LES SALONS JUIFS
Les juifs avaient profité de la tolérance que Frédér dait à tous les cultes. Ils s'étaient enrichis pendant 1
1. C'était la poésie, Glauben und Liebe oder der Künig und die dansles Jahrbücher der preussischen Monarchie, Berlin (Unger). 9. Consulter, sur la société de Berlin au commencement du xix® Si Geiger, Berlin, 1688-1840, Geschichte des geistigen Lebens in d
Hauptstadt, au ?° vol., Berlin, 1895. FÉES
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squ'ils pouvaient le faire sans danger, les étaler devant le mde. Sans descendre jusqu’à la bourgeoisie, qui du reste aurait poussé leurs avances, ils firent appel à la jeunesse aristocra- Ju, qui avait été élevée dans les idées françaises et qui avait pris à l’école des encyclopédistes à mépriser les préjugés de ste. Is gagnèrent enfin les écrivains, les savants, les artistes, ureux de pouvoir échapper un instant à leurs travaux et peutlé aussi à l’étroitesse de leur foyer domestique. L'ornement de sréunions, c'étaient quelques femmes, appartenant toutes à la ciété juive, très instruites, d'esprit libéral, et qui avaient su endre le ton de la conversation mondaine. Deux d’entre elles, aviette. Herz et Rahel Levin, ont laissé un souvenir durable ns, la littérature de leur temps.
enriette de Lemos, mariée à seize ans Z, était d’origine portugaise. Elle parlait plusieurs langues, diait.sans cesse; et elle finit par avoir une teinture de toutes sciences. Sa beauté était proverbiale à Berlin. Elle savait recer les hommages sans, les encourager, et elle passait pour ‘de, dans un monde où la passion se croyait fout permis, Elle cs
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b Son mari à quarante ans, et resta veuve. Elle avait eu rtant, à la veille de se marier, sa velléité romanesque. Comlà aurait-elle pu échapper entièrement à la contagion du ps? Elle avait fondé une Ligue de la vertu (Tugendbund), dont membres se tutoyaient, faisaient échange de lettres et de x, et se perfectionnaient dans le culte. de l'amour idéal. avait, dans le nombre, des hommes graves ou destinés à.le mir, et le jeune Guillaume de Humboldt prit. dans cette re sentimentale Ses premières lecons de Style, qu'il utilisa lard dans sa Correspondance avec Charlotte Diede, Hen- 2 Herz n'avait rien d'original dans l'esprit; les lettres qu'on dées d'elle sont assez insignifiantes. Elle adopta le roman- ? COMme une mode, et elle s’en détacha lorsqu'un autre ant d'idées eut prévalu. Mais elle savait, en toute occasion, Vraie femme du monde, faire valoir l'esprit des autres et
choses,
au docteur Marcus
e s'en approprier une partie. Dilettante en toutes l'était artiste que dans la sociabilité 1,
‘consulter. — J. Fürst, Æenriette Herz 1850. Voir aussi un article de K.
Qu 15 mars 1870. — Quelques frag en 189
; hr Leben und ihre Erinnerunger, Hillebrand dans la Revue des Deux ments des £ririnerungen ont paru à
FL ALLEMAGNE AÙ COMMENCEMENT DU XIXe SIÈCLE. PET
Rahel Levin, avec moins d'éclat que Henriette Herz, lui 6
cependant supérieure. Henriette vieillit dans la solitude, Ral
garda ses amis. Sans être très belle, ni même très instruite, e s'attachaittous ceux qui l’approchaient. Elle épousa, en 1814, l'h torien Varnhagen, et elle l’accompagna au congrès de Viennt Rahel avait le sentiment de la poésie et des arts et une admi tion sans bornes pour le génie de Gœthe. Elle n'estimait en que la personnalité, et c'est d’après cette mesure qu'elle app ciait ses contemporains. Elle n’a jamais voulu faire partie de Ligue de la vertu. Tout le mouvement littéraire de son temps reflète dans sa correspondance. Mais, dans sa manière d'éc comme dans ses jugements, elle veut être elle-même et’ri qu'elle-même : de là une certaine âpreté dans son style etu certaine difficulté pour la lire ?. :