LES COMÉDIENS ANGLAIS
Les conditions du théâtre allemand parurent un instant devoir banger par l’arrivée des Comédiens anglais. C’étaient les pre-
lières troupes régulières qui se fussent montrées en Allemagne y
nss'est souvent demandé si ces comédiens étaient réellement es Anglais venant jouer leur répertoire sur le continent, ou des Jemands que la pénurie de leur scène nationale avait engagés offrir au public des remaniements de pièces étrangères. C’est première opinion qui, d'après les recherches les plus récentes, arait décidément la vraie. On sait que le théâtre anglais était,
érs la fin du xvie siècle, le plus riche et le mieux constitué de (£
Europe. L'essor politique de la nation au temps d'Étisabeth vait profité à toutes les branches de la littérature. Le théâtre
omptait un grand nombre de pièces excellentes, même avant /
ue-Shakespeare lui eût donné des chefs-d'œuvre; et le génie es poètes avait suscité l’art des comédiens. Des acteurs voyaeaient à l'étranger, d'abord dans les Pays-Bas, dans le Daneiark, dans les villes hanséatiques, que des relations commeriaies rapprochaient de l’Angleterre, et enfin dans les régions entrales de l'Allemagne. On sait, par exemple, que certains ducs
e Brunswick, certains landgraves de Hesse avaient des comédiens ,
nplais à leur cour. Les troupes se renouvelaient, s'augmentaient ; eS Allemands finissaient par y entrer et même par y faire la
lPaul Rebhun's Dramen, édition de Hermann‘Palm, Stuttgart, 1859.
dE. à Re
; majorité. Peu à peu, les auteurs et le public trouvèrent pi | … commode de remplacer les pièces originales par des traducti # libres; et il arriva qu’au bout d'une trentaine d'années on vi culer en Allemagne tout un répertoire de provenance étrangèr qui se multiplia par l'impression, et dont l'influence dut se fair sentir sur le théâtre national. :
# 9. — JACQUES AYRER ET HENRI-JULES DE BRUNSWICK. : Deux noms résument l’histoire de l’art dramatique vers lai ee de cette période : ceux de Jacques Ayrer et de Henri-Jules, du L: de Brunswick. + + / Jacques Ayrer, qui vécut longtemps à Nuremberg, écrivit d’abor dans la manière de son maître Hans Sachs. Le progrès qui s manifeste dans ses dernières œuvres est évidemment dû à li fluence anglaise. La Comédie de la belle Sidea traite un sujet sèn , blable à celui de la Tempête de Shakespeare, et l’on peut suf / poser que les deux poètes ont eu devant les yeux une. mêm pièce plus ancienne, qui n’a pas élé ‘retrouvée. L’analogie es encore plus frappante entre la Comédie de la belle Phenicia et Bea coup de bruit pour rien. Le fou, qui aura désormais droit de. sur Je théâtre allemand, s'appelle quelquefois du nom de le clown anglais. On connaît soixante-neuf pièces de Jacques À mais il en avait composé davantage. Il travaillait très vite: sa : gédie intitulée l’Homme riche et le pauvre Lazure fut terminée neuf jours; il ne mettait guère qu’un jour à écrire un Jeu
l. Un premier volume, contenant dix tragédies et comédies et cinq intermèt fut imprimé en 1620. Un second, de huit pièces, s'y ajouta en 1630. Enfin édition en trois volumes, de vingt-deux ‘pièces, parut à Francfort en 1670. . à remarquer qu'au second volume se mêlent déjà des pièces qui ne sont p provenance anglaise. Dans l'édition en trois volumes, on trouve même des tra tions du français, entré autres les Précieuses ridicules, Georges Dandin et l'Avc
Éditions modernes. — Tittmann, Schauspiele der englischen Komôdianten in Deutscl land, Leipzig, 1880: — W. Creizenach, Die Schauspiele der englischen Komôdiante (dans la collection : Deutsche National-Litteratur, de Kürschner); — J. Bolte, Di Singspiele der englischen Komôdianten und ihrer Nachfolger in Deutsch Holland und Skandinavien, Hambourg, 1893 ; — Tieck (Deutsches Theater) à blié deux pièces, Titus Andronicus et Fortunat. |
À consulter : Gœdeke, Grundrisz zur Geschichte der deutschen Dichtung, 2 2° vol., Dresde, 1886; — Elze, Die englische Sprache und Litteratur in Deutsch na Dresde, 1864; — A. Cohn, Shakespeare in Germany in the Sirteenth and Sevent Centuries, Londres, 1065. Fes GES
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E LA POÉSIE DRAMATIQUE. 205 arnaval. Il est le premier auteur connu en Allemagne qui ait fait,
és opéras; il les appelait singes spile, ou singents spile, c’est-à-
ire pièces chantées : c’est toujours un titre de gloire, car ses
éules qualités poétiques ne sulfiraient pas pour faire vivre son
om !.
Jacques Ayrer manque de souffle pour atteindre les beautés ardies de la poésie anglaise : quant au duc de Brunswick, il les | énature en les outrant. Le duc Henri-Jules était un des princes ss plus despotiques de son temps. Les dépenses de sa cour, et en articulier l'établissement d’un théâtre permanent à Wolfenbüttel, tinèrent ses sujets. Dans ses ouvrages dramatiques, il tenta énéreusement de se mettre à la portée des plus simples; il affecta nême le ton populaire. Sa comédie de Vincent Ladislas contient e premier germe des aventures de Münchhausen. Les personages parlent souvent patois ; le fou s'exprime ordinairement en S-allemand. Le duc de Brunswick, qui croyait aux esprits et / ux sorciers, leur attribue des rôles importants dans ses pièces. s & rsqu'il ensanglante le théâtre, il laisse Marlowe loin derrière ui Dans son drame du Mauvais Fils, qui se joue entre dit-huit érsonnages, quatre seulement survivent au dénouement : il est rai que trois d'entre eux, qui sont des démons, étaient indestrucibles par leur nature. Évidemment, le duc de Brunswick, pas lus que Jacques Ayrer, ne saurait passer pour un disciple de “ Shakespeare, ni même des prédécesseurs de Shakespeare ; mais il st intéressant de retrouver déjà, dans les grossiers essais de la ,° in du xvie siècle, cette. influence anglaise qui fut plus tard si w féconde pour la littérature allemande ?.
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L Ayrers Dramen, édition de A. Keller, 5 vol., Stuttgart, 1864-1865. 9, Die Schauspiele des Herzogs Heinrich Julius von Braunschweig, éditions de
+ Holland, Stuttgart, 1855; — de J. Tittmann, Leipzig, 1880.