PALIER
L'œuvre de Schiller n’est pas aussi multiple que celle de G tique; mais sa constante préoccupation, à toutes les époqu S
action sur la littérature. A-t-il donné à l'Allemagne un théà national? Il l'aurait pu, si, d'une manière générale, un in sâ national était la création d’un homme, et non le fruit d'une dition, l’œuvre lente et persistante du génie national, auquel génie individuel se plie à son insu. Un tel théâtre était-il en possible dans PAllemagne du xvine siècle, à la fois érudi poétique, et même plus érudite que" poétique, puisant à tot les sources et ouverte à toutes les influences? La questior p être discutée théoriquement; elle est résolue dans le fait. le théâtre allemand, tel qu'il. s’est définitivement constitué, Shakespeare, Calderon et Molière donnent la main à Sch Le à Gœthe. De toute facon, pour créer ou pour achever de un théâtre vraiment allemand au temps de Schiller, ilaurai d'abord renouer la tradition de Lessing, rattacher la com Minna de Barnhelm, le drame à Emilia Gulotti, la tragédie à le Sage. Mais Schiller, comme nous l’apprend Gæthe, «set « dans une situation particulière vis-à-vis des ouvrages d « tiques de Lessing : au fond, il ne les aimait pas; Emilia « lui était même antipathique ‘.» Tandis que Lessing che à mettre le théâtre en contact avec la vie, l'unique pens Schiller était de le parquer dans l'idéal, et dès lors la chai rompue. Le
On ne trouve pas, dans le théâtre allemand, comme dan
à un terme précis, qui est la maturité. On n'y remarque | plus cette unité d'inspiration, signe d’un goût nation puissant que l'écrivain, et qui s'impose à lui. La tragédie
çaise, que ce soit celle de Corneille ou de Racine, est un con de passions, dont le poète fait jaillir une catastrophe. De Rvi
la simplicité de cette tragédie, son dédain du fait extérieur, étroites conditions de temps et d'espace. Le drame anglais
de Schiller: Bellermann, Schillers Dramen, 2 vol., Berlin, 1888-1891 3 vol., Berlin, 1908; — A. Kæster, Schiller als Dramaturg, Berlin, 1891; brecht, Schiller in seinen Dramen, Berlin, 1897; —- Gustave Kettner, Schillers Dramen, Berlin, 1909. : Ë 1. Ueber das deutsche Theater.
au contraire, ddns une action amplement déployée, dont $ gnes éparses et sinueuses finissent par se joindre dans un # Mouement, où chaque personnage subit les conséquences de Ssactes. Ce drame s'est donné, comme la tragédie française, ë forme à lui, plus large, plus élastique, et qui est son cadre turel. Seul, le théâtre allemand n'a pas une forme qu'il puisse peler sienne. Quant aux sujets, il est cosmopolite. Pour ne rler que de Schiller, Don Curlos est em Wie Stuart à l'Angleterre, la
prunté à l'Espagne, Pucelle d'Orléans à la France, Fiancée de Messine à l'Italie, Guillaume, Tell à la Suisse, et, si le ête avait vécu une année de plus, Démétrius lui aurait fait finir atour d'Europe par la Russie; Wallenstein seul est allemand. Le létnune fois arrêté, l'idée morale s'y ajoute, s'y supér “andit les dimensions, modifie les caractères, introduit ; personnages parasites, comme Melvil dans Mar nel dans la Pucelle d'Orléans, Jean le Parricide dans
l; personnages inutiles à l’action, et qui n'existent, pour ainsi &, que comme des éléments d’une démonstration, comme des Uments ou des symboles. La forme est ici chose accessoire ; lébdramatique même n'arrive qu’en seconde ligne; l’idée, au traire, se développe librement, largement, déjoue quelquefois Prévisions de l’auteur lui-même, et finit par s’incruster soit sune tragédie, soit dans un drame, soit même, quand toutes formes sont rompues, dans un poème dramatique. La seule € du théâtre de Schiller, c’est son caractère philosophique. ; rien, assurément, si Loralece au seul point de vue d’une le littéraire, n'est plus in éréssant qu'un tel théâtre, œuvre’ puissant et noble esprit, pour qui le bien et le beau nt que les deux faces d'un même idéal.
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pose, même ie Stuart, Guillaume