‹ Histoire de la littérature allemandeChapitre 203 sur 534 · VIE ET CARACTÈRE DE KANT. — SES PREMIERS ÉC · texte numérisé non relu

VIE ET CARACTÈRE DE KANT. — SES PREMIERS ÉC

de onze enfants. Son -père paternel était d’ origine éco Cette origine at-elle mine en quelque manière, comme ( l'influence, si elle a existé, s’est fort atténuée à de d générations, et la philosophie de Kant est bien, par toi caractères, une philosophie allemande. Kant avait neu

vto quel se Joignirent bientôt Rousseau et les Rates ais. Le scepticisme de Hume le détacha de la philosophie 1 cole. Ses: études terminées, la nécessité de vivre lui fit epter des fonctions de précepteur dans plusieurs familles. ; 2 il se fit recevoir maître ès arts, et il se voua désormais

seignement public. Il professa successivement sur toutes.

2: qu'embrassait la faculté philosophique, les mathétiques, la physique, la logique, la morale, même l’art des ifications et la pyrotechnie. Ce n’est qu'en 1770 qu'il fut nmé titulaire de la chaire qu'il occupa Jusqu'en 1797. Il fut mentanément inquiété dans sa liberté sous le gouvernement solu et dévot de Frédéric-Guillaume f1: il dut même promettre, is une lettre personnelle adressée au roi, de ne plus s’océr, ni dans sa châire ni dans ses écrits, de questions relises, tant qu’il serait le sujet de Sa Majesté”. L'administration iérale de Frédéric-Guillaume III le releva de son engait Sur son talent de professeur, nous avons les renseirm de plusieurs de ses élèves, notamment de Herder. int il était sec en écrivant, autant l mettait de chaleur et de viction dans sa parole. Réservant les déductions abstraites r ses livres, qu’il destinait aux savants, il cherchait surtout, es rar à stimuler la curiosité, à déterminer des voca- MOON Avertissement au public sur l'organisation de ses lecons ant le semestre d'hiver de 1765 à aie à une vraie valeur

mptions, et plus incurable que l'ignorance même. » 11 faut se #7 lex de leur RES croire que la science soit Res toute

F0 vécu que pour la philosophie, et l'on pourrait dire ï vécu Sa philosophie. Sans admettre comme vérité histo-

ir la préface de la ru des facultés (Der Streit der Facultäten, 1798). ulter : E. Fromm, Z. Kant und die preussische Censur, Hambourg et

udance bavarde des jeunes LME la ilHs aveugle des pré:

cette exactitude ponctuelle qui faisait dire à ses voisins qu'il

« quelque chose, on met tout en œuvre pour prouver |

« route battue. C’est là-dessus que je me fonde. Je me su

der Beweise, deren sich Herr von Leibniz und andere Mechaniker in dies

LA LITTÉRATURE. Ci SSIQUE

rique la légende qui s'est formée sur lui, sans prendré à la C

cinq heures et demie quand ils le voyaient sortir de chez s’acheminer vers l’Allée des Philosophes, on est frappé de Ja par! symétrie d’une existence où, à intervalles prévus, le travail Jour s’ajoutait au travail de ÿ veille et attendait le travail du demain. La vie de Kant offre l'exemple d’une conformité abs entre la conduite et la doctrine. Il s'était fait des maximes tout, et il les suivait simplement, sans affectation. Il mount 12 février 1804, et sa dernière parole. fut: Es ist qut, « c’est bie Cela voulait dire : « J’ai vécu comme j'ai voulu viyre 4» Lentement, par une sorte d'éclosion régulière et de -Croissa continue, sa philosophie s’éleva dans son esprit. On la voit poin dans ses premiers écrits, au temps où il se dégageait de l'influe de Leibniz et de Wolff. Les Pensées sur la véritable évalua on forces vives, qu'il publia en 1747 ?, et où il cherchait à concilie

fete RARE de Leibniz avec celle de Desie

ni et Fa en. un “éan qui est favoris « recherche de la vérité. Si l’on peut.se persuader qu’un Le « lui-même n’est pas infaillible et qu'on est soi- -même capab

« s’est point fait illusion. On a beau se tromper mille fois, « « plus de services à la science que si l’on se bornait à t

« tracé la voie où je veux marcher; je prendrai ma 7 «rien ne m'empêchera de la POUPEE Her

1. Éditions des œuvres. — Les œuvres complètes de Kant ont été pub Rosenkranz et Schubert (12 vol., Leipzig, 1838-1842), et, dans l'ordre gique, par Hartenstein (8 vol., Lalpries 1867-1869). — A consulter, sur philosophie : Paulsen, Z. Kant. sein Leben und seine Lehre, Stuttgart, Kuno Fischer, Geschichte der nueuern Philosophie, 34 et 4° vol. ; — Willm de la philosophie allemande depuis Kant jusqu'à Hegel, Paris, 1846-184 2° vol. — Sur l'influence de Kant, voir l'Histoire de la philosophie k forme le 12° volume de l'édition de Rosenkranz et Schubert,

2. Gedanken von der wahren Schätzung der lebendigen Kräfte und Be

sache bedient haben.

3, « Ich habe mir die Bahn schon vorgezeichnet, die ich halten All, « meinen [auf antreten, und nichts soll mich hindern ihn fortzuseizon.

14fis LA PHILOSOPHIE DE KANT.

atte noble confiance en lui-même lui inspira, quelques années ‘fard, un de ses ouvrages les mieux éerits,-celui peut-être donne le mieux l’idée de ce qu’il pouvait être dans son enseiment. Il a pour titre : Histoire universelle de lu nature et Théorie irale du ciel, où Essai sur la constitution et l'origine mécanique lnivers d'après les principes de Newton (1755) !. C'est un essai mécanique céleste fondée sur la physique. Newton n'avait )li que la loi des mouvements célestes : quant à l’origine de mouvements, il l'attribuait simplement à un acte de la volonté né, Kant pensa que la méthode qui avait servi à déterminer ystème du monde devait aussi en expliquer la formation, les #s qui conservent ne pouvant être différentes de celles qui ent. Il admet, à l’origine, une matière homogène, animée d’un uvement rotatoire, et se diversifiant par l'effet des germes ‘tivité qu'elle contient. IL montre le chaos Ss’organisant en üleuses, en soleils, en planètes, en satellites. Mais, en réalité, lé fait que reculer le problème devant lequel Newton s'était êté, et qui est insoluble en lui-même. La vie n’est ni un effet ne cause, c’est le fait permanent qu'il faut poser comme tel. reste, le livre est animé d’un beau souffle poétique; il nous èle un Kant jeune, différent de celui de la Critique de la raison e,et, dans certaines pages, il annonce, près d’un demi-siècle avance, les théories de Laplace.

es Sciences de la nature avaient été l’objet principal des prerStravaux de Kant: ces sciences l’attiraient par la rigueur de tSprocédés d'observation et d'analyse, à une époque où la l6Sophie de l’École cessait de le satisfaire, sans que son propre {ème fut encore bien arrêté dans son esprit. Pendant les années vantes, il se renferme de plus en plus dans le domaine philo- Hique proprement dit, et il se met en campagne contre la thode géométrique, qui procède par déduction logique, en passant du contrôle de l'expérience. Il explique, dans une de pages humoristiques qui parsèment ses écrits, qu'il y à deux dières de philosopher. L'une commence par le bas et remonte degré en degré : c’est la plus sage, mais elle se heurte par ments à des pourquoi, auxquels elle ne pent pas répondre. ir échapper à cet inconvénient, on à eu l'ingénieuse idée de

« LA

Alljémeine Naturgeschichte und Theorie des Himmels, oder Versuch von der lassung und den mechanischen Ursprunge des gansen Wellgchäudes, nach New= ichen Grundsätzen abgehandelt. :

dmelu on a “ee fait dévier habilement la ligne des tions, 1 manière à la faire aboutir à la conclusion prévue e d'avance, « comme un auteur de roman promène son bér « jusqu'au bout du monde, où, par le plus grand des hasa «elle rencontre son adorateur ». Ces mots sont tirés d’unof cule qui a pour titre : Réves d'un visionnaire expliqués pur

rêves de la métaphysique (1766) !, et qui est dirigé d’abord co Swedenborg et les partisans de la seconde vue, ensuite Co tous les visionnaires, même quand ils s'appellent des métaph ciéens, Kant cite cette parole d’Aristote : « Quand nous so « éveillés, nous vivons tous dans le même monde; mais « « nous rêvons, chacun a son monde à lui; » et il ajoute pourrait retourner la seconde proposition the e : « Qua «sicurs hommes construisent le monde chacun à sa façon « est permis de supposer qu'ils rêvent. » Est-ce à dire que métaphysique $oit vaine? Non, la métaphysique répont besoin de notre esprit, mais elle n’est féconde et légi dans la limite de nos moyens de connaître. « La métaphys dit Kant dans une des dernières pages de cet écrit, «la « physique, au culte de laquelle’ je suis voué par max « quoiqu elle ne m'ait encore donné que peu de marques « faveur, offre deux avantages. L'un est de répondre. ux

« tions que soulève notre esprit, lorsqu'il cherche à dé ‘ «au moyen de notre raison, les propriétés secrètes de « mais ici le résultat trompe trop souvent notre altent «avantage est plus approprié à la nature de lPinte « humaine; il consiste à nous assurer si le problème q «nous sommes posé n’esi pas en dehors des limites d «nous pouvons savoir, s’il est bien en rapport avec dl « que nous donne l'expérience et sur lesquelles tous à . «ments doivent se fonder. En ce sens, la métaphysi & science des limites de la raison humuine et comme

nr d 3 mporte plus de connaître et de maintenir ce qu'on possède que de courir aveuglément à des conquêtes nouvelles, cet avantage de la métaphysique est à la fois le plus précieux et celui qu’on apprend à estimer le plus tard. » Celle page contient tout le programme de la Critique de la ruison 1% Après 1766, si l’on excepte la thèse latine qu'il soutint bliquement à l'occasion de sa nominatiôn comme professeur ulaire®, Kant ne publia plus, jusqu’en 1781, que quelques ticles de peu d'importance. L'année 1781, où parut la Critique, dique une date dans l’histoire de la philosophie moderne et, rcontre-coup, dans l’histoire de la littérature allemande.

: PEAR EST

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