EM R
À | 1. Le Camp de Wallenstein fut Joué pour la première fois. su Weimar le 12 octobre 1798, les Piccolomini le 30 danger Fe et la
lenstein 1e 20 avril suivant. ne 2. Carson ee. à la date du 20 et à 21 août 10.
RER RTE SCHILLER, FAR 461 Marie Stuart. 11 annonça d'abord à Gœthe qu'il avait supprimé ble détail du procès et.même « tout ce qui est politique !», effet, il ne reste rien, dans sa pièce, de cette grande lutte des tonalités et des religions qui remplit le xvr siècle. Élisabeth Marie Stuart ne.sont plus que des rivales de beauté, rajeunies ie» les deux, la dernière surtout, qui doit attirer les sympathies spectateur. Au moment où la toile se lève, la sentence de mort prononcée, il n'y manque que la signature royale. Schiller Pplaudissait de pouvoir faire concourir tous les incidents à une ästrophe prévue, et d’exciter ainsi, dès la première scène, la nie et la pitié, selon la recommandation d’Aristote ?. L'action resserrée dans le plus étroit espace, ou plutôt elle se réduit à eseule situation. Tous les développements que le poète y ajoute pour but de bien définir le genre de culpabilité qui plane sur éroïne. Marie est.innocente devant ses juges terrestres, car elle aucune part aux complots qui se trament contre les jours de rivale; mais elle s’accuse,-au fond de sa conscience, d'avoir lp dans le meurtre de son époux Darnley, et elle espère, par Châtiment immérité, donner satisfaction à la Justice divine. Re léconomie de la pièce aboutit à cette scène qui a été beauipbliämée dans l’origine et qui fut supprimée dès les premières ïésentations, la scène où Melvil apporte à Marie l'hostie con- Lée et reçoit sa confession : « Ainsi vous montez sur l'échafaud, Ssurée de votre innocence? » Elle répond : « Dieu me fait la grâce ’expier par une mort imméritée la faute grave, la dette de sang ëma jeunesse. » Melvil la bénit : « Allez-donc et expiez-la en iourant! Tombez, victime résignée, devant l'autel! Le sang épandu peut se racheter par le sang.» La résignation de Marie ab rend sa mort touchante, Quant à Élisabeth, « la royale afarde », tout contribue à la rendre odieuse. L'action pivote “es nuances morales, tandis que les grands horizons du sujet paraissent,
chiller, depuis qu'il était revenu au théâtre, n'avait qu'une
Sée : se rapprocher, par le fond comme par la forme, de la vé
zédie antique. Le sujet de Jeanne d’Arc, qu'il entreprit aussitôt ès Marie Stuart, le Charma par un côté surnaturel qui rappe:
ak:
Le 96 avril 1709.
Lettre à Gœthe, du 18 juin 1799.
Æxpression de Schiller, dans une lettre à Gœthe, du 30 juillet 1799. — Marie “ut représentée pour la première fois, à Weimar, le 14 juin 1800.
hs.
- Ja simple épopée de l'histoire, n’a pas fait un Li grand dl
- Wolzogen, Nachlass, 1, p. 419); elle fut représentée pour la nee
lait les fables héroïques de la Grèce. La légende. Fit de dans le caractère de la Pucelle; elle li attribuaut toutes les
lités naturelles de l'héroïsme, la décision prompte, le coura
indomptable, et avant tout un ardent patriotisme; mais elle, montrait aussi comme la vierge inspirée, rappor tant tous. ss actes au « Roi du ciel ». Schiller crut avoir trouvé enfint occasion de donner au cel tragique un arrière-plan me veilleux. Jeanne est arrachée malgré elle à la vie paisible ,d champs. Elle entend la voix de l'Esprit, qui lui dit : « Value « rendras témoignage sur la terre. Dans le rude airain tu « cleras tes membres; tu couvriras d'acier. ta poitrine dél « Que jamais l'amour d’un homme ne touche ton cœur ave « ardeurs dde d'un désir terrestre! La couronne des fia « cailles n’ornera point tes cheveux, nul aimable enfant ne fle «rira sur ton sein. Mais je mettrai sur ton front l’auréolt « combats, qui t’élèvera au-dessus de toutes les femmes «terre. » Jeanne se soumet au sacrifice qui lui est impos rester pure de toute affection humaine; ou PRITÉS, toute ret qu'elle est de sa mission céleste, ce sacrifice n’en est pas un elle. Mais pourquoi faut-il que l'Esprit divin, qui l’a cherchée son obscurité, et qui l’a élevée au-dessus d'elle-même, donne tout d’un coup? Pourquoi son âme virile, qui a re V hommage de à français, s “abaisse-t-elle devant D.
naturel du ar il “. mêlé arbitrairement lidée 1 de la chute et de la régénération morale, et il Pa rendu doublement invraisemblable, Jeanne se relève par un én effort, et achète au prix d’un dernier combat l'honneur de: rir à l'ombre de son étendard. Pris isolément, tous les" captivent et intéressent; à l’art de calculer les effets s'ajo les séductions d'un beau style; mais l’ensemble étonneel
certe, et l'on se demande si le poète, en laissant dans”
à ses conceptions idéales 4.
Dans Marie Stuart, Schiller avait cotfiiense. l'histoire Pucelle d'Orléans, il l'avait profondément modifiée; dans 8
JE
1. La Puscelle. d'Orléans ne put d'abord être jouée à Weïmar (voir
Leipzig, le 17 septembre 1501.
TT SU er? NO OPEN Re | dE ND ‘ À |
LS RL SCTILLER | 463 Messine, il ne lui emprunte plus que les contours généraux ; s événements et leS personnages sont de son invention, Il avait essayé jusqu'ici que d'introduire dans le drame un éléent surnaturel qui rappelât de loin l'antique fatalité: il crut fin pouvoir ressusciter le pur Destin et lui donner un interèle vivant dans le chœur. « Le chœur, » dit-il, « abandonne le cercle: étroit de l’action, pour s'étendre sur le passé et sur Pavenir, sur les temps et les peuples lointains, sur l'humanité entière; il déduit les grands principes de la vie: il exprime les leçons de la sagesse. Mais il procède avec toute la puissance de Pimagination, avec la méthode hardie de la poésie lyrique, qui s'vance, comme à pas divins, sur les hauts Sammets des choses
humaines !, » Ainsi le secret de l'émotion religieuse au théâtre :
üt retrouvé, dans le siècle de la philosophie, par un effort du nie critique, et Schiller donnait la main à Sophocle. Dans {a imcée de Messine, comme dans OŒEdipe roi, l'effet dramatique sulte de la révélation progressive d'événements écoulés. « Le assé, » dit Schiller dans une lettre à Gœthe, « peut être d'autant lus terrible qu’il est irréparable : craindre qu’une chose n'arrive Sbmoins effrayant que de craindre qu’elle ne soit arrivée ?. » ux frères et une sœur meurent pour expier un attentat qui técommis longtemps avant qu'ils fussent au monde; la malétion qui devait frapper les coupables n’éclate qu'après deux iérations. Il est vrai que Schiller, par une sorte de concession À Conscience moderne, a composé ses caractères de façon à dre la catastrophe au moins vraisemblable. Don César est lent et impérieux, comme Œdipe. Sa mère, Isabelle, est faible mdécise; tout ce qu’elle fait pour arrêter le dénouement ne : qu'à le précipiter. Chaque personnage porte en lui sa faute, véou légère, mais hors de proportion avec le châtiment: et un peut s'appliquer ces paroles d'Isabelle : « Ce que je souffre, »le souffre innocente; mais les oracles sont sanctionnés et S dieux justifiés. » Les oracles, c'était, au fond, ce qui mânità Schiller. Il les remplace par des songes; mais une superon individuelle a-t-elle la même valeur qu'une croyance enra- :e dans le cœur d’une nation? Les dieux que le poète invoque