WACKENRODER
Wilhelm-Henri Wackenroder confia à Tieck, pendant voyage qu'ils firent ensemble de Berlin à Dresde, les feuil éparses sur lesquelles, depuis des années, il notait ses impr sions sur l'art. Nature tendre, délicate, incapable d'action, enc plus incapable de résistance, il cédait à la volonté inflexible d père, et se condamnait à l'étude du droit, sans y rien @ prendre. « Le droit, » dit-il dans une lettre à Tieck, « qui « pourrai-je prendre sur moi de faire entrer cette nomenclat «dans ma tête? » Une nomenclature, il n’y voyait que cela s'effrayait aussi à l’idée de devoir un jour, quand il serait J analyser froidement un fait qui, représenté au théâtre arraché des larmes. En attendant, il pliait, renfermant {au fond de son âme, semblable à ce musicien quäl un de ses fragments, pauvre rêveur qui se sent impropre à. active, « harpe éolienne que fait vibrer un souffle ét Wackenroder pressentait-il dès lors sa fin prochain rait le croire au ton de certains passages. Tieck Berlin, et passant par Halle, communiqua le tout au m chapelle Reichardt, et celui-ci, à la lecture des premiè
1. Éditions. — Œuvres complètes, 20 vol., Berlin, 1828-1846. — Œuvres: publiées par Kœpke, 2 vol. Leipzig, 1855. — Nouvelles, 12 vol., Be — Œuvres choisies, par Welti, 8 vol., Stuttgart, 1886-1888; p
- Leipzig, 1892; par Minor, ? vol. (collection Kürschner). ei
Tieck a traduit le Don Quichotte de Cervantes (4 vol., Berlin, 1799-18 terminé le Shakespeare de Wilhelm Schlegel (9 vol., Berlin, 1825-1832 laidé dans ce dernier travail par sa fille Dorothée et par le comte Be
Correspondance. — K. von Holtei, Briefe an Ludwig Tieck, 4 vol.,
A consulter. — Friesen, Ludwig Tieck, 2 vol., Vienne, 187). — Bischof Dramaturg, Bruxelles, 1897. — Minor, Tieck als Novellendichter \< mische Blätier de Sievers), Brunswick, 1884. NP.
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D. O TIECK ET WACKENRODER. D 1608:
“érüt entendre la voix du Moine dans Nathan le Sage ». Le titre ctle lien de l'ensemble étaient trouvés. Tieck ajouta une préface,
compléta et développa par endroits la pensée de son ami, et ainsi
parurent, en 1797, sans nom d'auteur, les Confidences d’un moine
um des arts !. Tieck recueillit plus tard les derniers fragments de
Wackenroder, et en forma les Fantaisies sur l'art, pour les amis de
cart?. Il s'est expliqué lui-même à plusieurs reprises et très fran-
chement sur la part qui lui revient dans les deux publications, et quiest beaucoup plus grande dans la seconde que dans la première.
Wackenroder mourut en 1798, à l'âge de vingtson éducation artistique s'était faite dans les galeries du musée de Dresde. S'il avait vécu, s’il avait pu accomplir ce voyage d'Italie ue’ rêve tout artiste, nul ne peut ‘dire quelle tournure aurait — rise son esprit. Il a commencé, comme Gœthe, par l'admiration lugothique, et l'on sait comment Gœthe a fini. Il n’a donné que on premier jet, et cette explosion juvénile, toute vive et ardente lans les Confidences du Moine, un peu calmée et refroidie dans le temnbald, est devenue le credo artistique du romantisme. Wackenroder est artiste et poète au fond de l’âme, mais l'art et à poésie, intimement unis, ne sont pour lui que l'expression du / entiment religicux. Aimer et adorer, dit-il quelque part, tout le \ ens de la vie est là. Il compare la contemplation d'une œuvre ‘art à une prière : un musée doit être un temple, Un élan du
url'entraîne vers le moyen âge et l’aurore de la Renaissance ;
laphaëlet Albert Dürer sont ses héros. Mais, en même temps, Seflorce d'entrer dans toutes les formes sous lesquelles se ianifeste le génie; il ne rejette rien de parti pris. Le sentiment | de l'art, » dit-il, « est un rayon qui se brise en mille manières dans n0s âmes comme dans un prisme, » Ce qui lui est antipatique, c'est l'esprit de système. « Celui qui croit à un système til ailleurs, l'intolérance du sentimen
cinq ans. Toute
et) 0 « a déjà expulsé l’amour du fond de son cœur ; de lesprit est plus insupportable que l'intolérance
t; la superstition vaut mieux que le dogmatisme. » faut, Pour comprendre une œuvre d'art, sortir de soi-même et rer dans l'âme de l'artiste. L'art est le domaine de la tolérance; n'ya que la frivolité avec laquelle il soit incompatible.
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