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LA RÉFORME, | — sent enfin par leur répétition. Fischart, à part Et one pol ; tique, n'a rien changé à l’ancien récit. Il y apporte cependar * une intention didactique; il aime à terminer ses chapitres pa des sentences morales. Son but, dit-il au commencement, ei e d'instruire le monde, tout en le divertissant. Il espère que se leçons seront d'autant plus efficaces qu’elles se présenterot sous une forme plus légère; car une plaisanterie, ajoute-t1 sert de passeport à un bon précepte. Au fond, les aventures d Till n'ont rien de moral, et Fischart,.en voulant ennobhri vieille légende, n'a réussi peut-être qu’à en affaiblir la very naturelle. Le fait est que l’Eulenspiegel en vers fut bientôt oublié tandis que le roman en prose est encore aujourd’ hui entre le à mains du peuple.
\/ C'est dans les ouvrages de polémique que se révèle d’ 3boti | ‘vrai génie de Fischart, son habileté à saisir le trait saillant ou = côté ridicule des choses, son imagination exubérante, son Styl
e chargé d'images. Fischart est un esprit hardi, qui s’arme aussité EN pour toutes les idées nouvelles apportées par la Renaissance Amaisilesttrop Allemand pour ne pas penser d’abord à la Réform bo" religieuse, et il ne serait même pas éloigné de l’étendre, dans un
certaine mesure,aux institutions politiques et sociales. Ses poème satiriques sont surtout dirigés contre les ordres précheurs Dan la Vie de saint Dominique et de saint François, il se plaît à décrix les querelles intestines des franciscains et des dominicains.. Légende du petit chapeau à quatre cornes est une satire piquan —. de la Société de Jésus?. La corne est l'emblème du démon; il. : mise au front de ses acolytes, qui propagent son œuvre. ave d'autant plus de succès qu'ils se PrÉRANIENS avec un “man
: =, 1. Un personnage semblable au héros du roman paraît avoir. vécu: aux en ne de Brunswick dans la seconde moitié du x1v® siècle ; et comme on ne prête q riches, on lui attribua quelques-uns des tours célèbres du curé Amis, du € /Kalenberg et d'autres aventuriers. La légende se développa dans le cour Ÿ xv° siècle. La version en prose haut-allemande a été imprimée à Strasbourg 1515 et en 1519; on l'a attribuée sans preuve à Thomas Murner. Elle a été sou réimprimée, et elle a été reproduite dans les temps modernes par Lappenbe (Dr. Th. Murners Ulenspiegel, Leipzig, 1854). Les anciennes éditions portent, frontispice une chouette perchée sur un miroir : ce double emblême expliq deuxième nom du héros, qui signifie littéralement Miroir de la Chouette. Le de Till Eulenspiegel fut traduit dès le xvie siècle dans presque toutes les lan
qui a donné à la langue moderne le mot d’espiègle (Paris, 1532; Lyon, 1559). : 2. Fischart, par un de ces jeux de mots qui lui sont habituels, “pis Jésuites Jesuwider, c'est-à-dire contraires à Jésus.
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é. Le petit Chapeau est confectionné au fond de l'enfer: tous S espri is du mensonge se logent aux quatre coins; un ouragan 2mporte sur la terre, et désormais la mitre et la tiare s’inclinent vant lui. Un ouvrage moins passionné, mais d'une portée plus aute, c'est [a Sainte Ruche romaine, traduite de Marnix de Sainte- Idegonde, et écrite en prose. Toute la hiérarchie romaine, avec S.moyens qu'elle emploie pour combattre l'esprit du siècle, y b passée en revue. La Sainte Ruche eut un grand succès, que mstatent les nombreuses éditions faites du vivant de l’auteur et icore après sa mort !.
Strasbourg n’était pas seulement, au xvie siècle, une ville vante, un asile ouvert aux théologiens et aux humanistes ; C'était issi le siège d’une bourgeoisie active et jalouse de son indépenince, et Fischart à retracé cet autre côté de la société de son mps dans un poème héroï-comique, qui a pour titre le Bateau riuné, un de ses meilleurs ouvrages. Ce qu'il nous montre ic'est la vie municipale, avec ses fêtes populaires, avec ndéploiement de bien-être, avec ses vertus pratiques que / ‘parent à peine quelques ridicules. Un tir avait été ordonné en 16; et l'on y avait invité les habitants de quelques villes amies. rich envoya une députation, qui arriva par eau, en suivant la mmat, l’Aar et le Rhin, dans l'espace d’un jour. Une teile rapité, à cette époque, tenait du prodige. Les Zurichois avaient déjà it le: même chemin, et dans le même intervalle de temps, un cle auparavant; et, pour prouver à leurs alliés que l'éloignement > les empêécherait Jamais de venir à leur secours, ils leur avaient po té, toute chaude encore, une bouillie de millet qui avait été éparée au départ. Le poète confond, par des rapprochements génieux, les deux voyages. Il anime le sujet par des personniations qui dénotent l'humaniste. À peine sortis des eaux de
À est difficile de traduire exactement le titre d'un ouvrage quelconque de Chart. Il est du nombre de ces auteurs qui veulent avoir de l'esprit jusque ASleurs titres, et son esprit consiste surtout en jeux de mots. Il faut s'en tenir € qui marque le contenu de l'ouvrage. La Vie de saint Dominique et de saint ançois (Von S. Dominici des Pred igermünchs und S. Francisci Barfüssers artlichem ben und grossen Greweln, etc.) parut en 1571. La Légende du petit chapeau (Die nderlichst unerhôürtest Legend und Beschreibung des abgeführten, quartirien, Den und viereckechten vierhôrnigen Hütleins, etc.), publiée en 1580, est une on d’un poème français, le Blason du bonnet carré. La Sainte Ruche (Binenkorb eyl: rômischen Imenschwarms) fut d'abord imprimée en 1579.
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210 LA RÉFORME. l'Aar, les voyageurs invoquent le Rhin, qui annonce sa prése oi bruit de ses ondes. « Sois-nous propice, » s’écrient-ils, «w « nous en aide, et pousse notre barque : © est nous qui cultivon « la vallée où tu fais ton lit. Conduis-nous à Strasbourg, qui e « l’ornement de tes rives, et devant lequel tu passes avec orgueil,, Le Rhin ne les seconde pas seulement par le mouvement dese flots, mais il les encourage par des paroles. Les voilà aux porte de Bâle, plus heureux, dit le poète, que Xerxès qui enchaîn ridiculement l’Hellespont. Le soleil, jaloux de leur vitesse, leu darde de brülants rayons; mais la chaleur qui les accable n fait qu'augmenter leur entrain; et le soleil hâte sa course; d peur d'être devancé par les hardis navigateurs. Ils touchent leur but, au moment où l'astre descend sous l'horizon. Fischar ne s’est pas contenté, malheureusement, de conduire les voya geurs au port; il a voulu les ramener dans leur. patrie, et il ajouté à son poème un dernier épisode, qui: ne pet êtr qu'une redite !,
Fischart disait les anciens, ses écrits le prouvent; mais À pas su leur dérober le secret de la beauté littéraire. Il a del verve et de la fécondité, mais l’art de la composition lui manque Il disserte trop, il veut tout dire. Même ses petites pièces lyrique ou didactiques, ses psaumes, ses sentences, sont déparés par de longueurs, des négligences, des jeux de mots, des duretés” d style. Ses qualités et ses défauts se retrouvent dans celui. de & se ouvrages que les critiques allemands désignent d'ordinaire: comm
son chef-d'œuvre, dans sa traduction du premier livre de Ga
gantua..Fischart a-t-il réellement surpassé Rabelais? Le fait es que son Histoire des actions de Grandgoschier et de Gorgellantua e: plus qu'une traduction; c’est une amplification, où une phras du modèle devient l’occasion d’un long développement, Fischar se garde bien d'exercer, comme Rabelais, la sagacité du lecteur de lui laisser chercher un enseignement sous le voile d’un réc léger. «Il vous convient, comme à des sages, » disait Rabelais dar son Prologue, « de briser l’os et de sucer la Dos moël |
1. Johann Fischarts, genannt Mentser, Glückhaftes Schiff von Zürich, éditi K. Halling, Tubingue, 18%8 ; avec une introduction d'Uhland.
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| Anh + . TP Be LAS: SERRES rot = 6 à / : # ique pénétrant, observateur profond, maniant habilement sa LS
e et disposant d'une vaste érudition, que n’a-t-il su joindre s ces mérites la qualité suprême de l'écrivain, le sentiment Dre
| , - “ > itre du Gargantua de Fischart s'accrut, d'une édition à l’autre, de quel- 4 épithètes, qui étaient autant de jeux de mots. On peut suivre ces accrois- Es nts dans le tableau des différentes éditions, que donne Gœdeke (Grundrisz, ; 2e vol., Dresde, 1886; p. 495). Le titre définitif n'a pas moins de quin e s. La première impression est de 1575. — Fischart avait déjà traduit la igruéline Prognostication de Rabelais, sous le titre de la Grand-mère de ratique (Aller Practick Grossmutter). L'édition primitive de cet ouvrage, de 1572, a été reproduite dans les Veudrucke deutscher Litteraturwerke 1876). ?