‹ Histoire de la littérature allemandeChapitre 222 sur 534 · ERA · texte numérisé non relu

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GOŒTNE. | 437

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t étendu sur un fumier dans la cour, Le nom de Méphostol s, Celui qui n'aime pas la lumière, est assez maladroitement mé du grec, si toutefois cette étymologie est la vraie. L'épisode élène, le type de l’éternelle béauté, évoquée du sein des bres et rendus à la vie pour tromper les ardentes convoitises Faust, est une autre réminiscence classique bizarrement lée à la tradition chrétienne. Hélène donne le jour à un fils, (us Faustus, et, au moment de la mort du docteur, la mère et ils retombent dans le néant !.

d, légende a eté ensuite reprise et remaniée de diverses Mières dans le cours du xvie et du xvrre siècle; elle a passé France et en Angleterre; elle à inspiré la tragique histoire de lowe, qui, apportée en Allemagne par les comédiens anglais, devenue le type de la pièce de marionnettes, reproduite avec les, sortes de variantes, l’œuvre la plus remarquable, selon rock, qui existe sur le sujet, après le poème de Gæthe ©. isqu'ici le sens de. la légende ne varie pas : Faust est un )lté, égaré par son orgueil dans les voies de l'erreur et du vice, qui expie son péché dans les flammes éternelles. Mais tout

Mcoup, vers le milieu du xvui® siècle, le ton change. Ce siècle

ait- pas fait pour condamner les audaces de l'esprit; ni pour ndre la défense des autorités méconnues. Ce qui autrefois

aitle crime de Faust, fera désormais sa grandeur. Il deviendra *°

éprésentant de la pensée humaine, qui poursuit son chemin sse laisser rebuter par les obstacles, et qui trouve sa noblesse seffort même, infructueux ou non. Lessing fut le premier

Omprendre le parti qu'on pouvait tirer de la légende ainsi.

| 10 chose curieuse, il puisa d’abord à la même source Gœthe. Un® imitation de l’ancienne pièce de marionnettes, l vit jouer à Berlin en 1753, et que sans doute il avait déjà Que à Leipzig, lui donna l’idée de mettre le sujet au théâtre, Projet ne cessa dès lors de l’'occuper, quoiqu'il en ait tou- ‘Srétardé l'exécution. Il en parle dans une lettre à Gleim, du let 1758; il annonce même la représentation de sa pièce me prochaine. Une seule scène parut, dans les Lettres sur la rature, le 16 février suivant. Plus tard, étant à Hambourg, à

Historia von D. Johann Fausten, dem weltbeschreyten Zauberer und Schwartzler.…, gedruckt zu Franckfurt am Mayn durch Johann Spies, 1587.

octor Johannes Faust, Puppenspiel in vier Aufzügen, hergestellt von K. Sim-

mn

438 LA LITTÉRATURE CLASSIQ E.

‘ dans l’ancienne légende, qu'un démon subalterne. Il a été.

“une ns de ue force qui veut Got le mal €

la date du 27 septembre 1767, Lessing demande à àsonf lui envoyer la Clef de Salomon, un livre de magie dont il servir pour son Faust, « qui doit être joué dans le co « l'hiver ». L'hiver se passa, sans que le Faust fût connu du et les œuvres posthumes n’apportèrent plus que le canevai prologue et de quatre scènes. Mais ce qui est intéressant à « c’est que peu à peu le plan s'était modifié dans l’esprit de et s’élait imprégné de la philosophie du siècle. I n'avait pensé qu'à suivre fidèlement la légende. Mais bientôt Fau était apparu sous un jour différent; son seul péché.était « lé : « de connaître », et, à la fin, quand les démons s’apprôtai prendre son âme, une voix d’en haut disait : « Ne triomphe « Vous n'avez pas remporté la victoire sur l'humanité et la se « La divinité n’a pas donné à l’homme le plus noble de pe « chants pour le rendre éternellement malheureux 1.» Lessing avait sauvé Faust : Gœthe a fait un pas de plus; il si l’on peut ainsi dire, réhabilité Méphistophélès. Il Le prése comme un personnage à double face, ayant son rôle dansk de la Providence et sa place dans le gouvernement du Méphistophélès n’est pas le souverain de l'enfer; il n'est, @

compose la cour céleste. Il n "est. même pas trop De hautes sphères. « Je n'ai jamais haï les pareils, » Jui dit |

« jours le bien *». Hegel, plus tard, verra en à Jui la pe

Tel est du moins le ns que donne le major de . rte du 14 mai 1984; son témoignage est confirmé par Engel. : 2. Nous prenons le caractère de Méphistophélès tel qu'il ap Première partie de la Tragédie, puhliée en 1808. Il est probable ception primitive, contemporaine de Werther et de Prométhée, le Dee Que encore moins Ras C'était un A PO DEeon q

RH 4e GETRE, 3 439 n du principe négatif de sa philosophie, qui n’est que l'antécent et, en quelque sorte, le support du principe positif, actif et cond, et, par conséquent, l’un des facteurs de l'éternel devenir. nsi Méphistophélès a en lui, aussi bien que Faust, une parcelle L'esprit du xvure siècle, de ce siècle qui semblait vouloir tout truire, et qui ne faisait, au fond, que préparer les voies à une manité nouvelle, plus équitable et, en fin de compte, plus üreuse. Avec la transformation du caractère de Méphistophélès, ncienne légende, modifiée d'âge en âge, avait dit son dernier . Les poètes qui la reprirent encore au siècle suivant, s'er wirent surtout pour exprimer des sentiments personnels et use confesser par la bouche de Faust1.

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