AUGUSTE-WILHELM SCHLEGEL
Les fondateurs de l’école romantique furent les deux frères hlegel et Louis Tieck. L'’aîné des Schlegel, Auguste-Wilhelm, ile "moins romantique des trois. Comme son père, Jeanlolphe Schlegel, l’un des collaborateurs des Contributions de ême,; ce fut bien moins un génie inventif et original qu'un pritrsouple, parfois pénétrant, cédant facilement à l'impulsion iutrui, capable aussi, à l’occasion, de faire prévaloir une idée de susciter un talent. Venu tard dans la littérature, et à une Ces’époques où l’on peut croire que tout est dit, il jugea 1bord que le moyen de se-distinguer c'était de perfectionner forme, 11 fut un styliste de premier ordre, et le sentiment ileut de sa supériorité en ce genre lui fit illusion sur sa valeur lle comme écrivain. Il dut sa première notoriété, camme pluus de ses collègues en romantisme, et à à l'inverse des vrais
très puissante, de l’auteur de Lénore. Schlegel est toujours éga
rapport du moins, on peut suivre chez lui un vrai dévelabpe Il étendit de bonne heüre son chämp d'observation. Il ent
. Guelfe où Gibelin. Cette méthode n’était autre, au” fond,
VE | LE ROMANTISNE.
poètes, à des traductions et à des études critiques. à Né à Ha en-1767, et destiné à la théologie, il fut envoyé à à l'univers é Gœttingue. L'influence du philologue Heyne le tourna vers carrière des lettres. Il se mit en rapport avec Bürger, etil écri\ sous son inspifation des chansons, des romances, des sonnel En même temps, il fournissait des articles à l’'Almanach des Mus de Gæœttingue. Bürger l'appela « son fils en poésie, son discip « favori, si toutefois, » ajoutait-il, « de tels disciples ont besoin d' U « maître. » Il y a loin, cependant, de la froide élégance des pr miers essäis de Wilkelm Schlegel à la vérve inégale, mais parfo
lui-même; mais il ne monte jamais bien haut. Rien ne h ur dans ses vers bien rimés et bien rythmés, mais on ny sel pas la flamme qui échauffe et le mouvement qui entraîne. … Schlegel fut trop parfait à son début. Comme poète, i changea plus; il ap pliqua séulement son facile talent à des fo plus variées. Îl est plus intéressant Comme critiqué, ét, sou
en 4795, pour une revue dirigée par Büfger !, ', une étude fondie et détaillée de la Divine Comédie de paul où sé pour la première fois son talent de traducteur. Il y. do indications sur sa méthode critique. « Peu importe, » dit « louer et surtout de blâämer, d’échafauder un système de « morales et esthétiques, comme on.dresse un bûcher, po « noncer ensuite un solennel auto-da-fé, On ne peut atteindi « œuvre qu'à travers l’auteur, et l’on ne peut ; atteindre lé « qu’à travers l’époque. Il faut pénétrer dans la contextu « d’un génié étranger, tâcher de reconnaître ce quiles « ment il ést devenu ce qu'il est. » Pour Dante, il faut ses
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E. des Artistes: Gottfried Kærner.les mit en rapport, et:la te de l'étude sur Dante, toujours accompagnéé de traduc- (ons, parut dans les Heures. Schlegel passa de l'influence de ürger sous celle de Schiller; il écrivit alors ses meilleures bälides, Pygmalion, Prométhée, surtout Arion (1798), et, pendant üelque temps, on put le considérer comme lé porte-voix de école de Weimar. Après avoir été trois ans précepteur dans la inille d'un banquier d'Amsterdam, il était venu, en 1796, s’étalip à léna. Il avait épousé Caroline Michaëlis, veuve du docteur i@hmer, une femme d'esprit, qui devint sa collaboratricet. Il écut de sa plume, comme autrefois Léssing. Il fit de la critique ne fonction, pour ne pas diré un métier. Ses articles se multilièrent dans la Gazette littéraire d'Iéna et dans les Heures; la pluart se rapportaient à des écrits aujourd’hui oubliés ; Huetaues ns ont gardé leur valeur : telles sont, par exemple, les études étaillées sur Hermann et Dorothée de Gœthe et sur la traduction ‘Homère de Voss. Les jugements de Schlegel empruntaient une artie de leur autorité à l'élégance et à l’urbanité de la forme. on procédé habituel est celui d’une analyse diversement nuancée, ui porte en elle-même l'éloge ou le blâme, et où une œuvre se éfinit en quelque sorte par son propre contenu. Son point de ue, à à cette époque, est encore celui de l’hellénisme. Son plus rand dédain est pour le naturalisme bourgeois d’un Kotzebue ud ‘un Iffland ?. Le futur romantique ne se montre que dans | ires occasions, lorsque, par exemple, il loue des niaiseries igénieusement Se theen comme Île poème des Eaux salutaires 8e Neubeck, lorsqu'il vante comme des modèles d'humour les am occiades. de Bernhardi, ou enfin lorsqu'il présente le conte meralleux et fantastique comme le genre narratif par excellence 3. Quand il s’occupait de littérature étrangère, le critique deve-
du épousa Schelling, en 1803, après avoir divorcé avec Wilhelm Schlegel, et ourüt en 1809. — A consulter : Erich Schmidt, Caroline, 2 vol., Leipzig, 1913; et L nc de R. Haym dans les Preussiche Jahrbücher, t. XXVIIT (1871), p. 451-806. 2. La seule chose qui manque dans la querelle entre Kotzebue et les romanti- ‘es. cest l'esprit ; /’ Ane hyperboréen, de Kotzebue, et l'Arc de triomphe pour le prélent Kotzebue, de Wilhelm Schlegel, sont deux satires également plates.
3Neubeck était un médecin qui chanta en hexamètres les principales villes aux d’Allémagne (die Gesundbrunnen, Breslau, 1195). — Bernhardi était prosseur au gymnase Werder à Berlin, lorsqu'il se lia avec le groupe romanue. 11 épousa, en 1799, Sophie Tieck, la sœur du poète, et il se sépara d'elle
labs le second volume contient le Monde Fever de Tieck, auquel cependant il abora.