentum subtile quod nommant . (Ici le
paragraphe cité plus haut.) Si vero non exiverit cum iis quœ diximus, oportet incidi ut in chinirgid determinatar, et quando non prohibetur urina causa ejus universaliter vel totaliter dtatur patiens medicinis frangentibus la- PIDEM quœ sont duobus modis, quœdam sunt medicinœ faciles et bonæ pueris, aliœ vero fortes et utiles magnis.
Il s’agit, comme on le voit, non pas de broyer un calcul contenu dans la vessie, mais seulement de repousser une petite pierre qui s’engage dans le col de cet organe ou dans quelque point de l’urètre, et qui s’oppose à l’écoulement de l’urine, ad collum vesicæ aut ad ali^ quem transitam virgœ et impedit urinam. Si les injections d’huile n’ont pu favoriser sa sortie, on la replace dans le milieu de la vessie avec un instrument subtil , et, dans cette répulsion , si elle est molle, elle se brise et ses fragments sortent volve lapidem in medio vesicæ, et si fuerit mollis frangitur et exibit. Mais si elle est dure, si elle ne sort pas, alors il faut pratiquer une incision pour l’extraire ; ou lorsqu’elle n’empêche pas la sortie de l’urine, on la fait dissoudre par
HISTOIKE
des médicaments. Si vero non exiverü oporlel incidi, et qiiando non prohibetiir urina causa ejus ntatur patiens medicinis frangentibiis lapidem.
Quant à l’instrument subtil avec lequel la pierre doit être repoussée dans la vessie, le traducteur parait avoir cherché vainement à déchiffrer le mot arabe ou ne l’avoir pas compris, puisque ne pouvant le rendre en latin, il a conservé la dénomination qu’il a cru lire, mashaba rebiîia ; mais ces deux mots tels qu’on les trouve imprimés dans la traduction latine n’ont aucun sens ; ne serait-il pas possible que dans le manuscrit original il y eût misellet, qui signifie grosse aiguille de bourrelier, ou musœlles, fer de lance pointu, ou bien entier; mesbar, ({ni veut dire sonde? M. Reynaud n’a pu vérifier la réalité de ces diverses suppositions sur le manuscrit arabe du Liber theoricæ, qui n’existe pas à la Bibliothèque royale.
Cette citation, si ingénieusement détachée pour en changer le sens véritable, est-elle l’effet de l’inadvertance et du manque d’attention, ou bien est-elle calculée? C’est à Civiale de nous l’apprendre, car c’est lui qui, le premier, a publié le passage tronqué d’Azzahravi (1).
(1) Nous voyons ici M. Civiale morceler un passage d’un auteur arabe, pour en faire sortir la découverte de la lithotritie. Dans les feuillets suivants, nous le verrons adopter une version erronée plutôt que d’en rectifier le sens par l’auteur lui-même, Sanctorius ; puis, par suite du même système, nous allons le voir encore altérant un dessin de Fabricius Hildanus, et figurant au centre d’une pince urétrale un foret qui n’existe pas dans l’original. Voici l’explication de la conduite de M. Civiale. En 1824, il avait cru pouvoir s’attribuer l’invention du broiement de la pierre ; un instant même, son nom fut accolé à cette méthode ; aussi, à cette époque, repoussait-il avec force toute tentative ayant pour but de faire intervenir, de près ou de loin, un autre à prendre parta la découverte. Mais bientôt les décisions solennelles de l’Académie des Sciences, à l’occasion des prix Monthyon, renversèrent ses prétentions
LITHOTIUTIE.
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Ainsi jusqu’à preuve du contraire, il demeure établi que les Arabes ne pratiquaient et ne connaissaient point la lithotritie.
Plus loin, nous aurons occasion de décrire leurs procédés pour remédier aux accidents produits par les pierres engagées dans l’urètre , procédés que l’on a cherché encore, mais sans raison, à rapporter aux calculs de la vessie.
Dans un seul des écrivains de la Renaissance on rencontre une phrase qui se rapporte à cette méthode : après avoir relaté deux cents formules environ de médicaments qui dissolvent la pierre, Alexander Benedictus ajoute : Per fîstulam quâ prias humor profasus dolores lèvent, aliqui intas sine plagà lapidem conterunt ferreis instramenlis : qaod equidem tutam non invenimus (1 ).
Benedictus ne dit pas quels sont les chirurgiens
mal fondées, réformèrent le rapport de Percy, et attribuèrent a un autre le titre de principal inventeur de la lithotritie. Dès lors, M. Civialc changea de langage et s’appliqua de tout son pouvoir à établir que l’idée de broyer la pierre dans la vessie, ainsi que les instruments, étaient connus des anciens ; qu’une seule chose est nouvelle : c’est l’application heureuse qu’il en a faite sur le vivant; on voit que pour arriver à son but tous les moyens lui ont semblé bons.
Pour échapper au reproche de duplicité, que de telles citations font peser sur leur auteur, M. Civiale dira peut-être que ce n’est pas lui qui a tronqué les passages et altéré les figures ; qu’il s’en est rapporté aux écrivains distingués qui se chargent, dit-on, de la rédaction de scs ouvrages. On assure en effet, comme j’ai eu déjà l’occasion de le dire, que ses trois derniers livres ont été écrits par la plume la plus exercée de la médecine française. Quant à la lettre sur la lithotritie, dans laquelle se trouve la citation d’Azzahravi, l’opinion générale en attribue la rédaction à Boisseau; ce serait donc à cet écrivain spirituel qu’appartiendrait l’erreur ou l’altération. 11 est dit en outre, dans cette lettre, qu’Azzahravi était le contemporain d’Aboul-Cassem ; 11 est dillicde qu’il en soi! autrement, puisque ces deux noms appartiennent au même personnage.
'1) Ve re medicâ , p. i22.
HISTOlllE
qui brisaient les calculs dans la vessie avec des instruments de fer, et quels étaient ces instruments : nonseulement leur efficacité est plus que douteuse , si nous en jugeons par le qaod equidem tiUim non invenimus ; mais leur existence même peut paraître aussi problématique que le fait de la dissolution de la pierre par une foule de substances, qu’il regarde comme avéré.
Le premier procédé pour briser la pierre sans incision indiqué par les auteurs, se trouve dans Haller (1) ; il dit, en parlant de Sanctorius : Catheterem delineal trifidum, per eum in grandiorem calcuhm specillum sagittatam immiltit, eo ut piital cakulum dioidit, fragmenta inter specïlli crura cadant et possint eœtrahi : speculationem piito meram. Ne croirait-on pas lire la description de la pince à trois branches avec son foret? Eh bien! Sanctorius, ainsi .que l’on peut voir par le passage dans lequel est décrit son instrument, n’a point du tout songé à s’en servir pour broyer les calculs; il n’avait en vue que l’extraction des petites pierres, et la tige en forme de flèche que Haller supposait destinée à perforer le calcul, ne servait en réalité qu’à ouvrir et fermer l’instrument (2). Ainsi cet homme célèbre avait, sans s’en
(1) Biblioth. Chirury., t. I. p. 413.
(2) Quod si calculas per urelcres, ad vesicam dejectus spatio bebdoinadæ circitcrcum urinânon ejiciatur, extrahcndus est, ne per moram magnus evadat, quod ut fleret. Excogitavimus syringam quæ in vesicam immittenda est quando lotio est referta (longitudo syringæ in viro est unius spithaniinis cum dimidiâ) : câ immissâ tune instrumentum {d, Og. 3) quod unit très cuspides (dum est in syringâ) aliquanto plus impellitur ut tricuspides separentur et dilatentur : deinceps extrahitur instruinentum d. Quo peracto, statim ab urina lapis cum impetu ad sinum syringæ Ferri solet ; qui inclusus inter iilas tricuspides statim extrabitur per syringam. Si vero accideret quod urinæ impetus non ferret lapilluni ad (ricipitis sinum ; tum cum siphone per vim vacui allrahctur, In
)JIUTIE.
douter, imaginé un procédé de lithotritie qu’il jugeait pourtant inapplicable ; « Specnlationem puto merain. » Il n’est peut-être pas inutile d’ajouter que le dessin de Sanctorius est complètement inintelligible , et qu’il est impossible, en le voyant, de se faire une idée du mécanisme qu’il représente. (Voyez figures I, 2, 5.)
Figure !..
Figure 2.
Figure 3.
On a parlé aussi de la pince de Fabricius Hildanus, imitation du tire-balle d’Andréa délia Croce; mais cet instrument ne peut être placé que d’une manière indirecte dans l’histoire de la lithotritie, car Fabricius ne l’employait ou ne le proposait que pour extraire entières des petites pierres engagées dans l’urètre; quant à celles de la vessie, il n’y songeait en aucune manière. Cet in-
l'cininù, piomptius quia breviori syringâ eadcm fieri possunt. (Sancto- Biüs, Commentaria in primam fen. primi libri canoncncis Aviccnnæ. Venet., 1626.)
Dans son dernier ouvrage, M. Civiale a transcrit le passage de Haller sans tenir compte du texte de Sanctorius, que j’avais cependant publié dès l’année 1825 : Exposé des diiers procédés pour guérir de lo pierre, pag. 117.
strunieiit était une pince formée d’un stylet plein, divisé en trois branches, revêtues d’une gaine et obéissant à un écrou qui les développait ou les rapprochait. Stylus ferreus ex inferiori suâ parte tricnspis, ex superiori çero tormlaris (1). ( F./ig. 4, 5.)
Figure i.
Ainsi, jusqu’au commencement de ce siècle, aucun instrument ou appareil au moyen duquel on pût obtenir le broiement de la pierre dans la vessie n’avait été décrit dans les auteurs; aucun exemple de destruction mécanique de la pierre opérée par la main d’un chirurgien n’était connu. Si trois ou quatre écrivains, séparés par des siècles les uns des autres, ont laissé échapper de leur plume quelques mots sur ce mode de guérison, ce n’était que pour le déclarer impossible; à peu près comme l’ou parle aujourd’hui du mouvement perpétuel, de la quadrature du cercle et de la pierre philosophale.
On nous dit, à la vérité, que des tentatives auraient été faites avec succès par des malades sur eux-mêmes. C’est ainsi qu’un moine de Citeaux serait parvenu à briser une pierre dans sa vessie, en introduisant par l’urètre une tige de fer contenue dans un tube et ter-
(I) Au sujet de la pince urétrale de Fabricius Hildanus, dont le dessin a été reproduit d’une manière inexacte par M. Civiale, voir la lettre de eet opérateur à l’Academie des Sciences , et la réponse de Diipuytren , placées .i la fin de cette histoire , note (B).
DE LA LITHOTRIÏIE.
minée par un biseau, sur laquelle il frappait avec un marteau. Le major Martin aurait, au dire de Marcet [onCalculous desorders, p. 20 et fig. o), pulvérisé la sienne en la râpant avec une tige de fer garnie d’une lime. Que ces deux hommes soient arrivés avec des moyens aussi défectueux à détacher des parcelles de calcul, on le comprend. Mais qu’ils soient parvenus à débarrasser complètement leur vessie, il est au moins permis d’en douter. On lit au surplus, dans une biographie contemporaine, que le major Martin est mort de la pierre auprès de Calcutta. Les mêmes réflexions s’appliquent à la proposition de Thomassin, de briser les pierres dans la vessie en les frappant avec une sonde ; elles conviennent également au fait rapporté par le médecin de Malaga, Rodriguez, qui aurait, en 1800, comminué un calcul vésical en le percutant avec un cathéter. Si l’on admet l’exactitude de ces résultats, on doit au moins supposer une friabilité ou des circonstances tout-à-fait exceptionnelles, sur lesquelles on ne saurait compter dans la pratique habituelle.
En 1812 , un procédé fut proposé pour détruire mécaniquement les pierres de la vessie; encore n’étaitil présenté que comme un auxiliaire de la dissolution chimique dont les travaux de Fourcroy et de Vauquelin avaient fait espérer la possibilité. Dans l’intention dn multiplier les points de contact entre l’agent dissolvant et le calcul, l’auteur de ce procédé, Gruitbuisen , médecin bavarois, imagina de pratiquer dans la pierre des perforations suivant diverses directions. L’appareil qu’il inventa pour arriver à ce but se composait d’une grosse canule droite, dans laquelle passaitune anse de lil de laiton et une tige terminée par itne couronne
IIISTOIUE
dentée ou un ter de lance, La pierre devait être embrassée et fixée par l’anse métallique , tandis que le trépan, mis en mouvement par un archet, agissait sur elle pour la perforer. Il est inutile de dire que par un tel instrument la pierre ne pouvait être fixée d’une manière convenable, et que la vessie était exposéeàl’action du foret. Cependant si l’appareil de Gruithuisen était inapplicable, du moins ce médecin avait démontré que l’on peut arriver dans la vessie avec des sondes droites et volumineuses, et il avait fait entrevoir le parti que l’on pourrait tirer de cette circonstance pour détruire mécaniquement les calculs. ( V. fig. 6.)
Quatre ans après, un chirurgien écossais , Elgerton, publia, dans VEdiiiburgh médical journal, le dessin d’un instrument courbe s’ouvrant en deux parties pour saisir la pierre, sur la surface de laquelle agissait une râpe par un mouvement alternatif. Cette appareil était moins dangereux que celui de Gruithuisen; mais il n’était pas non plus applicable , car la pierre n’était pas suffisamment assujettie par deux branches pour résister à l’effort latéral , et la vessie n’était pas protégée contre l’action de la râpe.
Dans la même année 1818, le 30 juillet, un manuscrit fut adressé, par le ministre de l’intérieur, à la Société de la Faculté de Médecine. Ce mémoire contenait, d’après le dire de Civiale, la description des instruments qu’il a depuis mis en usage : or, voici comment s’exprime, au sujet de cette communication, le procèsverbal de la séance ; « M. de Chabrol adresse la No- « tice descriptive et le dessin d’un instrument invente
UE LA LI IHOaiUTlE.
« par le sieur Civiale, élève en médecine, et qu’il propose « pour l'opération de la taille (1). »
Que le secrétaire de la Société ait commis une erreur, nous le voulons bien. Que ce mémoire contînt l’indication d’un instrument destiné à forer la pierre pour favoriser sa dissolution, nous y consentons encore, bien
' I) Bulletin de la Soeiélé de la Faculté de Médecine, août 1818.
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que la preuve n’en soit nullement acquise (1). Mais que cet instrument fût celui dont Civiale s’est servi avec succès en 1824, cela n’est pas, cela ne peut pas être : car, comment en 1823, dans son ouvrage intitulé Nouvelles Considérations sur les rétentions d’urine, aurait-il omis de le décrire ? Partout il est question de pinces à quatre branches ; et la seule dont il donne le dessin a deux articulations à chaque branche, comme on peut le voir dans la fig. 7.
Civiale prétend, à la vérité, que cette figure est le résultat d’une erreur du graveur. Nous ne dirons point à nos lecteurs ce qu’ils doivent penser d’une pareille explication, nous la leur transmettons comme nous l’avons reçue(2); seulement nous ferons observer que la description de la planche, à laquelle probablement le graveur n’a point participé, se rapporte parfaitement aux figures (3).
(1) Voici comment s’exprimait, en 1827, Heurteloup, à l’occasion de ce mémoire. « Sur quoi s’appuie M. Civiale pour prouver son initiative en 1818? Sur une feuille de papier sans forme, festonnée par l’usure, sale et détériorée, toute raturée, mal écrite, et en marge une esquisse au crayon représentant imparfaitement un instrument à poche qu’il destinait alors à saisir la pierre; et à côté de cet instrument, le dessin d’un autre assez semblable à celui lithographié dans son travail, mais dessiné plus fraîchement. Est-ce réellement cette pièce informe que M. Civiale a présentée à l’Académie en 1818, ou au ministre de l’intérieur ? Cela peut être, puisqu’il l’avance ; mais qu’il fasse donc disparaîtrc, pour me convaincre entièrement, les doutes que me donne sur l’identité de cette pièce tout ce qui m’éloigne d’y croire. Moi, qui veux, puisque M. Civiale le juge convenable, développer mon opinion avec franchise et fermeté, je trouve cette pièce louche, et je le dis. » (Lettre à l’Académie des Sciences, pag. 98, 1827.)
(2) Première Lettre sur la lithotritie, par Civiale.
(3) A l'ocea.sion de celle figure cl des deseriplions d’inslnimenls cnn-