‹ Histoire de la littérature allemandeChapitre 121 sur 534 · __ ERASMUS ALBERUS. — BURKARD WALDIS · texte numérisé non relu

__ ERASMUS ALBERUS. — BURKARD WALDIS

‘Rollenhagen mêle: à son récit, tout en les délayant un peu, 4 épisodes du Poème de Renart. L'ancienne légende des animäu après trois siècles de transformations, n'avait rien perdu dé. faveur auprès du public bourgeois et même savant; et la fab] qui en dérivait, partageait sa popularité. Mais la fable aussi ave changé de caractère. Elle avait gardé jusqu'au xive siècle, défaut d'autre mérite, un vif sentiment de la nature. Au tem de la Réforme, elle devint tout à fait doctrinale. Luther ten Ésope en haute estime; il le mettait immédiatement après Bible; il avait lui-même composé des fables. Un disciple. Luther, Erasmus Alberus, à qui l'on doit de beaux cantique publia un recueil de fables en vers, qu'il appela le Livre de la Ver et de la Sagesse, et qui n'est autre chose que l'exposition de doctrine sur la religion et même sur le gouvernement. Erasm Alberus ne manque pas de combattre le catholicisme, toutes fois que l’occasion s’en présente, Dans la fable de l’Ance vétu de peau du . Lion, l’Ane c’est le pape, et l’homme qui lui retire fausse enveloppe est Luther. L'Ane persuade aux autres anima de ne pas manger de chair le vendredi; il introduit chez eux célibat; il dépose même les empereurs : on voit que le poèl entraîné par les développements, oublie complètement son poi de départ !. |

Un autre fabuliste, Burkard Waldis, mit dans ses attaqu contre le aoliviere tout le zèle d'un converti. C'était un moi de Riga, qui eut beaucoup à souffrir pour ses opinions, ét q à Abterode en Hesse. Il est l’auteur. d' remaniement de Teuerdank, d’une comédie sacrée sur le. F prodigue, d’une traduction en vers des Psaumes, et surtout d" Ésope renouvelé en quatre livres de cent fables chacun. Dan recueil de poésies militantes, on trouve cependant quélques® sans prétention, où Waldis consigne les observations qui faites pendant ses longs voyages ?.

1. Das buch von der Tugent und Weiszheit, Francfort-sur-le-Mein, 1550 velle édition, par W. Braune (Die Fabeln des Erasmus Alberus), Halle, 189 A consulter : Fr. Schnorr de Carolsfeld, Erasmus Alberus, Dresde, 1893.

9. Esopus gants new gemacht und in Reimen gefasst, Francfort-sur:l 1548. — Le dernier livre contient beaucoup de sujets inventés par l'a Editions modernes de H. Kurz (2 vol., Leipzig, 1862) et de s- Tittmann Leipzig, 1882.) NES A

(AS ART CRT

CONTEURS ET FABULISTES 018 3. — WICKRAM. — PAULI. — SANDRUB.

Le simple art de conter, sans souci d'enseigner ni de prêcher, ba peine connu dans l'Allemagne du xvis siècle. Même le St et lé Juif Errant, qui reposent sur de vieilles traditions, ont presque plus rien de la naïveté d’une légende populaire; (voit qu'ils ont passé par la main des savants'!. Parmi les

leurs de nouvelles en prose, le meilleur est George Wickram,

éffier municipal dans un village de la Basse-Alsace, fort au urant de la littérature allemande, et connaissant même les tératures étrangères. Boccace est un de ses modèles, et il mile quelquefois avec bonheur ?. Si le succès est un titre suffint, il faut citer aussi le moine alsacien Jean Pauli. Ses Histoires miques et sérieuses furent écrites, nous apprend-il, en 14519, au üvent des Franciscains de Thann. Elles furent imprimées à tasbourg, en 1522, et l'on en compte une quarantaine d'éditions squ'à la fin du siècle $. La cause principale du succès de Pauli t Sans doute sa concision. La nouvelle se réduit, chez lui, aux enSions d'une anecdote aboutissant à une conclusion morale, >st aussi la forme que choisit Lazare Sandrub ; mais il y ajouta rnement de la rime. Sandrub se désigne, dans le titre de son Yrage, comme « étudiant en philosophie et en théologie et ateur particulier de poésie ». On voit par le contenu de ses cits qu’il se rattache au protestantisme #,

t 4, —— LES PROVERBES D’AGRICOLA.

Les conteurs comme Sandrub, Pauli, Wickram puisent à toutes MSOUrCeS ; 11s empruntent aux classiques anciens, aux Pères de

+ La première édition connue du roman populaire de Faust est celle qui parut rancfort-sur-le-Mein en 1587; elle a été republiée par W. Braune, avec une liographie de Zarncke (Das Volksbuch vom Doctor Faust, Halle, 1878), et en roduction photolithographique, avec une introduction de W. Scherer (Das älteste itsBuch, Berlin, 1884). La version la plus répandue fut celle de Widman (3 par- Hambourg, 1599), réimprimée par A. Keller (Tubingue, 1880). — Le Juif Errant tésimprimé d'abord en 1602, et souvent remanié dans la suite.

1 Les nouvelles de Wickram ont été republiées en partie par CI. Brentano tidelberg, 1809) et par H. Kurz (Deutsche Bibliotek, Leipzig, 1865).

Schimpf und Ernst. — Édition moderne d'Œsterley, Stuttgart, 1866:

ds - litiæ historicæ et poelicæ, das ist Historische und poetische Kurtzweil, nc frt-sur-le-Mein, 1618. — Édition moderne de G. Milchsack, Halle, 1878.

> | + Bosserr. — Hist. de la littér. allemando. 8

Église, aux nonetiote français et italiens, Mais Etre prin mérite, aux yeux de la critique modèrne, est de nous avoir € servé quelques débris de tradition populaire. C’est aussi l'inf

qui s'attache à ces recueils de proverbes qui s'élevèrent presqui au XvIe siècle, à la hauteur d’un genre littéraire. L'un des mei

leurs est celui de Jean Agricola, d’Eisleben {. Chaque proverk

est accompagné, chez lui, d’un commentaire, où l’on trouve tant de curieux renseignements sur les usages de l’époque, tantôt dt souvenirs de l'ancienne littérature allemande. Agricola voula rendre ses contemporains attentifs, comme il le dit dans sa pre face, à l'excellence de leur langue et à la sagesse de leu ancêtres, afin de les mettre en garde contre l'invasion des mœuw et des coutumes étrangères. Son livre est écrit sous une inspire tion patriotique; ce serait un ouvrage tout à fait scientifiques avait voulu remonter, plus souvent qu ‘il ne le fait, à l’origine de proverbes qu'il cite : il est vrai qu'un tel genre de recherch n’était ni dans ses goûts ni dans les habitudes de son temps à

ke FE 2 F1. ©

1. Sibenhundert und fünffsig teutsther Snichoëstes tlachoben 1534. — { édition comprend les deux recueils qu'Agricola avait publiés précédent 1529. mn.

2. Albert Dürer. — Il faut citer, à la suite des écrivains didactiques, le gr peintre de l'Allemagne, Albert Dürer. Le premier il essaya d'appliquer la. lang allemande à la théorie de l'art. Dans son livre Sur les Proportions human { Vier bücher von menschlicher Proportion, Nuremberg, 1528), il recommande, fidt à l'esprit de la Renaissance, l'étude du modèle vivant. « Ne t'imagine pas, à l'artiste, « que tu puisses faire mieux que Ja nature avec les énergies créa « que Dieu lui a communiquées ; car ta puissance est faible à côté de la cré « divine. » (« Nim dir nimer mer für, das du etwas besser mügest ode « machen, dann es Gott seiner erschaffnen natur zu würcken krañfft geb 1} « dann dein vermügen ist kratftlos gegen Gottes geschôüff. »)

Page 1