‹ Histoire de la littérature allemandeChapitre 122 sur 534 · L'HISTOIRE · texte numérisé non relu

L'HISTOIRE

remiers essais de critique historique. — 1. La Chroniqué bavaroise d’Aventinus. — 2. Les ouvrages historiques et géographiques de Sébastien Franck. —— 3. La Chronique helvétique de Tschudi.

La chronique était destinée à perdre son caractère fabuleux, du 10ment où elle fut écrite en prose. Mais elle dut passer encore ar bien des transformations avant d'aboutir à l’histoire véritable, use donne pour mission de recueillir les faits régulièrement mstatés et d'en découvrir l’enchaînement. Parmi les nombreux ironiqueurs du xvre siècle, la littérature doit une mention spéale à ceux qui, sans avoir fondé la science historique propre- ‘ent dite, ont du moins eu le mérite de l’entrevoir et de la pré-

irer. Ce sont Jean Turmayer appelé Aventinus, Sébastien Franck Égidius Tschudi 1,

À. — AVENTINUS.

Jean Turmayer, né à Abensberg, dans la Haute-Bavière, en 1477, itle nom d'Aventinus. À Ingolstadt, où il connut Conrad Jtès; il se passionna d’abord pour les études classiques: il se ndit ensuite à Paris et à Vienne, et entra de plus en plus n$.le mouvement de la Renaissance. Il enseigna le grec à Cravie, et la littérature romaine à Ingolstadt. C'était: un esprit lairé, pénétrant, laborieux, et il était tout préparé pour son Md ouvrage, lorsqu'il fut nommé, en 1517, historiographe des cs de Bavière. Il se mit alors à parcourir le pays, fouillant

|. A consulter : Wegele, Geschichte der deutschen Historio ‘en de

graphie seit dem Aufe S Humanisinus, Munich et Leipzig, 1885.

rs

218 | LA RÉFORME

les bibliothèques des couvents, les archives municipales, et recueillit ainsi un immense nombre de documents. La fin de sa vie fut attristée par les persécutions qu'il eut à subir de la pa "1 des moines; il mourut à Ratisbonne, en 1534. Sa Chronique, qu'il écrivit en latin avant de la mettre en allemand, est un essai

© très estimable d'histoire scientifique. Il ne se défie pas toujours

assez des témoignages sur lesquels il s'appuie, mais il a du moins l'intention de ne rien avancer que sur preuves, et cest déjà un progrès. Un des mérites de la Chronique d’Aventinus est dans le style. Il semble avoir pris Luther pour modèle, quand il dit: «Je me sers, dans cette traduction, du vieil allemand puret «ordinaire, intelligible pour tout le monde. Car nos orateurs et «nos écrivains, surtout ceux qui savent le latin, torturent notre «langue, la faussent et la corrompent, y accrochent des lam- «beaux de latin, la rendent inintelligible à force de longueurs. « Is transportent dans l'allemand les habitudes du latin, ce qui «est une faute; car chaque langue a son usage propre et sor « caractère. » Cette dernière parole seule dénote dans Aventinus un esprit supérieur à son siècle *. : 12

Page 1