JÉNA ET WAGRAM
On apprit bientôt à Berlin qu'il y a des intérêts plus pressa que la fraternité des belles âmes. Les salons juifs se. vidèr tout d’un coup, quand les armées françaises, après avoir COUV le Midi de l'Allemagne, étendirent leur cercle d'occupation ÿ le Nord. Les premières guerres contre la Révolution et mé contre l'Empire furent des entreprises politiques qui laissèr les masses populaires assez indifférentes. Pendant la campa d'Austerlitz, le roi Frédéric-Guillaume HE, après avoir nêpc tour à tour avec la France, l’Autriche et la Russie, après a même échangé avec l'empereur Alexandre, sur la tomb
grand Frédéric, le serment d'une amitié éternelle, finit par res spectateur de la lutte, uniquement préoccupé de tenir la gue éloignée de ses États. Après avoir été trop prudent, il fut hardi, ou plutôt, faible encore, il se laissa entrainer par le P des hobereaux, qui dominait à la cour et dont l'âme était le pri
1. « Un congrès, » écrit-elle un mois après son arrivée, « je sais mai « que c’est : une grande société où l'on s'amuse tant, qu’on ne peut plus Se
9. On a peut-être passé la mesure dans les publications qu'on à ex papiers de Rahel Levin. Voir surtout ce que Varnhagen en a donné : Buch des Andenkens für ihre Freunde, 3 vol., Berlin, 1834; et Galeri jiissen aus Rahels Umgang wnd Briefwechsel, ? vol., Leipzig, 1836. La Ci dance entre Varnhagen et Rahel a été publiée en 6 vol.; Leipzig, L£ 181 A consulter : Otto Berdrow, Rahel Varnhagen, Stuttgart, 1900; — d.-EeÀ
Rahel, Paris, 1910.
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© L'AÈLEMAGNE AU COMMENCEMENT DU XIX° SIÈCLE. 539. De K >2 4 NID , é
uis-Ferdinand. Ce fut la noblesse prussienne qui engagea la npagne de 1806. Rien n'égale la présomption avec laquelle on larcha contre une armée déjà victorieuse et commandée par apoléon, si ce n’estla prostration qui suivit la défaite. On n'attendit as le départ des troupes pour publier des chants de victoire 1. ais, le 18 octobre, la Gazette de Voss apportait la nouvelle suiinte : « D'après les renseignements qui nous sont parvenus, l'armée du roi a perdu, le 14, une bataille près d’Auerstædt: les détails manquent; on sait cependant que Sa Majesté le roi ebles Altesses royales ses frères sont en vie et sans blessure. » ne proclamation du gouverneur de Berlin, comte de Schulen- 1rg, du même jour, disait : « Le roi a perdu une bataille. Le pre- ne mier devoir des citoyens est la tranquillité ? :
; jy invite leshabitants ; le roi et ses frères sont en vie.» La Gazette de Voss épousa
ssitôt les intérêts français ; elle publia les Bulletins de la Grande ‘mée en traduction allemande. L'Observateur de la Sprée fit de ème. Le Télégraphe du 27 octobre, en annonçant l'entrée des jupes françaises à Berlin, ajouta que « leur excellente tenue, eur air martial, leur amabilité et leur gaieté avaiént excité * admiration universelle ». Le même journal disait le lende- . in: « Le 27, entre trois et quatre heures de l'après-midi, l’'emereur Napoléon a fait son entrée ici, au son de toutes les clohes et aux acclamations d’une foule de citoyens ; le majestueux # s'est dirigé par l'allée des Tilleuls vers le château. » On
da les anciens fonctionnaires, à la condition, que presque Sacceptèrent, de « n’entretenir aucune intelligence avec les nnemis de l’armée française ».
à Prusse se résignait; elle faisait plus : elle acclamait son iqueur. Quelques voix s'élevèrent pour demander sinon une Stance inutile, du moins une attitude plus digne. Ces appels furent Pas tout à fait vains, car on en retrouve l'écho quel- s années plus tard; mais, pour le moment, ils se perdirent
S le vide de l’apathie générale. Scheiermacher, pasteur à lise de la Charité, précha, au jour de l’an 1808, quand l’occu-
On française durait encore, sur ce que l’homme doît craindre et
Ce Qu'il ne doit pas craindre. Fichte prononça, dans le courant
a même année, ses Discours à la nation allemande, qu’on a 1e 5
Wiégstieder dem preussischen Heer géwidmet, Berlin, 1806.
Der Kônig hat eine Bataille verloren. Die erste Bürgerpflicht ist Ruhe. » 9rt commentés et même chausonnés dans la suite,
justement appelés un cours de patriotisme. C'étaient des seme
« taire, à la bonne heure! Qui n’approuverait cela? Qui n
BED de dE ROMANE
jetées danses âmes, mais qui ne pouvaient pas lever enco famille royale était réfugiée à Kœnigsberg, et c'est de la Ÿ métropole de la monarchie prussienne que sortit, en 1808 Ligue de la vertu (Tugendbund), qui étendit plus tard son actioi sur tout le Nord de l'Allemagne !. La ligue ne fut, dans l'origine qu'une manifestation publique d'attachement à la dynastie, € elle n'eut presque pas d’adhérents dans la société sceptique rationaliste de Berlin. Chamisso disait, dans une lettre à Fouqué du 7 janvier 4809 : « Je pourrais t'en dire long sur toutes le « niaiseries qui grouillent autour de moi, à commencer par cet « gentille Ligue de la vertu, qui doit préserver notre génératio «toute velléité dangereuse et la ramener doucement à la ver « à l'amour du roi. La première condition pour y être admis « de prouver qu'on à de l'influence sur une dizaine d’âmes, e « l'occasion on serait capable de les mener par le bout du nez
«vertu et aux pieds du roi. Voilà ce qui nous vient du côté di « cour. Quant à ce qui doit nous venir du côté de l'État et du baro « de Stein, je ne vois pas encore qu'on ait fait quelque chose d « bon et de durable. Abolition des privilèges, conseription
« soumettrait volontiers? Mais ce qui est un droit, là où il y «res publica, devient une charge Sans elle. » La Prusse ne:
tait encore que pour son roi; ce fut le tort de Napok
la forcer enfin à se battre pour elle-même. :: Cependant ce n’est pas en Prusse, mais en Autriche qu: chercher les premiers indices d’un mouvement national.
| pation prolongée, les lourdes contributions de guerre, les
niements arbitraires de territoires, avaient fini par indi tout le monde, même ceux que les gouvernements avaient le mieux habitués à l’obéissance. L'insurrection esp avait aussi frappé les esprits : c'était le premier exemple à l'Europe de ce que peut une population poussée à bo
chiduc Charles, dans sa proclamation du 6 avril 1809, rédig Frédéric Schlegel, invite l'Autriche à « imiter le grand & « de l'Espagne », et il rappelle aux soldats que «leurs frèr « mands qui servent encore dans les rangs ennemis.
j. Il est bien entendu que cette ligue n’a rien de commun, mal nom, avec l'innocente distraction à laquelle Henriette Herz .se jeunesse. ë LR Le
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