‹ Histoire de la littérature allemandeChapitre 148 sur 534 · LE ROMAN SENTIMENTAL. | re · texte numérisé non relu

LE ROMAN SENTIMENTAL. | re

Un des genres littéraires que les satiriques poursuivaient de lrS sarcasmes, ce sont ces longs récits dont le moindre défaut it linvraisemblance, et qui, comme aux beaux temps de k« dalité, défrayaient les loisirs de la société étégante. La grande jue de l’Amadis était passée dans le reste de l'Europe, qu'elle rait encore en Allemagne. C'était la dernière forme de la érature chevaleresque, où la chevalerie n’était plus qu’un finement de galanterie, et qui devait aboutir, par une série transformations, au roman sentimental du xvue siècle.

WAmadis avait pris la place de ces petits contes en prose et en S0Ùù la verve bourgeoise du xv° siècle s'était déployée avec 1td'originalité. On en avait fait une sorte de guide du bon ton du beau langage. On en extrayait des lettres et des discours: on l'admirait d'autant plus qu'on lui attribuait une origine nçaise !. C'était surtout la lecture des femmes. Brantôme avait

Mlfaudrait dire Amadis de Galles, et non de Gaule. La plupart des localités otent clairement une origine galloise. Il est vrai que c’est sustout par la sion française d'Herberay des Essarts (Paris, 1540-1548) que le roman s’est andu en Europe. La première traduction allemande de l'Amadis parut à Francrsur-le-Mein, en 1583. Dix ans après fut publié à Strasbourg un Arsenal (le ‘ours; lettres et dialogues, tirés de l'Amadis. |

Rd «2

1619). — De l'italien : Dianea, de Lorcdano, par Harsdærffer (Nuremberg

L'Tr l'ATION FRANÇAISE.

déjà dit qu'il aurait voulu avoir autant de centaines d' nm. « y avait eu de belles, tant du monde que religieuses, q « lecture d’Amadis avait perdues ». Méschos in à l’au une place dans l'enfer, au milieu des procureurs, des avocats les gens de dangereuse parole. Logau dit que de tels livres*so

plutôt faits pour exercer la langue que. l'esprit; il préfère vieilles chansons, chasies dans leur naïveté, « que les jeun « filles répétaient avant qu’elles eussent appris la courtoisie no « velle, quand leur entretien portait encore sur. l'économ « domestique et non sur les promesses fallacieuses des hommes

Mais l'adversaire le plus acharné d’Amadis fut un prédicateurx la cour de Brunswick, André-Henri Bucholtz, qui, pour bann plus sûrement le « livre impudent », pour one des mai de tous les lecteurs et de toutes les les composa lui-mên deux longs romans, dont les sujets étaient empruntés à la trac tion germanjque ; c'étaient l'Histoire merveilleuse du prince chréti et allemand Hercules et de la princesse royale de Bohême Valiska, la suite : l'Histoire gracieuse et merveilleuse des princes chrétiei Herculiscus ef Herculadisla et de leurs sérénissimes compagnons !,

Bucholtz prenait pour modèle Lohenstein, l’auteur d’ Armini et Thusnelda. Il pouvait avoir raison, lorsqu’ il. relevait les ext vagances de lAmadis; mais ses propres romans, aussi invraisen blables qu'Amadis, et plus ennuyeux, lui donnèrent tort. No seulement Amadis continua san règne, mais: il amena tout cortège des héros français, anglais, espagnols, italiens, qui s'in

piraient du même esprit de galanterie et d'aventure. L'Astr

d'Honoré d'Urfé, la Clélie de Mile de Scudéry, la Diane de Mont mayor, Yéresdie de Sidney, pour ne parler que des principau de ces romans, furent traduits en allemand ?; et l’on compo

1. Des Christlichen Teutschen Gross-Fürsten Herkules und der Éshitiachal Q lichen Fräulein Valiska Wunder-Geschichte, etc., 2 parties; Brunswick 1659- At 6 — Der Christlichen Küniglichen Fürsten Herlutisieut und Herkuladisla auch Il Hochfürstlichen Gesellschaft anmuhtige Wundergeschichte, etc. ; Bron LA

Page 1