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LS He n'y a pas seulement de l'esprit, mais il y L gne la plus ue inspiration 1, » L'action comique dans la urchette fatale, est sans intérêt; l’allusion satirique absorbe xt ; les personnages manquent ie réalité. Platen a beau nous je que, dans une satire, il est impossible qu'il y ait des carac-
res : Aristophane lui-même est là pour lui répondre. Mais les
rabases ont une allure superbe; jamais la langue allemande , porté aussi aisément le joug des rythmes éirangers. Pour la emière fois, Platen a une grande idée personnelle à exprimer, il devient naturellement éloquent. Il est emporté par la passion Mbeau, qui a été la seule passion réelle de sa vie. Depuis sa rupture avec le romantisme, il se sentait de plus en us attiré vers l'Italie. « C’est là, » écrivait-il à Schwab {le 24 mars 26), « que je compte finir mg vie; c’est de Rome que je veux vous envoyer ma prochaine comédie, dussé-je, pour y arriver, mendier le long de la route. Ce n’est qu'à Rome que je puis espérer d'atteindre la perfection, si un tel mot n’est pas un blasphème; les arts plastiques contiennent un véritable enseignement pour moi » Le roi Louis, dont il avait célébré l’avément dans une ode, lui ayant accordé un congé illimité, il rtit au mois de Snibibre 1826. IL laissait aux mains de son nidle comte Fugger un recueil de sonnets, qui devait s’imimer en son absence, et dont il confiait la révision à Schwab. étaient, selon son propre Etre celles de ses poésies « où iMavait mis le plus d'âme ? ». Dans le nombre se trouvaient les nnets vénitiens, résultats ie précédent voyage, description Ja ville des LE de ses palais, de ses quais, de ses lagunes, de la « population d’aimables fainéants qui la remplit »; desiption animée, qui se continue et s'achève au hasard des deco rtes journalières, et que traverse le souvenir#mélancolique de glorieuse république d'autrefois. Le sonnet était un de ces Tres qui convenaient particulièrement à Platen, à cause de la écision qu'il exigeait. Le génie poétique, il ne cesse de l’affirmer,
besoin d’une limite *; il sort plus libre de la contrainte d'une
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MéEettres du 24 mars et du 10 avril 18%.
2« Ich halte sie für das Beste und Seelenvollste unter meinen lyrischen
chen. » (Lettre du 1°" sept. 1826.)
# « Was stets und aller Orten
« Sich ewig jung erweist,
2 « Ist in cebundnen Worten
« Ein ungebundner Geist. »
c (Épigraphe des sonnets.)
forme étroite. Platen cite comme ses maîtres Pétrarque et Rückert, et il ajoute : « Je marche après eux, comm « neur qui ramasse quelques épis tombés dela main des : «neurs, car je n’ose me placer à côté d'eux, moi quatrièm .Platen est ici, par exception, trop modeste; ses sonnets, pour mouvement aisé et harmonieux de la prise poétique, Re: se comparer aux plus beaux.
Le premier ouvrage qu'il envoya d'Italie fat. l'OEdipe roma tique ?, où il continuait la campagne commencée dans {a Fou chette fatale. Dans cette nouvelle comédie. aristophanesque, prend à parti le poète Immermann, qui s'était permis de mal parl de ses gasels 8. Il fait de lui le représentant de la « corporatic « des poétereaux qui écorchent la noble langue allemande da «leurs chansons criardes », et il l’immole au nom de la Raisc (der Verstand), qui apparaît comme l’un des personnages pri c paux de la pièce. JImmermann est censé refaire nc ro c
alterne avec le trochée et l’anapeste, et la pièce né se que dans les tirades satiriques du cinquième acte, où lé p reprend la parole ; car ce personnage qui représente la ou le bon sens n “est, au fond, Le son a HN ES
ds « Auf diese folg’ ich, die sich gross erwiesen, « Nur wie ein Æhrenleser folgt dem Schnitter, « Denn nicht als Vierter wag’ ich mich zu diesen. » …
épigrammes d'Immermann. Lune d'elles était dirigée contre « De « des fruits qu'ils ont volés dans les bosquets de. Schiraz, « ensuite des gasels. » C'était une grossièreté plutôt qu'une épigram pouvait se croiie visé, aussi bien que Platen; il dédaigna de répondre: ramassa le gant; les traits qu'il décoche, en passant, à Henri Heine, portée; ce sont surtout des allusions à son origine juive. Heine contin: tilités dans la suite des Reisebilder. En somme, cette querelle n a fait h persona. é 4. Die Liga von HE anbres geschichtliches Drama in drei Akten, Francfc
LE OULTÉ DE LA FORME. 109 ntrer ce que devait être un drame classique. Ses apologistes nt prétendu; mais la pièce n’est guère autre chose qu'un frag: nt d'histoire dialoguée, animé par endroits d’un souffle patriode. Platen attachait plus d'importance à son poème des Abusest, qui l’occupa plusieurs années, et qui l'accompagna dans s pérégrinations à travers l'Italie. C'est un'conte des Mille et é Nuits, hissé aux proportions d'une épopée; la sobriété esque aride du style contraste avec le merveilleux des avenres, et le vers trochaïque de cinq pieds, que Platen voulait bstituer à l'hexamètre, fatigue à la longue par sa cadence notone. «
En 1835, la crainte du choléra, qui sévissait sur le continent lien, décida Platen à s'établir en Sicile. Il fut pris d’un accès fièvre, se crut atteint par l'épidémie, se soigna mal, et mourut bitement à Syracuse, le 5 décembre, à l’âge de trente-neuf ans. | jugement que Jacques Grimm porta sur lui se termine par ces pts : « Le destin n’a pas permis à ce noble poète de mettre le Sceau à sa poésie par un grand ouvrage, vers lequel il tendait de toutes ses forces, et qui aurait jeté de la lumière sur sa carrière antérieure. » Assurément, l'œuvre de Platen prendrait e autre physionomie, si l’on pouvait la considérer comme un but, une préparation, la promesse de quelque chose de plus and qui serait venu après. Il semble néanmoins, si l’on veut ivre Platen d'année en année, sans part pris, qu'à partir de l& urchette fatale et des sonnets il ait atteint son apogée. C'était, mme le dit justement Grimm, un noble poète; mais il arrêta ématurément et dessécha son génie par une préoccupation trop clusive de la forme. Il dit, dans le prologue des Abassides, en dressant à ses lecteurs allemands, « qu'il voudrait bien être
Un jour compté parmi leurs classiques ». On ne se fait pas” f
issique, on le devient, et le plus sûr moyen de le devenir, c'est ne pas trop chercher à l'être. Platen pense trop, quand il rit, à ce qu'on dira de lui en le lisant. Il aura toujours des lecurs, même des admirateurs, mais on reprendra de préférence Iles de ses pages où un sentiment personnel et profond anime
“éclaire la froide plasticité des formes.
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, Die Abastden, ein Gedicht in neun Gesängen, Stuttgart, 1833.
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à 3. — LEOPOLD SCHEFER.
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— DAUMER — BODENSTEDT.
Rückert et Platen avaient ouvert le chemin de l'Orient: d'au € s'y portèrent en foule après eux. Ce fut presque un romantism d'un genre nouveau. Il semble que les poètes allemands de ut les écoles n'aient jamais pensé qu’à sortir, par quelque moyen q ce füt, de leur temps et de leur pays. Bientôt ce ne furent plu seulement des couleurs de style et des formes de versificatio
x , , . . . 3 LE Re , qu'on demanda à l'Orient, mais une manière de vivre, une phi
losophie. Ainsi s’'accomplit le cycle de l’orientalisme allema û
Gœthe avait fait un premier voyage de reconnaissance dans ] monde oriental, et, pour faire accepter les découvertes qu’ rapportait, 1l les avait présentées « dans le’ langage le plus s Cet le plus uni! ». Rückert avait fait un pas de plus; il ava ensemble le fond et la forme, et quelquefois la forme ava fond, traduisant des idées allemandes en gasels et en maka Enfin on alla plus loin encore : on se fit Arabe ou Persan fait; on se grisa de mysticisme et de panthéisme, et, soit n: ment, soit par esprit de système, on s’agenouilla dévoter devant Allah et son prophète. Le f EE Léopold Schefer, né en 1784, à Muskau, dans la Haute-Lusace avait déjà publié, avec un succès mitigé, un grand nom nouvelles et de poésies lyriques, et il avait atteint la cinquante lorsqu’i: donna son Bréviaire laïque, qui le rendit populaire avait fait des études très disparates dans sa jeunesse, s'étai occupé tour à tour de littérature, de médecine et de musique, { avait visité, de 1816 à 1821, l'Italie, la Grèce et la Turquie. À si retour, il était devenu le mandataire du comte de” ck Muskau, et il s'était fait construire, en face du château de protecteur, une villa où il acheva de vieillir, ét où il mot en 1862. Le Bréviaire laïque est un recueil de maximes € réflexions, distribuées jour par jour tout le long de l’année. un Caféchisme de la religion universelle, ou, pour mieux dire,
- 1. Divan oriental-occidental, notes et dissertations. UE vu 2. Laïenbrevier, Berlin, 1834. — Édition des œuvres : Choix fait par l'au 12 vol., Berlin, 1845; 2 éd., 1857. Le 11e vol. est précédé d'une biogr Œuvres posthumes : Für Haus und Herz, publié par Gottschall, Leipz Buch des Lebens und der Licbe, par Moschkau, Leipzig, 1877; 3° éd.,
À <onsulter : Brenning, Zeopoid Schefer, Brême, 1884 ;
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panthéisme que Léopold Schefer croyait trouver au fond de tes les religions. Dieu est tout: il est le soleil qui éclaire les ndes, le nuage qui déverse la pluie, le germe qui dort dans le ide la terre; « il est à la fois le grain de sable et l'étoile, le arfum de la fleur et la poussière d'or sur l'aile du papillon. » omme n'est pas supérieur à la pierre, car une chose peut-elle
à plus que divine? Qu'avons-nous donc à faire, et quel est le de la vie humaine? C'est de faire en silence, comme les autres atures, l'œuvre de Dieu, ou plutôt de laisser Dieu fairé son tre par nous, surtout de ne pas nous enorgueillir, de ne pas Ÿ pnous glorifier de la petite étincelle que lunique auteur des ses, seul grand et seul fort, a déposée en nous.
es étoiles marchent dans leur route immense, — en silence elles itent, passent et descendent, — et, en silence, sur leurs disques > le Dieu accomplit son œuvre divine. — Regarde, en effet : sa ide et sainte activité — ne réveille pas loiseau, ne l’inquiète pas — nd il dort sous les rameaux fleuris, — Aucun son ne retentit de 1àbvers la terre, — tu n’entends aucun écho dans la calme forêt. — aurmure, c’est le propre gazouillement de la source; — ce chuchoent, c’est la propre haleine du feuillage. — Et toi, homme, tu ames une vaine gloire? — Et ce que tu peux faire tu le fais à grand &— et tu voudrais, enfant que tu es, l’inscrire sur les étoiles? — quand le doux Esprit aura pénétré en toi, — lui qui, du sein de lande œuvre silencieuse du soleil, — du sein de la terre et du prinps, et du sein des astres nocturnes, — parle à ton âme, alors tu te
Seras aussi, — tu accompliras ce qui est bon et tu réaliseras cé +.
est beau, — et tu marcheras en silence sur ton chemin terrestre, OMme si ton âme n’était qu'un rayonnement des lunes, — comme | étais un avec l'Esprit silencieux 1.
« Die Sterne wandéln ihre Riesenbahn « Geheim herauf, vorüber und hinab, « Und Güttliches vollbringt indess der Gott « Auf ihren Silberscheiben so geheim!
« Denn sieh, indessen schläft in Blütenzweigen « Der Vogel ungestürt, nicht aufgeweckt « Von seiner grossen heil'gen Wirksamkeit; « Keïin Laut erschallt davon herab zur Erdel {E « Kein Echo hôrst du in dem stillen Wald!
« Das Murmeln ist dès Baches eignes Rauschen « Das Süuseln ist der Blätter eignes Flüstern ! « Und du, o Mensch, verlangst nach eitlem Ruhm? rs « Du tust, was du denn tust, so laut geräuschvoll, « Und an die Sterne willst du’s kindisch schreiben? « Doch ist der sanfte Gott in dich gezogen, 3 « Der aus der Sonne schweigend grosser Arbeit, | + « Aus Erd' und Lenz,-aus Mond und Sternennacht
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112 dc ROMANTISMÉ.
Léopold Schefer n est pas assez philosophe pour ton Lux dé nières conséquences de sa doctriné, et il serait facile de le met “en contradiction avec lui-même. Ohoiqu il refuse à l’homme tou individualité, il lui recommande de « s'associer, par la parole « par l'action, à tout ce qui se fait de bien autour de lui», ajoute même : « Songe aux autres, songe à ta patrie! » Ilve « qu'on veille sur l'enfant, qu'on le vénère, car il est de natu « divine; qu'on éloigne de lui tout ce qui pourrait ternir $ « imagination et son cœur ». Enfin il est simplement spiritualis quand il dit : « Celui qui n’a jamais fait le bien, cherché le vr « contemplé le beau, celui-là seul est sans Dieu. »
Le Bréviaire est écrit en vers iambiques de cinq pieds; la phre est simple; elle suit son cours limpide, uniforme ; elle donneu impression de calme et de paix. Les Vigiles, le Prêtre laïque, Discours domestiques reprennent le même thème, avec. moi d'originalité, quelquefois avec des images bizarres. Dans F derniers recueils, Schefer essaya de concilier l'orientalisme a l'hellénisme: il mit aux mains de Hafiz la lyre et la coupe d'A créon?. L’Apothéose d'Homére, qu'il laissa inachevée, est. u sorte d’Iliade romantique *. En somme, Léopold Schefer ne jamais faire l’unité dans son esprit. Ses nouvelles, qui tienne à la fois de Jean-Paul ét de Hoffmann, sont ue plupart à études décousues de situations ee - et d'accidents dy logiques; le lecteur, Aéro se demande s oh ny a pass
qui Led sa seconde voix pour celle d' un esprit. ; La su Schefer est rythmée comme des vers; mais, n'ayant plus le fre de la mesure, elle se répand comme une nappe d’eau sans bor et sans profondeur, sur laquelle un soleil PHSFAREE fait scintil
quelques étoiles ÿ.
« Zu deiner Seele spricht — dann ruhst auch du, « Vollbringst das Gute und erschaffst das Schône. n « Und gehst so still auf deinem Erdenwege, à « Als wäre deine Seel’ aus Mondenlicht,
« Als wärst du Eins mit ne mage Geist. »
Dean 1854.
2. Hafis in Hellas, Hambourg, 1853 tee 3. Homers Apotheose, erster Band, in zwôlf Gesängen, Labs, 1858. 4. Der an LS 1829.