‹ Histoire de la littérature allemandeChapitre 164 sur 534 · HALLER ET HAGEDORN · texte numérisé non relu

HALLER ET HAGEDORN

Ce qui prouve que le moment de la maturité était venu pe la littérature allemande, c’est qu'il se trouva des homme : sans se préoccuper d'aucun système, furent poètes en suiva

penchant de leur nature. Laissant les critiques disserter su conditions de l’art, ils écrivirent simplement comme ils senta et la langue, façonnée par un travail de deux siècles, leur souvent des tours inattendus et des expressions heureuses

Albert de Haller, l’un des écrivains les plus remarquab

groupe qui précéda immédiatement Klopstock et Lessing un esprit vigoureux, doué de facultés multiples. Il avait « sensibilité et de l'imagination, et il était possédé d’une im: curiosité. Rien ne lui manquait que l'unité, cette force d centralion qui dirige toute l’activité de l’âme vers un m

Haller est né à Berne, en 1708. Les deux côtés de sa nättl montrent dès son enfance, et se développent simultané

ra

à / composé un poème patriotique de quatre mille vers, à lim de Virgile, sans compter de petites poésies; il brüla plust

sais. Il étudia la médecine à Tubingue et à Leyde, ensuite il ita Londres et Paris. Un emploi qu’il obtint à la bibliothèque sa ville natale lui permit d'étendre son savoir. A la fondation Puniversité de Gœttingue, en 1736, il fut appelé à la chaire matomie, de chirurgie et de botanique. Il écrivit alors ses illeures poésies lyriques et descriptives, tout en fournissant k Annonces de Gættingue ! une quantité d'articles scientifiques les matières les plus diverses. Il fut nommé membre du and Conseil de Berne en 1753, et mourut en 1777. Les contemrains de Haller énumèrent avec complaisance le grand nombre sciences qui lui étaient familières. Aussi n'est-ce point le idqui lui manque. Les idées, les images surabondent dans écrits, qui offrent sous ce rapport un contraste frappant avec vers vides et polis des disciples de Gottsched. Il à, de plus, sentiment de la nature, et ses peintures ont la précision de chose vue. Mais l'expression est souvent heurtée et embarsée: À la nécessité de grouper les idées et de dégager l’impresgénérale se joint, pour Haller, la difficulté de s’ exprimer en allemand. Un siècle plus tôt, il aurait écrit en dialecte sse, et il aurait été Hbirallement éloquent. Mais, au temps Gottsched, ce fut un préjugé de plus en plus accrédité, et @G@the se plaint encore, que le dialecte bas-saxon se ra p- Chait le plus de la langue ttébatre: Haller corrigea ses poéd'édition en édition, pour les ramener à ce type. La frai- ‘ur de l'impression, lé vivacité de l'élan, se perdirent dans ont du style. Mais, malgré la dureté des vers et la minutie des criptions, Haller eut une influence heureuse. 11 montra avant d'écrire il fallait penser : règle trop négligée par les mMmairiens qui donnaient alors le ton à la littérature ?.

laller nous donne d’intéressants détails sur lui-même dans : lettre où il se compare à Hagedorn. « Tous les deux, » dit-il,

ous fûmes poètes de bonne heure : Je fis, avant ma quinzième inée, une quantité innombrable de vers, imitant tantôt Brockes, mtôt Lohenstein, tantôt tel ou tel poète saxon. Tous les deux ge : avions plus A goût que de génie. Mon ami refondit ses

Gb Gelehrte Anceigen.

Editions. — La première édition des poésies de Haller ( Versuch schweicerischer

€ parut à Berne, en 1732. Dix autres furent publiées du vivant de l'auditions modernes de L. Hirzel (Frauenfeld, 1882) et de Frey (dans la

€ ction : Deutsche ai re a de Kürschner).

poèmes épiques ete Je n'en laissai aucune trace pot «mais, malheureusement, je ne fus pas assez scrupuleux «supprimer tout ce qui méritait de l'être. Un auditeur « CRI prit eope ge quelques-unes de mes DoÉSIe

« déplaisir. Dopa ce temps, mon goût a continué de se forme «sans que mon génie ait grandi. J'ai toujours aperçu, au.dek

« J'avais visitée avant lui. Ce voyage eut sur nous une gra «influence : nous apprimes que l’on pouvait dire en peu dem «beaucoup plus de choses que les Allemands n'avaient réu ssi

«en exprimer jusque-là; nous comprimes aussi que des pe

« philosophiques Rite se rendre en vers, et nous arri «à une force d'expression pour laquelle nous n'avions pointd « modèle. Hagedorn fit des vers jusqu'à sa fin prématurée m « carrière poétique a été encore plus courte que la sienne cë 5e « trouve à peine, dans mon recutil de poésies, quatre pag : « soient postérieures à l’année 1748. Nous nous sommes. e « l’un et l’autre à l’âge où la nature cesse de parler, et où « gination fatiguée ne peut plus embellir la raison. » Frédéric de Hagedorn mena une vie paisible et mono Hambourg, sa ville natale, où il mourut en 1754, à l’âge d rante-sept ans. Il connut, dans sa jeunesse, Wernicke et Broc qui eurent de l'influence sur lui. Il fut pendant deux ans taire particulier de l'ambassadeur danois à Londres, et ilen “our étudier les poèmes didactiques de Pope, dore il fit quelques imitations malheureuses. Les premières poési publia, en 1729, ne dénotaient encore qu'un disciple attan Lohenstein. Mais déjà son goût se formait à l’école des amci au contact des littératures étrangères. Il se mit à étudier la et la prosodie, et il s’efforça de donner à ses vers un x facile et harmonieux. Wieland l'appelle le plus limé des allemands. Hagedorn réussit, en effet, par un travail de re , opiniâtre, à produire quelques poésies légères, supérieure: l'agrément du style, à tout ce que l'on connaissait alors comparé à Horace, à La Fontaine. Il pratiqua, autant pu A vie bourgeoise le comportait, l’épicurisme discret du pre

runta au A ttes so de fables : il approcha souit de ses modèles, sans jamais les étendre, La Grâce, qu'il Oquait comme sa muse de prédilection, ne répondit pas touxs à son appel; mais il a de la gaieté, du naturel, une langue gante et souple, qualités rares au temps où il parut, et qui, idant quelques générations, lui donnèrent presque l'autorité n maître.

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