‹ Histoire de la littérature allemandeChapitre 145 sur 534 · LOGAU. — LAUREMBERG. — MOSCHFROSON · texte numérisé non relu

LOGAU. — LAUREMBERG. — MOSCHFROSON

Frédéric de Logau, le principal auteur d'épigran première école de Silésie, montre bien les deux cou lesquels se partageait la littérature de son temps. Cow

sur d'Opitz, il devait s'exercer dans l'alexandrin, qui lui ssil rarement. Il est plus heureux dans le petit vers, la forme urelle de l’ancien proverbe, où la rime ne sert qu'à donner

MORALISTES ET SATIRIQUES

relief à la pensée. Logau à laissé un recueil de trois mille :

tences. Beaucoup de ces petites poésies expriment des vérités tales ou religieuses. Quelques-unes frappent par la concision Style : « Il est beau d'avoir des amis, il est triste d’avoir esoin d'eux. » D'autres sont des fables en abrégé : « Quand s grenouilles coassent dans l'ombre, il suffit d'approcher une unière pour les faire taire : la vérité ferme la bouche au ‘énsonge. » Parfois la sentence est une simple image : « Le ois de mai est un baiser que le ciel donne à la terre, afin ue, fiancée aujourd'hui, elle soit mère demain. » Tout le acilest empreint d'une morale ferme et saine. Logau ne se ne,pas à enseigner : il juge, il blâme, il attaque, et alors la tence devient une vraie épigramme : « Luthériens, papistes, ilWinistes : je vois trois Églises devant moi : mais je ne sais où ouver le christianisme. » Il déplore la guerre qui a divisé lemagne et l’a jetée aux pieds de l'étranger. Il s'élève contre

1ontre le ridicule des seigneurs et des dames qui semblent s,.dit-il, de porter la livrée de la France.

ebon sens populaire, qui inspira les meilleurs épigrammes Sogau, s'exprime avec plus d'énergie encore dans les quatre tes,en dialecte bas-allemand de Jean Lauremberg, et dans satires en prose mêlée de vers de Jean-Michel Moscherosch. éà Rostock en 1590, Jean Lauremberg enseigna successivebles mathématiques et la poétique à l’université de cette Mälbpassa plus tard à l'académie de Soroé en Danemark, où 1oUrut en 1658. Lauremberg est un adversaire déclaré de He d'Opitz. 11 se plaint du grand nombre de poètes dont lemagne est affligée. Un étudiant sait à peine lire et écrire, l veut faire des vers. Un homme ne peut naître, se marier, Logau n'eut que le tort de ne pas faire un choix parmi ses trois mille sen- 's (le nombre total, avec les suppléments, est même de 3593) : c'est ce qui que pourquoi, sans être oublié, il fut négligé dans la suite. Lessing ramena ation Sur lui, par une édition choisie de ses œuvres qu'il publia en commun Ramler (Leipzig, 1759; comparer les Lettres sur la littérature, 36° et 43), — on de G. Eitner : FÆriedrichs von Logau sämtliche Sinngedichte, Stuttgart, Bi par le même; Leipzig, 1870. — Nouveau choix par Erich Hartleben :

ubüchilein, Munich, 1904. — Logau passa la plus grande partie de sa vie à B1Lest né à Brockut, on 1604; il mourut à Leignitz, en 1655, tr |

nanie de limitation, qui a passé Jusque dans le costume, et.

256 | L'IMITATION FRANÇAÏSE, mourir, sans exciter la verve d’une douzaine de rimail / Lui aussi, dans 8a jeunesse; a voulu entrer dans le groupe, . « poètes à la mode »; maisil aeupeu de succès, dit-il, parce qu

pouvait le comprendre sans commentaire. Lauremberg re)

toutes les règles de la poétique nouvelle, sans en excepter nl

les plus raisonnables. On me blâme, dit-il, de ce que meswi

sont tantôt trop longs, tantôt trop Courts; mais aucun édit ro

v’a encore fixé la longueur que doivent avoir les vers alleman

ce Quel homme est qualifié, ajuute-t-il, pour nous astreindre à

: nombre déterminé de syllabes, comme on attache un chier une chaîne? Lauremberg déclare qu'il n'écrira qu'en bas-al mand, parce que c'est sa langue maternelle, et que le hauf-al mand change trois fois dans l’espace d'un siècle. En généra veut qu'un homme soit tel que la naturé l'a fait. Il lui s , que le débordement des modes étrangères va submerger >: reste du vieil esprit germanique. Lorsqu'on entend parl : Allemand, sait-on à quelle nation, à quelle ‘classe il & tient? Un palefrenier s'appelle monsieur, et un baron S! d’être appelé ainsi, parce que le mot est français. On. | s'empêcher de reconnaître la justesse des critiques de L à berg; mais cet éloquent plaidoyer pour la cause nationale pt - de son prix, élant exprimé dans une langue qui n'était pa de la majorité des lecteurs !. 2 LEE | DFE

* Moscherosch écrivit surtout en prose, soit par haine dela) sification savante, soit par crainte de gêner le mouvement Ca cieux de sa pensée. Il faut avouer que ses vers sont médii Né en 1604, à Wilstædt, dans le comté de Hanau-Lichte non loin de Strasbourg, d’une famille originaire de l’Espa remplit des fonctions diplomatiques, administratives, fi

« lettres qu'un Allemand écrit à un Allemand en Allemagne. Un Fran « ainsi dans son pays, qu'on le couronnerait de chardons sur sa têt « l'Allemagne est ensorcelée; elle ne peut se vêtir, faire un pas, écrire. « sans singer la France. » — Originaire du pays de Toggenburg, en Su

s'était engagé dans une compagnie de hallebardiers recrutée ‘par l'É Saxe, Gcorge II. Il apprit ainsi à connaître l'Allemagne. Opitzien ave {| blamait le culte exclusif du maître. Ses épigrammes (Dichterische Ver in Teutschen und Lateinischen Aufschri[ten) parurent à Bâle en 1678.

MORALISTES ET BATIAIQUES, ? 287

iprès de différents seigneurs de l'Alsace et du Palatinat; il fut ngtemps greflier de la ville de Strasbourg. Il eut beaucoup à üffrir de la guerre. Il mourut à Worms, dans un voyage, en 69, au moment où il se disposait à vivre dans la retraite et à “consacrer entièrement aux lettres. Il était membre de la iété fructifère, sous le nom du Réveur. Il à écrit un assez ‘and nombre d'ouvrages en allemand-et en latin. S'il marque core aujourd'hui-parmi les écrivains de son temps, c’est par les isions singulières et véridiques de Philander de Sittewald'. Le odèle de Moscherosch est le satirique espagnol Quevedo. Les pt premières visions ne sont guère que des traductions libres. une des plus remarquables, les Fils de l'Enfer, est la reproducon des Écuries de’ Pluton de Quevedo; c'est un voyage aux imbres demeures, où le poète nous fait assister à un défilé qui ppelle celui de la Nef des Fous de Brandt. Mais le ton est plus cisif, et cé sont les hautes classes qui, dans Moscherosch, forent la principale clientèle du démon : c'étaient eiies qu'il renuit.surtout responsables de la décadence de l’Allemagne. Les pt dernières visions ont plus d'originalité. Celle qui a pour tre la Danse à la mode fait sentir le ridicule des mœurs et des Stumes d'emprunt. Les idées sont les mêmes que chez Logau “chez Lauremberg; mais ce qui appartient en propre à Moschesch, c’est le cadre fantastique du sujet. Le poète nous transporte: 1Château de Geroldseck, qui couronne un des pittoresques somets des Vosges. Les ombres des anciens héros lui apparaissent Lmilieu des ruines. Il est reçu, à l'entrée, par Arioviste, qui, yant sa mise, sa barbe frisée, sa longue perruque, le bretid ur un Français. Cité devant un tribunal, il faut qu'il prouve sa

ationalité, et on lui rend la liberté, à la condition expresse qu’il.

aittera le costume étranger et qu’il ne parlera plus que la pure

ngue allemande.

| 0e téméraire d'affirmer que Moscherosch ait tenu fidèle- {ent sa promesse. Il s’accuse quelque part d'avoir écrit lui-même style à la mode, parce que c'était le seul moyen de se faire te La pureté qu'il exige d’un auteur allemand ne se rencontre uedans ses dernières Visions. Ce qui est certain, c’est que la

“Wunderliche und warhafftige Gesichte Philanders von Siltewald, Strasbourg, — Nouvelle édition de F. Bobertag, dans la collection : Deutsche Nationaltéeratur, de Kürschner. — Sittewald est un anagramme de RCE Phi nier devait être la traduction de Jean.

RQ.

l'Euns

=. «scolaires exerce son empire, ubi plus nocet quum docét,

protestation de Moscherosch contre por de mœurs fré çaises ERA sans effet. Il n'eut méme pas tout le succès, t

tisme ét: son talent. Le vrai sa raus de lente, aux yet des contemporains, ce n’était ni Moscherosch, ni Lauremb@ c'était un recteur de Schleswig, Joachim Rachel, écrivain correct froid, terne et diffus. Rachel dit expressément qu'on ne saura être poète sans érudition. Ses modèles sont Perse et Juvéna mais il ne fait que les délayer et les affadir. Ce qui domine che ‘lui, c’est le ton abstrait, sèchement didactique. Ses huit satire peintures générales de l'humanité, n’offrent aucun intérêt pot l'histoire des mœurs. Mais il avait l'approbation des maïîtres. une réputation de science, qui lui procurèrent des lies ju qu'au Lip du siècle suivantt.

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