GUNTHERS
L'école de Silésie échoua dans ses tentatives pour s'élèv grand art; elle resta à peu près stérile dans Île drame e tous les genres qui exigeñt une inspiration soutenue. Elle
trop à l'efficacité des règles et à la vertu dé limitations € voyait pas qu'il y a dans le fait même de l'originalité qu chose d'’inaliénable, que nulle copie ne saurait atteindre. elle s'épuisa vite, et ne fit bientôt plus que se répéter “H poète qui.aurait pu arrêter le déclin de l’école, Jean-Chi Günther, vécut trop peu pour avoir une influence. H é d'un pauvre médecin de la petite ville de Striegau en Silés -ami de son père le reçut dans sa maison à Schweidnitz et faire ses premières études. Il se rendit ensuite à Wittemb: Leipzig. Malheureusement, le jeune étudiant n'était ri * poète. Inhabile à toute œuvre pratique, il ne put même obtenir son diplôme de médecin. Un amour contrarié,. redit les tristes péripéties dans ses vers, et qu'il finit par À lui-même, fut la première source de ses disgrâces. Un ten
1. Daniel Caspers von Lohenstein Grossmäthiger Keldherr Arminius\ mann nebst seiner Durchlauchtigsten Thussnelda in einer sinnreichen Staatss und Helden-Geschichte in 2 Teilen vorgestellet, Leipzig, 1689-1690. — Une Hofmannswaldau, de Lohenstein et d'autres écrivains de la même écol donné par F. Bobertag, dans la collection : Deutiche National-Litter Kürschner. 7
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nt ardent, une humeur hautaine, la pauvreté et l'amour-propre ,/ issé, achevèrent de le perdre. Ses désordres lui fermèrent Maison paternelle, et il erra de ville en ville, offrant ses 5 sies de circonstance. Il mourut à léna en 1723: il n'avait que à gt-cinq ans !. On voit que la vie de Günther ne ressemble en une manière à celle de Lohenstein et de Hofmannswaldau. dis que ceux-ci cherchaient la: considération dans les fonctions iques et n'étaient poètes qu’en sous-ordre, Günther déclara bonne heure que la poésie était sa seule vocation. Il se protait déjà l'immortalité, et il disait que son ombre irait indre aux Champs-Élysées celle de Paul Fleming. Quels furent modèles? Il admire les anciens; les Italiens, sauf Pétrarque, Ü peu de son goût; il s'incline devant Boileau, Racine, ière. Les Allemands, dit-il, ont eu le tort de venir tard ; Opitz tle premier rang parmi eux; mais, à quelque école qu’on | artienne, l’essentiel sera toujours « d’avoir le dieu de la STE ésie dans sa poitrine». Ce fut là, au fond, sa poétique. Il tenait école de Silésie par sa naissance et par son éducation; il en + it même d’abord tous les errements, cherchant des lambeaux ithètes à la suite de Lohenstein, jusqu'à ce qu'il fût arrivé,
il, à se moquer de lui-même et de ses admirateurs, ét à ne wouloir étudier que son âme. Les poésies de Günther, qui mt, publiées après sa mort en trois recueils successifs de #4 1727, eurent de nombreuses éditions: mais sa supériorité ut vraiment reconnue qu'au xvure siècle. Gœthe le désigne ,/ me un poète dans toute la force du terme, ayant une vocation dée, de la sensibilité et de l'imagination, le don de l'expres- Fe, vive et appropriée, le sentiment de l'harmonie. Ce qu'il a 5 culte et de déréglé, ajoute Gœthe, est le défaut de son temps \ Gi irtout de son caractère; il ne sut pas dompter ses passions, x gaspilla sa vie avec son talent ?. Ce fut le malheur de l'école do lilésie de ne pas sentir assez le prix de l'originalité. Ses deux rains de génie, Fleming et Günther, restèrent isolés, et leur de in pour la théorie parut de l'impuissance aux contemporains. 5
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‘date qu'on assigne ordinairement à la naissance de Günther est le 8 avril % Cette date à été rectifiée par Tittmann : il faut lire 1698. Voir l'édition des ?# de Günther, publiée par Tittmann, avec une introduction: Leipzig, 1874. 4, avelle édition, par L. Fulda, dans la collection Kürschner. doésie et Vérité, livro VII.
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