GLEIM ET LES POËTES ANACRÉONTIQUES
influence de Hagedorn se fit particulièrement sentir dans un it groupe qu'on a trop pompeusement décoré du nom d'école Halle. Trois jeunes gens, Gleim, Uz ef Gœtz, se rencontrèrent, Slannée 1740, à l’université de cette ville. Un même goût la poésie ancienne les rapprocha; ils traduisirent ensemble acréon. Leurs études finies, une correspondance assidue ienta leur amitié. Ils continuèrent à défendre les mêmes prines, tout en développant chacun leur originalité. Ils cherchèta donner à la langue un tour net et élégant, à proscrire la lesse, Venflure, le pédantisme. Plus tard, sans se mettre en position avec Klopstock, ils corrigèrent par-leur exemple quelesunes des exagérations que le maître ne sut pas éviter et où ntraina ses disciples.
éan-Nicolas Gætz fut celui des trois qui resta le plus fidèle à Wprémier culte : il fut toute sa vie un anacréontique pur. Né Vorms, en 1721, il retourna dans le Palatinat, après avoir été 1% ans précepteur à Emden. Il accompagna deux jeunes genhommes qui servaient comme officiers dans l’armée française,
il devint aumônier du régiment Royal-Allemand. Il était à Metz and le roi. Louis XV y tomba malade ; il connut Voltaire à Luné- @Gætz était passé maître dans les petits genres, rondeaux,
drigaux, triolets. Ses œuvres furent publiées en 1785, quatre
s après sa mort, par Ramler ?. C’est à lui, dit-on, que Frédéric Il
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Éditions. — Les Odes et Chansons de Hagedorn (Sammlung Neuer Oden und ler, 2 parties, Hambourg, 1742-1744) furent aussitôt mises en musique, et lques- unes sont restées populaires. La première édition complète de ses œuvres La ibliée après sa mort; 3 vol., Hambourg, 1757. — Édition complète, avec iographie et un choix de lettres, par Eschenburg; 5 vol., Hambourg, 1800. Jn Choix, par Fr. Muncker : Anakreontiker und pr eussich-natribtische Lyriker 1 la collection Kürschner).
mVermischie Gedichie, 3 vol., Manheim, 1785. — Ramler, selon son habitude,
poète ln qui sût parler une langue mA: à
N'en déplaise au grand roi, Jean-Pierre Uz n'avait pas d'harmonie dans le style, etil avait plus d'imagination et de ver Il passa la plus grande partie de sa vie dans la ville d'An
L en Franconie, où il était n6 (1720). Il fut d’abord simple assts & de justice. Mais le margrave Alexandre, ayant reçu dans un voya he, en Italie un accueil particulièrement fléttieur du pape Clément
fut grandement étonné d'apprendre qu'il devait cette faveur réputation du poète Uz, qui vivait à sa cour. Il lui offrit, à retour, la charge de directeur du tribunal, avec le titre de seiller privé. Uz accepta la charge, et déclina le titre. IL im en 1796, âgé de soixantesseize ans. Il garda, jusque dans si nières années, les habitudes de correction et d'élégance. avait contractées dans sa jeunesse. Mais, dans l'intervalle, il à passé d’Anacréon à Horace, et il s'était même inspiré dé Por de. Klopstock. Dans sa Théodicée ?, où il essaya de formule | vers les principes de Leibnitz, il sut exprimer parfois de h 4 vérités dans un style plein d’ éd Tout en chantant la g . Frédéric, il ue manqua pas d'insister sur les bienfaits de «Têtes couronnées, »s’écrie-t-il dans une ode, « voyez com « exploits font notre bonheur! Lorsque, enivrés d’héroïsmeet : « riants d'orgueil, vous contemplez vos drapeaux conquis, qu = « comptez-vous aussi le nombre de vos sujets immolés?» UD à soutenir une grande querelle littéraire. Dans un poème comique intitulé 4 Victoire du dieu d'amour ?, iFs’était mo écrivains qui célébraientla religion et la morale en vers am Des pamphlets presque injurieux s’élevèrent contre lui d parts; l’un d'eux avait pour auteur le jeune Wieland. Uz rép ‘e par une épître assez spirituelle adressée à Gleim, où il mot > selon son expression, que le poète ne doit pas seulement mais instruire avec grâce #.
Gleim fut l’écrivain le plus important de l’école, moins
« corrigea » le texte qu'il éditait. Le texte original a été rétabli Ft Schüddekopf (Stuttgart, 1893). — Schüddekopf a PUbiE aussi : Br es an à un Gœtz, Wolfenbüttel, 1893.
1. Voir : De la littérature allemande, édit. de L. Geiger, introduction p. 2. Theodicee, dans Lyrische und andere Gedichte, Anspach, 1755. 3. Der Sieg des Liebesgoites, Leipzig, 1753.
4. Éditions : Poetische Werke, 2 vol., Vienne, 1804; nouv. éd. par A Heilbronn,1890.— A consulter : Potzot, Joh. Peter Us, 1896.
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ur de ses. ouvrages que par son influence personnelle, par un inct qui le portait à chercher partout et à seconder le talent. n possession d'un emploi obscur, mais lucratif, habitant une Ile heureusement située, pas trop grande, animée par une cerine activité militaire, civile et littéraire, d'où se répanuens les venus d’une grande et riche insfithtion: non sans qu'une partie ces revenus demeurât pour la prospérité de la ville, Gleim ntaiten lui une vive et féconde impulsion, qui, tout énergique velle était, ne suffisait pas à le satisfaire; c’est pourquoi il D donnait à à une autre impulsion plus ose peut-être, Ile d’exciter les autres à à produire. Ces deux genres d'activité ntremêlèrent sans interruption pendant sa longue carrière. I] serait aussi peu passé de faire des vers et des largesses que respirer; et, en tirant de la gêne des talents nécessiteux de ute sorte, soit à leurs débuts, soit à l’âge du déclin, en soutenf ainsi l'honneur des lettres, il se fit tant d'amis, de débiurs et de clients, qu’on lui pardonnait volontiers sa poésie ffuse : n'était-ce pas le seul moyen de lui rendre ses riches enfaits que de supporter ses vers 1? »
éà Ermsleben, dans la principauté de Halberstadt, en 88 mit ses études, à Halle; il vécut ensuite quelques années à in et à Potsdam, et Mine à Halberstadt, où il fut secrétaire häpitre de la cathédrale et chanoine de Walbeck? Il connut re la grande période de la littérature allemande, et visita la sde Weimar ; il mourut en 1803. Il est à peine un grand nom époque qui ne figure dans sa correspondance ; et beaucoup es correspondants étaient ses obligés. Il recevait les jeunes ‘es dans sa maison, leur procurait des emplois, les suivait sleur carrière. Aussi tolérant qu'il était généreux, admettant wles genres d'originalité, plus sensible aux beautés qu'aux uts, il ne voulait avoir que des amis et point de disciples. seulement il n’exerçait aucune contrainte sur ceux dont il égeait les débuts, mais, pour peu que les relations dur assent,
blui qui devenait l'imitateur. Il avait au plus haut degré le
dél'admiration; il était même porté à surfaire les contemuns; mais il sai aussi ses grands modèles dans le passé, Il Bfra tour à tour d'Anacréon, de Pétrarque, de La Fontaine. Il ya d être original en slévifhanit Frédéric 11; mais ses Chants
Jathe, Poésie et Vérité, liv. X.
a . FA LITTÉRATURE CLASSIQU
ce V d'un Grenier sans être dé: nt de valeur, cu u . mérite de l'actualité. C'est dans la fable et dans la je e ni, V qu il réussit le mieux !. |
des . jeunes amis de Gleim, Jean-George Jacobi, le tr philosophe: Né à Dusseldorf, en 1740, George Jacobi fit ses é
à Gœttingue, et enseigna quelque temps à Halle. Glerm lui cura un bénéfice à Halberstadt. Plus tard, il fut professet belles-lettres à Fribourg-en-Brisgau, où il mourut em C'était un homme d’un sentiment profond et délicat. La” dé pour lui, était plus qu'un jeu de limagination: Il quitta. à fait le style mythologique dans lequel écrivaient ses”am lorsqu'il se trouva en relations avec Gæthe, et il fit alors ques poésies d'une grâce touchante et simple, parfois même ton austère et mélancolique. Jacobi marque, par ses ; avec Gleim et avec Gœthe, la transition entre deux pério tient de la première par son éducation ; il était digne, p qualités de son cœur et de son esprit, d’ one à la à seco