‹ Histoire de la littérature allemandeChapitre 175 sur 534 · ZE : N · texte numérisé non relu

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l'Orgueil national, qui frappa, malgré la forme décousue, par la nouveauté du sujet et l'originalité des observations !.

Un esprit plus ferme et plus net fut Justus Mæser, né à Osnabrück en 1720, mort en 1794. Mæser prit part au gouvernement de sa ville natale. Un voyage à Londres lui fit connaître et admirer

le développement régulier des libertés anglaises. Les nombreux.

articles qu'il publia durant sa carrière politique furent recueillis

par sa fille, Mme de Voïigt, sous le titre de Fantaisies patriotiques?,

Son principal ouvrage, une Histoire d'Osnabrück, qui l'occupa toute sa vies et dont le dernier volume ne parut qu'après sa mort, offre un intérêt qui dépasse de beaucoup les limites étroites du sujet. « Tandis qu'on reprochait à l’Empire d'Allemagne, » dit Gœthe, « le morcellement, l'anarchie et l'impuissance, le grand “nombre des petits États paraissait justement, au point de vue «de Mœser, ce qu'il y avait de plus désirable pour le développement de la culture particulière, selon les besoins qui résul-

@laient de la situation-et de la nature des diverses provinces. Et :

@quand, sortant des limites de la ville et de l'évêché d'Osnabrück, et s'étendant sur le cercle de Westphalie, Mæser montrait les ‘rapports de cette région avec tout l'Empire, et que, dans l'examen de la situation actuelle, expliquant le présent par le @passé, il montrait par là même avec la plus grande clarté si un changement était digne d’éloge ou de blâme : un admi- @nistrateur, quel qu'il fût, n'avait qu'à procéder de même dans «son ressort, pour connaître parfaitement la constitution de son pays, les liens qui l’unissaient au voisinage immédiat et à l’en- «semble, et pour juger à la fois le présent et l'avenir ? ».

.Mæser, en effet, sait dégager la portée philosophique des évé-

1. Éditions. — Betrachtungen über die Einsamkeit, Zurich, 1756; — Von der Einsamheit, Leipzig, 1773; — Von dem Nationalstolzse, Zurich, 1758; nouv. éd., avec une introduction, par R. Weber, Aarau, 1884. — Jean-George Zimmermann, né à Brugg, dans le canton d'Argovie, en 1728, mort en 1795, d'abord médecin dans sa ville natale, plus tard attaché à la personne du roi de Hanovre, fut en rapport avec Catherine II de Russie, qui l’anoblit, et avec Frédéric II, qui l’appela auprès de lui dans Sa dernière maladie. Des ambitions déçues et un penchant inné à la mélancolie assombrirent sa vieillesse. — Le livre Le la solitude a été traduit en français par Mercier (1790) et par Jourdan (1895). — A consulter : Bodemann, Johann Georg Zimmermann, Hanovre, 1878; — Ischer, J. G. Zimmermanns Leben und Werke, Berne, 1893.

7: Patriotische Phantasien, 4 vol., Berlin, 1774-1778 ; nouvelle édition, par Zëllner, Leipzig, 1871, — Sümtliche Werke, 8 vol., Berlin et Stettin, 1798 ; nouvelle édition,

"parAbeken, 10 vol., Berlin, 1842-1843. — A consulter : F Kreyssig, Justus Mæser, Berlin, 1857. s ip 8. Poésie et Vérité, livre XV. Voir aussi la fin du XIII° livre,

nements. Son dessein, dit-il, est de faire l’histoire de la nat OI et non des souverains, qui ne sont que les « serviteurs de là « nation ». Il pense que le meilleur moyen d'élever l'esprit publi est d'intéresser les citoyens au gouvèrnement. Le principe fon damental de sa politique est la nécessité d'un développement

organique dans les institutions et les lois. Toute brusque inno=

‘quées. Le procès, qui fit beaucoup de bruit, fut abandonné en 1790; il avait

du despotisme des cours, surtout des petites cours, qui fait l'intérêt des Vérités

vation, toute importation du dehors, même bonne en elle-même, lui paraît dangereuse. C'est à ce point de vue que Mæser combattit la Révolution française, non qu’il fût ennemi de la liberté, mais parce qu'il se défiait d’une liberté imposée, ou seulement prématurée. Nous retrouverons plus tard, chez Gœæthe, chez Fichte, chez Guillaume de Humboldt, ces idées sur l’évolution nationale, qui s’opposèrent à la propagande révolutionnaire {. .

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