‹ Histoire de la littérature allemandeChapitre 285 sur 534 · ACTE i | ; à LES FRÈRES SCHLEGEL · texte numérisé non relu

ACTE i | ; à LES FRÈRES SCHLEGEL

aq ans après. Dans les Bambocciades (3 vol., Berlin, 1797-1800), tout n’est pas |

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Pare rép le RER

Schlegel parlait à des Allemands, et il est évident qu'un ‘éch

tait Haha tout. Ayant 1e sens poétique, mais manqu d'originalité, il était naturellement porté à versifier la pensé d'autrui. Shakespeare surtout était depuis trop longtemps le poir de mire des écrivains allemands pour que Schlegel ne se sent pas attiré vers Jui. Au commencement d'un article inséré danse Heures de 1796, à propos de l'analyse du caractère de Hamlet con tenue dans le Wilhelm Meister, il insinue qu ‘après tout ce qui été dit sur Shakespeare par Lessing, par Herder, par Gœæthe, aprè l:s traductions en prose de Wieland et d'Eschenburg, après nombreuses adaptations à la scène, le poète anglais n’était peu être pas encore suffisamment mis à la poriée du public. alle mand. Il indique ensuite de quelle manière il comprend la tre duction d’un poète. Le traduire en prose, c’est l'étoufter; le tre duire en vers, mais dans une autre forme que la sienne, c'est trahir. Il Le le suivre pas à pas, surtout quand c'est un poèt à mille faces, comme Shakespeare, rendre la prose par la pros le vers iambique par le vers fambique, le vers rimé par le rimé, bref, prendre le moule de l'original, n'y rien ajouter, rien dd n'avoir pas surtout la prétention de le corr

comme celui qu'il propose A possible qu'entre deux 1

peut bien se permettre quelque dureté, qu il vaut mieu dk certains cas employer un néologisme qu'une circonlocutior qu'il nu Savoir DELTOES sacrifier un détail pd ne pas en con

à se puis lire. Ces conseils étaient ceux d'un homme de ge HU homme du métier. Dès l'année 1789, Wilhelm S si

« une plume Éodiie », elle de Caroline RAR il pub même temps, dans les Heures, une analyse très judicieuse € so Huit volumes, sons seize pièces, Here ent ai + 3

4: Ces seize pièces étaient : Roméo et Juliette, le Songe d'une ie César, Ce que vous voudrez, la Tempête, Hamlet, le Marchand de Ven: vous plaira, le Roi Jean, Richard IT, les deux parties de Henri IV, A rè

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emSchlegel, qui ne semblait fait que pour la lecture et l'étude, it bientôt possession du théâtre, où il s’est maintenu. Le poète iglais était désormais naturalisé dans la littérature allemande, me il ne l'aété etcommeil ne pouvait l'être dans aucune autre. Ilne faut traduire, disait Schlegel, que les chefs-d’œuvre, et il ub que la traduction soit elle-même un chef-d'œuvre. La sienne, nsait-1l, en était un, et, de tous les éloges qu’il s’est prodigués, Sbassurément le plus justifié. Il a donné une preuve de talent de goût, non seulement dans la fidélité avec laquelle il a produit ce qui pouvait l'être, mais encore dans la manière dont & suppléé parfois à ce qui était intraduisible. Il tenait désorus une clef avec laquelle il pouvait tenter d'ouvrir toutes les ératures, et il publia encore, en 1803, plusieurs pièces du ‘âtre espagnol et un choix de poésies et de fragments tirés de alien, de l'espagnol et du Portugais. Il restait fidèle à son prinle; de ne se mesurer qu'avec les grandes œuvres, dignes de Tort d'un traducteur. Ge Sont, après Shakespeare, les noms * Dante, de Pétrarque, de Calderon, de Cervantes, qui revien- “ ble plus souvent dans ses essais. Après que le huitième ume de Shakespeare eut paru, il aborda l’Ion d'Euripide. Cette Ce n était plus une simple traduction qu'il voulait donner; devait être un de ces remaniements délicats, un de ces renoulements, où une œuvre antique était rapprochée de la con- 2nce moderne, un pendant de l'Iphigénie de Gaœthe. Que ait-il dans une entreprise de ce genre? Il fallait éliminer les ments nationaux, locaux, temporaires du sujet, mettre en eféce qu’il contenait de vérité générale, rétablir l'unité de ivre Sur un plan nouveau, en un mot, faire preuve d'invention jimale, même dans une imitation. Wilhelm Schlegel montra, Mois de plus, que le don créateur lui manquait. La tragédie montée avec grand soin sur la scène de Weimar et jouée t la première fois le 2 janvier 1802; elle eut ensuite quelques résentations sur d’autres théâtres; mais le public ne put ais s'y intéresser, malgré les efforts qu'on fit pour la lui lre intelligible. Ce fut la première de ces tentatives manquées

‘ne l’école romantique en compta plusicurs et où elle finit iahir son impuissance.

Parties de Zenri VI. Richard III S } ajouta en 1810. — Dans Aoméo et Juliette, imbes rimés sont encore traduits en alexandrins ; mais, dans les pièces sui- 5, le système aüopté est rigoureusement maintenu.

MS

Les liens de Wilhelm Schlegel avec. Weimar se relichèt par la faute de son frère Frédéric. Celui-ci avait publié, en dans une revue de Berlin, deux articles où il prenait succe: I ment à partie l'Almanach des Muses de Schiller et les Heures. A résulta une brouille-où les deux frères furent impliqués. Ils fo dèrent ensemble, deux ans après, l'Afhénée, qui devint l’orga de l'école. Mais, de tous les collaborateurs, Wilhelm Schle. fut le plus modéré et le moins exclusif. Ses antipathies restère

; les mêmes; il continua de poursuivre la littérature plateme

bourgeoise et rationaliste. Il garda de même sa prédilection pc

/ Jes questions de style et de métrique. Le premier numéro

appartient en grande partie. Dans un Dialogue sur les Dialog: grammaticaux de Klopstock, il rectifie, avec sa science supériet et sans se départir du respect dû à l'auteur de la Messiade, © taines erreurs sur la prétendue excellence de la langue al mande, comparée aux autres langues, anciennes ou modern Peu à peu, cependant, son classicisme pâlissait, sous l’influer de son entourage. Le troisième numéro de l'Athénée conter un dialogue sur les peintures du musée de Dresde, rédigé commun par Wilhelm Schlegel et sa femme, où ils montrai les ressources que les symboles du catholicisme offraientà,l et à la poésie. Une série de sonneis sur l'enfance du Christ 6 de la même époque. C'était, pour Wilhelm Schlegel, ui di

tantisme de versificateur. Il lui plaisait, comme il le dit lui: « de s'occuper une fois de religion », comme pour rivali Tieck. Il s’efforçait encore de rester l’homme du goût mesure qu'il avait été jusque-là; mais, à côté de lui, s

aidé de Tieck, de Novalis, de Schleiermacher, poussait la Li ture dans les voies du symbolisme, du mysticisme, de l'idéali sans frein, et lui-même finit par être entrainé dans le

ment. | 4 Wilhelm Schlegel se rendit à Berlin au mois de févr , L'école romantique tendait, depuis quelques années, à se. a. dans cetté ville. Ses principaux représentants étaien y deux frères Schlegel, les théoriciens de l'école, l’un plu et plus circonspect, l’autre plus passionné et plus aven 7 Tieck, qu'on donnait comme le poète de l’âge nouveau sg | le philosophe Fichte et le théologien Schleiermacher. -

il faut nommer deux écrivains morts jeunes, qui, n'eure célébrité posthume, mais qui, par leur naïf enthousiasme;

LES FRÈRES SCHLEGEL. | - 877 me un ferment d'activité au milieu de leurs collègues : Novalis Wackenroder. On se réunissait dans les salons où des juives stinguées, nouvelles émancipées de la société berlinoise, donient le ton. Dans ces salons, Rahel Levin brillait par son esprit, nriette Herz par sa beauté. On y remarquait aussi la fille du ilosophe Mendelssohn, Dorothée, : qui plus tard, après s'être parée de son premier mari le banquier Veit, épousa Frédéric hlegel. Mais les salons n'étaient pas tout Berlin. La ville avait

songtemps le siège du rationalisme, et Frédéric II y avait de son empreinte. Nicolaï, qui se crut toute sa vie chargé de fendre l'héritage de Lessing parce qu'il avait été un instant n collaborateur, avait à sa disposition une librairie, üne revue une quantité de jeunes écrivains dont il protégeait les débuts. igel, le philosophe pratique, et Ramler, le poète correcteur,

aient pas perdu toute leur autorité. Entre la vieille école ratio- * liste et le jeune romantisme, ce fut une lutte de tous les jours, ‘

e lutte de persiflage, de did et d'épigrammes.Autres étaient Mrapporis avec l'école de Weimar. On ne voulait pas avoir ide dépendre d'elle, mais on aurait craint de la combattre vertement. Gœthe, surtout, était trop grand pour qu'on osût Waquer à lui. D'ailleurs l’œuvre de Gæthe était si diverse, qu'il lit facile d'en détacher certaines. parties, qu’on pouvait croire ntées de romantisme. On exalta tout spécialement le Wilhelm iser, qu'on réduisait en symboles-et en abstractions. Quant à hiller, on lui faisait des chicanes de style. Wilhelm Schlegel jouait, dans les polémiques contre les les rivales, le rôle d'un modérateur. Mais, dans le sein du Jupe romantique, il $e posait volontiers en législateur, et il it avouer que si quelqu’ un était capable de formuler un prounme, c'était lüi. L' Athénée périt, faute d'abonnés, en 1800. lheélm Schlegel eut alors l'idée de faire de la propagande par parole, Il fit, pendant trois hivers consécutifs, de 1801 à 1804, s Conférences littéraires à Berlin. Le premier cours fut une te d'introduction générale sur l’art et ses différentes formes, 2: poésie « inhérente à l'humanité entière », sur la langue, (88e primitive des peuples », sur la fr bogie: « création consciente de l’imagination ». Le second cours était consacré ‘histoire de la poésie classique et de ses imitateurs, le troime à la poésie originale des nations modernes ou à la poésie uantique. On voit, par ce programme, que les mots de classique

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