EGIDIUS TSCHUDI
De tous les chroniqueurs du xvr° siècle, celui qui mérite le plus tre appelé un historien, c’est Egidius Tschudi. Il termine la rie des chroniqueurs suisses de l’âge précédent, mais il leur est périeur pour l'étendue et l’impartialité du jugement. Né à Glaris, 1505, 1l fit ses premières études à Bâle, sous la direction du vant Glareanus; il se rendit ensuite à Paris. Il n’avait pas igt ans lorsqu'il composa son premier ouvrage, l'Antique Rhétie vine, où il discute déjà avec la sûreté d'un érudit las origines uleuses des populations helvétiques ?. Cet ouvrage, qu'il ne geait pas digne de l'impression, et qui fut publié à son insu son ami Sébastien Münster, attira sur lui l'attention de ses mpatriotes 3, Il prit part au gouvernement de sa ville natale, et ussit, par sa modération et sa fermeté, à prévenir la guerre ile, toujours prête à éclater. Il penchait pour le catholicisme,
e* Chronique de Séb. Franck (Chroniea, Zeitbuch und geschichtbidel von egin bis auf das Jahr 1531) parut à Strasbourg en 1531. Dans un ouvrage spé. Léur l'Allemagne (Chronica des gantzen Teuischen lands, Augsbourg, 1538), il tache surtout à combattre l'intervention des papes dans les affaires de l'Em- 8. La Géographie (Weltbuoch, spiegel und bildniss des gantzen erdbodens) fut mimée à Tubingue en 1534. — Séb. Franck traduisit en allemand l'Éloge de la ie d'Érasme ; ilest l'auteur d'un recueil de proverbes et de différents ouvrages actiques. — A consulter : H. Bischof, Sebastian Franck und die deutsche Ge. ichtschreibung, Tubingue, 1857; — C. A. Hase, Sebastian Franck von Würd, Schwarmgeist, Leipzig, 1869.
» Uralt alpisch Rhætia, Bâle, 1538. — Tata a gardé son dialecte suisse. astien Franck et Aventinus ont écrit en haut-allemand. La langue de Luther iposait de plus en plus à l'Allemagne littéraire, beaucoup d'exemples le proub; c'est ainsi que Thomas Katzow. en remaniant sa Chronique poméranienne, sord écrite en bas-allemand, la mit en haut-allemand.
“Sébastien Münster est lui-même l'auteur d'une Cosmographie (Bâle, 1544), qui vingt-quatre éditions dans l’espace d’un siècle, et ces fut traduite en latin, en L. et on italien,
590 LA RÉFORME. Fe. a
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/ £ à mais, comme homme d'Etat, il recommandaitsurtout la tolérat Exilé par le parti réformé, en 1562, il fut rappelé au bou deux ans, et put continuer à loisir Ses travaux historiques, pot lésquels il avait rassemblé beaucoup de documents. Il semble qt Tschudi ait été, avant tout, un chercheur infatigable, assez pt soucieux de sa renommée littéraire. Il mourut en 1572, laissa un grand nombre de manuscrits, dont une partie seulement 0 été publiés jusqu’à ce jour. Le plus important est une Chroniqi helvétique, qui s'étend jusqu'en 1570, et où la naïveté des vie récits s'allie, non sans charme, à l'esprit philosophique de (Renaissance !. Schiller, qui en a profité pour son Guillaume Te y trouve quelque chose de la bonhomie d'Hérodote et même la poésie d'Homère. Mais on y remarque aussi le coup d'œil moraliste et de l'homme d'État. Tschudi raisonne les événemen compare les époques, étudie le caractère des hommes et nations ; et aucune des qualités de l'historien ne lui manquera s'il avait su rompre la forme étroite de la chronique et appliqu à l'ensemble de ses travaux le soin scrupuleux qu'il portait s les détails ?. ‘4
1. Chronicon Helveticum: il en parut une édition incomplète à. Bâle, en | et 1736, en deux volumes in-folio; elle s'arrête à l’année 1470. Tr
2. Autobiographies. — Quelques autobiographies, dépourvues de valeur lit raire, peuvent être citées comme peintures naïves de l’époque. Celle de G& de Berlichingen, imprimée à Nuremberg en 1331, montre ce qu'il y avait enc de bravoure et de loyauté dans la chevalerie pillarde du xvi° siècle. — Ce de Barthélemy Sastrow, mort comme bourgmestre de Stralsund en 1603, prése un tableau souvent intéressant de la vie municipale de ce temps (éd. de Mobnic 3 vol., Groifswald, 1823; éd. modernisée par L. Grote, Halle, 1880; trad. francs par Éd. Fick, 2 vol., Genève, 1886; étude de Cherbuliez, dans les Profils étrangt Qe éd., Paris, 1889). — Un sellier de Saint-Gall, Jean Kessler, mort en 1674, d ses Heures de loisir ou Sabbata, nous renseigne sur l'histoire de la Réforme di sa ville natale (éd. de E. Gætzinger, Saint-Gall, 1878). — Enfin l'histoire u C valier silésien Hans de Schweinigen retrace la vie des dernières cours féo comme un singulier mélange de raffinement et de grossièreté (éd. de H. Œster Breslau, 1874; remaniement par E. Leistner, Leipzig, 1878). £ ‘2