PLATEN 0 de
Platen n'a qu'un trait commun avec Rückert : l'a d belles cadences et des rythmes sonores. Pour tout le reste forme avec lui un contraste frappant. Ge quiséhez Rückert, c de source, est, chez Platen, le résultat d’un travail Op 1 Rückert se contentait HR d'une pièce à moitié bonne, LÉ faire mieux dans une autre ; il se perfectionnait en continu
matière à verser dans un moule qu'il avait a s D'autres poètes ont eu un premier jet, puissant et.
1. « Manchmal will mich’s wunder nehmen, Wie ich doch noch Verse mache, Doch warum sollt’ ich mich schämen?
So natürlich ist die Sache.
Ess’ ich, atm’ ich, trink’ ich nicht?
Rieche Duft und schaue Licht?
Nur mit weniger Behagen -.
Als in jugendlichen Tagen;. | Und so fort nach altem Brauch
Geht in meinen Versen auch
Der gedämpfte Lebenshauch. »
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argé de réaliser. Lui, il commence, semblable à un érudit, par idier toutes les langues et par s'orienter dans toutes les littéures. 11 hésite longtemps entre divers modèles, et il n’est réellent maître de lui que le jour où il-peut-affirmer que la beauté la forme est le principe de l’art, et où il trace dans ses parases tout un cours d'esthétique en vers éloquents t,
Le comte Auguste de Platen-Hallermünde appartient, comme déric Rückert, à la Franconie. Il est né à Anspach, en 1796; père était grand-maître des eaux et forêts au service du der- PL, margrave. À dix ans, il fut mis à l'École des cadets de nich. C'était l’époque où le royaume de Bavière, de création ente, s'agrandissait, soûs la protection de Napoléon, aux dépens États voisins, surtout de l'Autriche, et où les Wittelsbach irrissaient peut-être la secrète ambition de se substituer un Baux Habsbourg. Le jeune Platen, caractère très personnel à, ne se plia Pas Sans peine au régime militaire, et sa ation devint encore plus difficile, après qu'il se fut permis plaisanter une pièce de vers que le général, directeur de ole, avait composée pour une fête. Ce fut pour lui un souladent lorsqu'il passa, en 1810, à l’Institut des pages, où l’en-
nement était plus libéral, et où régnait déjà le ton de la
1 La « Pagerie » se composait d’une vingtaine de jeunes gens
artenant tous à la noblesse, et dont la principale fonction
td'entourer et de servir la famille royale dans les grandes et
petites cérémonies. Platen étudiait les langues classiques,
rénait le français, l'anglais, l'italien ; il lisait énormément, et
ait registre de tout. Il commença, en 1813, son volumineux
nal, beaucoup plus détaillé que les Annales de Gæthe, frap-
bémoignage de l'importance que prenait à ses yeux tout ce
se rapportait à sa personne 2. Il appréciait, résumait, imitait
auteurs qu'il lisait, et ses remarques portaient le plus souvent
läversification et le style. Vers la même époque, il mit par écrit
ditions des œuvres. — Gesammelte Werke, 1 vol., in-8°, Stuttgart, 1839: 5 vol.. Stuttgart, 1843. — Nachlass, par J. Minckwitz, 2 vol., Leipzig, 1852. — 6; par K. Chr. Redlich, 3 vol., Berlin (Hempel), 1880-1883; — par Wolf et eizer, 2 vol., Leipzig (Bibliograplisches Institut), 1895, — Sämtliche Werke, 8Ch-kristiche Ausgabe, par Max Koch et Erich Petzet, 12 vol, Leipzig Hesse), 1906. — Correspondance, par Scheffler et Bornstein, Munich, TA consulter : P. Besson, Platen, étude biographique et littéraire, Paris, 1894. 7e journal, que Platen continua jusqu'à sa mort, finit par former trentelivres, en dix-huit gros volumes. Il a été publié par Laubmann et Scheftier : agebècher des Grafen August von Platen, 2 vol., Stuttgart, 1896-1900.
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704 LE ROMANTISME. | cette suite de maximes (Lebensregeln), un des rares éssais de sa] nesse qu'il a conservés, et qu’on prendrait plutôt pour le tés ment d'un philosophe müri par une longue expérience êt ass:
par les déceptions de la vie. Ce qui frappe partout, dans ce qu
sait des premières années de Platen, c'est l'effort déployé, persistance au milieu des découragements, une sorte d’opin trelté froide et résolue, et aussi le prodigieux ‘entassement matériaux qui semble promettre une “œuvre immense. On saurait disposer sur un plan plus vaste les fondements d édifice qui pourtant ne devait atteindre qu'à une moyer hauteur. !, 144
Au mois de mars 1814, Platen avait été nommé sous-lieuten. aux gardes du roi Maximilien, trop tard pour pouvoir partici à la campagne de France; il ne fit qu'un séjour de courte du en Champagne, l'année suivante. Il était entré dans la carri militaire avec l'espoir d'y trouver des loisirs pour ses étude: peut-être une activité extérieure qui ferait diversion à ses ing tudes morales. Bientôt la vie de garnison lui déplut: Muni d congé, il commença à vingt-deux ans son stage universitaire se rendit à Wurzbourg, et bientôt après à Erlangen; où il con Schelling, qui Fencouragea et le dirigea. I apprit l'espagr l'arabe et le persan, et, en 1821, il fit paraître, à quelques n d'intervalle, son premier recueil de gasels et ses Feuilles lyriqu Les gasels étaient un étrange début. Quand Rückert produisit siens, il était déjà connu du public, et il eut soin de les fi précéder de quelques morceaux d'un orientalisme mitigé. l'art des ménagements était étranger à Platen. Quant aux Feu lyriques, où il exhalait ses ennuis et ses chagrins d'amour, € apparurent comme un écho du romantisme, qui tombait discrédit; elles n'avaient pas, encore, du reste, la perfec rythmique que des retouches successives y apportèrenb |
tard. Ce fut, en somme, un échec, et Platen en fut profor ment blessé. Il n'eut pas le courage de se dire que lepu n’est pas uniquement formé de connaisseurs, ni surtout savants. Il se retrancha désormais dans un isolement farouc et il se glorifia, comme il le dif dans un épilogue, « de ne .« avoir Fapprobation de la populace ». . f
1. Ghaselen von August Graf von Platen-Hallérmünde, Erlangen, 1821 Blätter, Erlangen, 1821. — Un second recueil de gasels parut en 1824
l ft encore un sacrifice au romantisme dans ses premières mmédies. Ge sont des contes dialogués à la manière de Tieck. ont le sel consiste dans des jeux de mots et dans un perpétuel jachronisme. On y vit en compagnie des fées, et l’on y apprend imème temps les dernières nouvelles du jour. La Pantoufle de rre!, comédie en trois actes, est formée de la réunion de deux ntes, Cendrillon et la Belle au bois dormant; un prince sentiental, pour qui la seule réalité est le rêve, et qui souhaite de être lui-même qu'un souffle ou une ombre, se prend d'amour our une jeune fille qu’il croit morte; elle n’est qu ‘endormie, et, nänd elle se réveille, il consent à l'épouser, quoiqu’elle soit vante et réelle; un fou, le personnage le moins ennuyeux de pièce, représente eu romantique. Dans le Trésor de Rampnite?, comédie en cinq actes, empruntée à Hérodote, figure un rince de Nubie dont la Eh ibodise hégélienne a troublé lé cerau, son valet lui donne la réplique au nom du sens commun. out FAT se dit tour à tour en assez jolis vers et en prose counte, et les scènes se suivent très régulièrement. Si les comées.de Tieck pèchent par le décousu, celles de Platen ont le
‘faut contraire; elles sont trop apprêtées. Les traits d'esprit .
ennent à SR nommé, et on les prévoit de loin. La fantaisie, ère des contes, ne end pas d'ordinaire une allure si comissée, Au reste, ces comédies n'étaient faites que pour la lecre; seul le drame d’Aucassin et Nicolette 2 fut joué, et même avec iccès, à Erlangen, en 1825.
Platen s'est toujours beaucoup occupé du théâtre. Il écrivit, ins cette même année 1825, un long article sur Le Théâtre conléré comme une institution nationale, où à des idées très justes mêlent des jugements très péremptoires, Il passe en revue la ésie dramatique anciennne et moderne, et il dit vers la fin : Quoique notre théâtre soit encore dans son commencement, on pourrait dès maintenant exclure de la scène tout le fatras. (Plunder) et habituer le public,à ce qui est poétique et caractéristique. Si l'on s’aidait, comme on le fait déjà, de traductions
des poètes anglais, espagnols, français, danois, on constitue-
rait aisément un riche répertoire, sans recourir aux trivialités
. Der Glüserne Pañntoffel, 1893.
. Der Schatz des Rampsinit, 1824.
, Treue um Treue, ein Schauspiel in fünf Akten, 1826. — Schauspiele von August af vun Platen-Hallerinünde ; 1# vol., Erlangen, 1824; 2 vol., Stuttgart, 1828.
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« jamais été fait en ce genre ?. Je crois que la comédie a
..« même par ceux qui en seront atteints; ils seront séduits ‘ ‘«« grâce de la forme. » Et, dans une autre lettre, il ditu
«de Kotzebue, et surtout sans ester jusqu'à ses « seurs. » On peut s'étonner que Platen accorde une s place, dans son répertoire, aux pièces étrangères ; il ne s'expliqi pas nettement, du reste, sur ce qu'il entend par un. uhéâi | national. Pour le moment, il lui paraît urgent de former le” go du public, et il y procède, selon la méthode allemande, par critique. Ordinairement le goût d’une nation se forme par de chefs-d’œuvre. Tous leS préceptes de Boileau, sans Corneille | Molière, n'auraient pas fondé le théâtre français. Platen recor
aaît ce que l'Allemagne doit à Schiller; mais « après lui est venu «une grande marée descendante, ou plutôt un déluge de pa « vretés. » Mettre ces pauvretés au rebut, balayer ce « fatras qui encombrait la scène, telle fut la mission que se donna Plater Sn il ne a sans figures sur ce qu'il: fallait bannir
Houwald, c'était, pour un helléniste comme Platen, un a | ROLE le beau. Pour venger SOPROCIEE et HR il renouv
« vous envoie, » dit-il dans une lettre à se «le prémie « d’une comédie nouvelle. Après avoir longtemps bousillé, « le groupe des immortels. Si l’on éxcepte les Grecs, rien « phanesque est la seule vraie, mais je l'ai accommodée à
« scène. Je voudrais que cette ne à parût seule, car elle « semble rien à celles que j'ai faites PATES je
« pense... Les attaques personnelles me seront pard
2. Platen pouvait dire de. malgré l'essai: de comédie e anstonte Rückert en 1816 : Napoleon, politische Komôdie in drei Stackens les de mières parties dé cetto comédie ont scules paru.