SCHILLER DANS LA PÉRIODE « STURM-UND-DRANG
andis que Gœthe avait grandi au milieu d’un concours de Onstances où tout favorisait son développement, il fallut à iler toute sa foi en lui-même pour triompher des obstacles * entravèrent ses débuts. Il était né le 10 novembre 1759, à Pbach, sur le Neckar. Son père était chirurgien militaire, et int plus tard directeur des parcs et jardins de la résidence alé de Ludwigsbourg; c'était un caractère ferme et rigide, St reconraissant les hautes qualités de son fils comme un “du ciel ». La mère, fille du bourgmestre de Marbach, était nature délicate et douce, ayant du goût pour la musique et 0Éésie ; « elle avait la bonté du cœur, l'amour qui se sacrifie; le était toujours active pour les siens, et ne manquait jamais intervenir par une parole conciliante, quand les déboires de la émenaçaient d’aigrir l'humeur de son mari !. » Le jeune FréiGmfut destiné à la théologie, qui semblait convenir à la ‘mure de son esprit. Mais, le duc Charles-Eugène ayant fondé ültgart un établissement où il voulait former à la fois des ciers pour son armée et des fonctionnaires pour son admiration, le désir des parents dut céder devant un ordre du vérain. Schiller entra, en 1773, à l’École de Charles (Kurlsce); il y étudia successivement, sans goût, le droit et la méde- »A6es heures perdues, il lisait les drames de Gœthe et de iger et quelques écrits de Voltaire et de Rousseau. Il se forma ne, entre lui et quelques-uns de ses condisciples, une sorte
sociation littéraire. « On FA déjà de se faire imprimer, » dit #8
Fe
llers Leben, aus Erinnerungen der lamilie, seinen sigenen Briefen und 154 iichien seines Freundes Kôrner, Stuttgart, 1830; nouv. éd., 1884. = Thomas yle, The Life of Fr. Schiller, Londres, 18% ; traduction allemande, avec une duction de Gæthe, Francfort, 1830. — Jacob Grimm, Rede auf Schiller, 1859 nere-Schriften, I, Berlin, 1864). — Harnack, Schiller (dans la collection ë teshelden), Berlin, 1898. — L. Bellermann, Schiller, Leipzig, 1901. — K. Ber- Schiller, sein Leben und seine Werke, 2? vol. RTE 1905-1909; 5° éd., 1912, — E. Kühnemann, Schillér, Munich, 1905; 3° éd., 1909. — Otto Brahm, Men I, Ir, Berlin, 1889-1892. — R. Woltrieh, Schiller. Geschichte seines ns und Charakter HA seiner Werke, I, Stuttgart, 1899. — và Minor, Schiller, Leben und seine Werke, I, II, Berlin, 1890. — Jul. Petersen, Schillers ilichkeit, Urtleile der Zeitgenossen und Documente, 3 vol., Weimar, 1907- AA Ludwig, Schiller und die deutsche Nachwalt, Berlin, 1909.
Sehillers Bésiehungen zu Ællern, Geschwistern und der Familie von Wolzogen, ke 1859. — A consulter : E, PAUSS, Schillers Mutter, Leipzig, 1891.
TR
« trouvé difficilement un trait digne d’ être CAR a san
AU la société; ce sont trois documents de la période Sturm- "à
x paternelle et dépouillé de son héritage par son frère, i
«ouvrages furent terminés, nous nous re ul «et, comme on le pense bien, le plus favorab'ement : « Mais notre littérature ne valait pas le diable, et Pon y
D éinpen. Schiller sortit de l’école, en 1780, comme ie rurgien. Il y avai composé son drame des Brigands, D.
ce drame à Manheim, en 1782, à laquelle il assista sans | Sion, le RE tout à fat, nee son protecteur, que ses. l
craignant le sort du poète Schubart, il prit la fuite. Il Fe. dant deux mois, à peu près sans ressources, de Man 1e Francfort, passa près d'une année dans le château de M Wolzogen, à Bauerbach en Franconie ?, etrevint à Manheim le chimérique espoir de trouver un emploi durable au th Dans l'intervalle, il termina la Conjuration de Fiesque et Un et l'Amour, qui achèvent le Res dramatique commenc Brigands. :
Les trois pièces procèdent, en effet, d'un même espri sont, sous une forme différente, qu'un même réquisitoire
temps défie la scène et le roman, et qui savent un timents nobles à des procédés violents. Expulsé de
une existence libre au fond des bois, une sorte de h spartiate dont ilest le roi. Il se charge de tenir la bale entre le riche et le pauvre, et il vient généreusement en imperfections de la loi humaine et aux lenteurs de la Pro divine. « La loi, » dit-il, « n’a pas encore formé un. gr n! « mais la liberté enfante des colosses. » Il est vrai qu’ at carrière il est contraint d'avouer que deux hommes €
1. Scharffenstein, dans le Morgenblatt, année 1837. te Poterse Persônlichkeit. au premier volume.
9. Mme de Wolzogen était la mère d'un condisciple de Schiller
Charles, qui s'était lié d'amitié avec lui.
werseraient tout l'édifice du monde moral. La hardiesse des Sions, jointe au mouvement du style, gagna les spectateurs, succès fut très grand. Nul ne fut choqué de l’invraisemblance
caractères et de l’exagération des sentiments. Schiller, le
Mier, se. réndit compte des défauts de son œuvre, et il ntra, par la manière dont il se jugea lui-même, combien il t déjà supérieur à son public. Au sortir de la représentation, érivit, dans un article anonyme : « Si vous voulez que je dise anchement mon opinion, cette pièce, malgré tout, n’est pas né pièce de théâtre. Si l'on retranche les coups de feu et les ups de sabre, les ruines et les incendies, elle est lourde et figante pour la scène. Il m'a semblé aussi qu'il y avait une Op grande accumulation de faits, qui nuit à l'impression nérale. On aurait pu, avec cette seule pièce, en faire trois, et âcune aurait produit plus d’effet!. »
hiller sentait déjà vaguement ce qu’il comprit clairement plus , que le premier devoir du poète dramatique était de contenir erve lyrique. Il l'essaya dans /a Conjuration de Fiesque et dans rique et l'Amour. On ne peut pas dire, cependant, que ces «pièces constituent un progrès véritable sur les Brigands; elles nconçues, du reste, sous la pression des mêmes circonss. Dans Fiesque, le dialogue à plus de fermeté, et les scènes mieux enchaïînées; mais il y à encore de l’indécision dans inture des caractères. Fiesque renverse le pouvoir des Doria,
idé du parti républicain; mais l'envie de régner le gagne à
our, et 1l devient la victime d'une seconde conjuration. La > mentait, dès lors, à son titre de tragédie républicaine. Aussi
ler Composa, pour le théâtre de Manheim, unefin différente,
montrait Fiesque rejetant volontairement la couronne que
‘4 lui offrait, et bornant son ambition « à étre le plus
eux Citoyen de la République de Gênes ». Le succès fut
eux; et Schiller, qui avait franchement mis à nu les défauts
3rigands, prit fait et cause pour Fiesque. « Pour ces gens-là, »
en parlant des habitants de Manheim, « le mot de liberté est