GUDRUN ». | RUE
Après les combats sur terre, les expéditions maritimes ; après Filiade, l'Odyssée. Mais il est bien entendu qu'ici encore l’analogie n’est que dans la nature des sujets. Le poème de Gudrun se com
de trois générations. Les deux premiers sont comme une longue introduction ; le titre ne s'applique proprement qu’au troisième L'unité est donc encore moindre que dans les Nibelungen;: mais, dans le sein de chaque partie, la rédaction est plus suivie; 0
raître les soubresauts et les impromptus de la tradition orale. La troisième partie nous reporte à l’époque où les Normands venaient de s'établir en France : car la Normandie dont ilest question dans cette partie semble bien être la province française de ce nom. La légende de Gudrun se serait donc définitivement fixée, comme celle des Nibelungen, au xi° siècle; la rédaction que nous avon devant nous paraît avoir été faite à É fin du siècle suivant. 4
La première partie ressemble à un conte de fées, alourdi-par la forme épique; certains détails pourraient figurer dans une
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1. Manuscrit. — Le poème de Gudrun, tel que nous le possédons aujourd’ hui, a été conservé dans un unique manuscrit, que l'empereur Maximilien ler, fit faire pour le château d'Ambras, dans le Tyrol, ét qui fut remis au jour en 1819, Ettmüller a cru reconnaître, à travers le texte actuel, les treize chants prim dont le poème serait formé (Gudrunlieder, Zurich, 1841). Ses recherches ont é poursuivies par K. Müllenhoff (Gudrun, die echten Theile des Gedichts, Kiel, 18 et par W. von Plœnnies (Gudrun, Ueberselzung und Urtext, Leipzig, 1853). ”
Éditions. — La première édition fut celle de Von der Hagen et Primisser, da le Livre des Héros, 1 vol.; les dernières sont celles de K. Bartsch (Leipzig, 186
Traductions en allemand moderne de Simr ock (1764. Stuttgart, 1906)et de L.K
2. Ce Hagen na rien de commun avec le héros du même nom qui figure d les Se et dans le Fe altharius.
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Ÿ POÈMES HÉROÏQUES. 43 eüne par un griffon, qui le transporte dans une île déserte. I y éncontre trois princesses, qui se sont retirées dans une caverne tour échapper à la poursuite des bêtes fauves, et qui se chargent ‘e son éducation. Arrivé à l’âge adulte, il s'empare d’un navire qui à fait relâche dans une baie; après une lutte invraisem-
able, il jette la moitié de l'équipage par-dessus bord,-et force
autre à faire voile vers l'Irlande. Enfin il succède à son père, tt épouse l’une de ses trois compagnes, Hilde, fille du roi des ndes. |
Avec la seconde partie, nous rentrons dans la tradition épique. lagen a une fille, appelée Hilde comme sa mère; mais il refuse le la marier. Alors Hettel, roi des Frisons, envoie trois messaers, Wate, Frute et Horant, pour la lui ravir par force ou par use. Wate, le chef de l'expédition, est un type de vieux guerrier lus vaillant que les jeunes, pareil au Hildebrant des Nibelungen. € poème nous le montre, dans une scène humoristique, au milieu Pun groupe de dames :
“La reiné Hilde et sa fille, en train de plaisanter, — demandèrent à Vate s’il lui était agréable -— de se trouver ainsi en compagnie de elles dames, — ou s’il n’aimait pas mieux batailler et combattre,
Le vieux Wate répondit : « Une chose me convient par-dessus tout:
— jamais je ne me suis vu en si douce compagnie, — et pourtant je me sens encore plus heureux lorsque, entouré de bons.chevaliers, — je vais dans la bataille comme dans une tempête. »
L’aimable jeune fille se mit à rire aux éclats; — elle voyait bien ue sa place n’était pas au milieu des dames; — et l’on continua de laisanter ainsi...
Elles demandèrent comment le vieux guerrier s’appelait : — « A-t-il
des serviteurs? A-t-il un château et une terre? — A-t-il dans son chà-
“eau femme et enfants? — Il ne doit certes pas leur prodiguer:les Caresses. »
Un chevalier répondit : « Il a femme et enfants, — et il a des “ierres; mais, ses biens et sa vie, — il risquerait tout pour l’honneur ; il en a donné des preuves; — il s’est toujours montré brave ct ‘hardi. 1»
5 « Frou Hilde und ir tohter durch schimphliîchen muot ù « begunden Waten frâgen, ob in daz diuhte guot, « swann’ er bi schœnen frouwen alsô sitzen solde, « oder ob er gerner in den herten striten vehten wolde?
« Dô sprach Wate der alde : « mir zimet einez baz.
« wan bi schœænen frouwen sû sanfte ich nie gesaz,
« ich'n tæte cinez lihter, daz ich mit guoten knehten,
« swenne ez wesen solde, in vil herten stürmen wolde vehten. »