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L. Geiger, Aus Alt- Weimar, Berlin

4, Conversations d'Eckermann, 14 mars 1830.

| GŒTHE. ee 431.

nstance pour le retour des troupes prussiennes, et il donna théâtre de Berlin le Réveil d'Épiménide, une froide allégorie, se détachent cependant quelques belles strophes !,

3. — LA VIEILLESSE. — « LES AFFINITÉS ÉLECTIVES ». LE « DIVAN ORIENTAL-OCCIDENTAL ».

LE-

éhiller pensait, dans la suite de la lettre citée plus haut, » Gœthe, à la hauteur où il était parvenu, n'avait plus qu'à

jduire au jour les richesses de son esprit, sans chercher à les

menter. Il devra désormais, ajoutait-il, se donner tout entier d pratique poétique. Mais Gœthe n’a jamais conçu la poésie nme un exercice pratique; il n’estimait pas que sa connaisce du monde fût Jamais assez complète. Le poète, en lui, était 1blé d’un homme de science, et sa curiosité scientifique s'étentd tout. La poésie n’était que l'unité et, en quelque sorte, la icéntration suprême de sa vie. En même temps qu'il composait nont et Jphigénie, il faisait des découvertes dans l'anatomie nparée et dans la physiologie végétale. Il en a donné, à part ses tés spéciaux, de charmantes descriptions dans li Métamorse des plantes et dans lu Métamorphose des animaux, dans la ni ère surtout, où la minutie des détails ne fait que rendre Ssion générale plus vive et plus vraie. Il s’occupait de géo- Met de minéralogie, non en amateur, mais en chercheur ieux et assidu. Ses voyages en Suisse et en Italie, ses excursions Ses montagnes du Harz, ses visites aux mines d’Ilmenau, ses Jus prolongés à Carlsbad et à Teplitz, augmentaient sans cesse ecueil de ses notes et de ses renseignements. Ses études sur tique le conduisirent enfin à cette Théorie des couleurs qui gagea dans des discussions longues et acerbes, et qui contenait, gré des erreurs inévitables, des données précieuses pour l’art. stà l’art, en effet, qu’il revenait toujours; c'était le ressort de te son activité, le centre d'attraction de toutes ses pensées. ‘É penchant irrésistible à se diversifier, à se disperser sur le objets, était corrigé par un besoin non moins énergique aité. Dans ses études les plus spéciales, et en apparence les rides. rien n’était absolument perdu pour la littérature. Ce

oi un article de H. Morsch, Gœthes Festspiel, Des Epimenides Erwachen, le Gœthe-Jahrbuch, t. XIV.

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fut la chimie qui l’amena au plus original . ouvrages de sa vi lesse, aux Affinités électives. « Il paraît, » dit un article ano | dont l’auteur était Gœthe lui-même, « que ce titre est emprur « aux Sciences naturelles. L'écrivain sura remarqué qu'on a 0 « vent recours, dans ces sciences, à des métaphores tirées ï « monde moral, pour rendre sensible ce qui se dérobe à l'inv « tigation directs. L'idée lui est donc venue d'employer à «tour, dans des faits de l’ordre intellectuel, une allégorie, cl « mique, et de la faire remonter, pour ainsi dire, à son om dir « La nature est partout une et identique, et il est aisé de suivi « à travers les libres et clairs espaces qui constituent le domai « de la raison, les traces d’une sombre nécessité, qui nes pot « ront être or que par une main divine et dans une ex «tence supérieure !, » Cette fatalité, qui forme le fond obsc et inconscient de la vie humaine, ces attractions mystérieus qui règnent sur les âmes et les apparentent l’une à l’autre’ . blables aux forces aveugles qui entraînent les éléments, tel és sujet du roman; tel en est du moins le point de ne € l'idée générale serait restée une froide formule, si l'aute n'avait su la relever par une vive peinture des caractères Les Affinités électives tiennent donc aux études scientifiques Gœthe; mais on y reconnaît aussi l'application de ces « lois

gnées, « lois tellement divines que la divinité elle-même n° « rait rien changer », Gœthe Commencer alors à éyoquess

“ ment Fo. mais qui ne dispensera FR ÉpArtée "Le recourir, pour le détail biographique, à sa corresponda témoignage de ses contemporains?. L'Éthique de Spinosa restée pour lui « un asile ». La philosophie de la nature de. ling, à laquelle il trouvait le double mérite de la clarté. = Pt du lui en avait offert une forme rajeunie, € réfugia encore lorsque Frédéric- Henri Jacobi publia, en 1. Morgenblatt, 4 septembre 1809. * 2, Aus meinem Leben, Dichtung und Wahrheit. Édition de LÉ introduction (Berlin, Hempel). — Cet ouvrage, qu'on appelle communé Mémoires de Gœthe, fut publié en quatre parties, en 1811, 18129, 1814 Que certains faits se soient transposés dans la mémoire de l'écrivain même reporté sur sa jeunesse des idées qui ne lui sont venues où qui

arrêtées dans son esprit que plus tard, cela était inévitable. Voir, a cement du XVI: livre, les pages consacrées à Spinosa.

on livre Des choses divines. Jacobi défendait cette thèse que «la hature nous cache Dieu. » « Ne devais-je pas, » dit Gœthe, « avec Mon intuition pure et profonde, native et exercée, qui m'avait änstruit fidèlement à voir Dieu dans la nature et la nature en Dieu, tellement que cette idée faisait le fond de toute mon éxistence, ne devais-je pas, devant une assertion si étrange et sbbornée, me séparer intellectuellement et à jamais de l’homme excellent auquel m'’attachaient des sentiments de vénération et ‘de tendresse 7 »

“A mesure qu'il entrait dans la vieillesse, Gœthe se confirmait ans sa première philosophie, en y mêlant peut-être, au lieu de Mougueuse énergie d'autrefois, un esprit de renoncement et de icrifice que l’âge lui rendait plus facile. Le clair ciel du Midi avait attiré, au temps de sa maturité féconde; un intérêt à la ïssphilosophique et poétique portait maintenant son imaginaon vers l'Orient. « Cette religion mahométane, » dit-il dans une tre à Zelter du 11 mai 1820, « cette mythologie, ces mœurs, donnent carrière à un genre de poésie qui convient à môn âge.

Un abandon absolu à la volonté insondable de Dieu, une vue 5

Séreine de la vie mouvante d'ici-bas, qui dans sa spirale infinie revient toujours sur elle-même, l'amour, la sympathie oscillant entre deux mondes, toute réalité épurée et se résolvant en un Symbole : que faut-il de plus à un bon vieux père? » Il comosa, à l’imitation du Divan de Hafiz, que Hammer venait de trawire, un recueil de poésies, le Divan oriental-occidental, auquel

ajouta plus tard un développement littéraire, sous le titre de

f” . . r . | . FE * tes et Dissertations. Ces notes étaient destinées à mettre le.

ublic au courant de la religion et des mœurs de l'Orient; mais ISpoésies elles-mêmes avaient à peine besoin d’un commentaire. Ilemandes au fond, elles se rapprochaient des modèles orientux par les vives couleurs du style et par l'harmonie de la versitation. Mais ce que les contemporains furent le plus étonnés ? trouver dans le recueil, ce furent les strophes du Livre de ueika, une des dernières effusions lyriques du poète, et qui ne cédait en rien aux plus fraîches inspirations de sa jeunesse ?,

Annales, année 1811. — Il écrivit à Jacobi lui-même, le 6 janvier 1813 : « Un teuPsystème ne me suffit pas pour les directions multiples de mon être. Dans la poésie et dans l’art, je suis polythéiste; dans mes recherches sur la nature, je BUS panthéiste ; je suis l’un aussi résolument que l’autre; et quand, pour ma personnalité morale, j'ai besoin d'un Dieu, je ne suis pas embarrassé pour le trouver. »

On connaît depuis 1869, par un article de Herman Grimm, la personne qui

‘ Gœthe n’interrogeait pas seulement Orient; tout. ce qui se __ duisait, de près ou de loin, dans le domaine die sciences lettres, l’attirait, le captivait tour à tour. L'un des premie fit connaître à l'Allemagne les poèmes de lord Byron. M S Carlyle, Walter Scott, Manzoni trouvaient en lui un admirate ki un juge. Il suivit avec une attention sympathique le renouvelle ment littéraire de la France au temps de la Restauration. Mèrr

les tentatives qui se faisaient en opposition avec ses principes n lui inspiraient aucune animosité. Dans la revue intitulée VArt l'Antiquité, commencée en 1816, et qu’il continua jusqu ‘aa fin d sa vie, en 1832, il s’intéressa aux artistes et aux poètes de la jeun école mantiqués qui cherchaient à faire revivre les traditions d moyen âge; il rendit justice à leur talent, à leur sagacité critiqu tout en signalant ce que leurs œuvres lé semblaient contenir d maladif. Une curiosité toujours en éveil, une pensée attentive tout et prête à s emparer de tout, une sorte de gratitude pot tout ce qui contribuait à son propre développement, et avant une puissance d’assimilation incomparable, tels sont les

| dominants de la vieillesse de Gœthe. « Du point, » ditl,æ «avait plu à Dieu et à la nature de me placer, et où je meff DT « d'abord d’agir selon les circonstances, je portais partout «regards autour de moi,'et je suivais tous les efforts sérietb « persistants dont j'étais témoin. Je m'appliquais à les's « par mes études, mes travaux ‘particuliers, mes collectio «mes expériences. Je me préparais ainsi loyalement à pr « des résultats que je n'aurais jamais obtenus par moi: méêm «me rendais digne de m’'approprier, sans parti pris, san « lité, sans envie, dans sa fraicheur et sa nouveauté, ce « meilleurs esprits offraient au siècle. Mon chemin côtoy «sorte beaucoup de belles entreprises, et se réglait méêr “« quelques-unes. Le nouveau ne m'était jamais étranger, e « risquais pas de l’adopter par surprise ou de le FES p: « pect pour des préjugés surannés !. » :

Il s'imaginait volontiers que celte largeur d'esprit dev celle de tout x voulant laisser une trace durable di

inspira ces poésies et qui en composa même une partie. Voir : Gœthes B

sel mit Marianne von Willemer, herausyegeben von Philipp. Stein, Leipzi

Fa; __ Le Divan oriental-occidental, écrit en grande partie en 1815, parut en

» Édition de Burdach (6° et ® vol. des Œuvres, éd. de Weimar). — ni:

+. XVII du Gæthe-Jahrbuch.

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