A ROMANS AS À
Aus Ægypten, Vienne, 1860). Il a beaucoup écrit. Ses premières poésies date 1832; son dernier recueil complet est de 1881. Sa renommée $e fonde surtou deux poèmes, Christophe Colomb (1836) et Don Juan d'Autriche (1846), que lan gence de la forme empêchera de vivre. Ce qui lui a le mieux réussi, c'est la Jade historique. : : .
Le Hongrois Karl Beck (1817-1879) n’a jamais su gouverner son imagination, rendre parfaitement maître de la langue. Il a mené une vie errante ; il a vécu qui temps à Weimar, auprès d'Ottilie, la belle-fille de Gæthe, et il s'est trouvé en rap avec les principaux écrivains de la Jeune Allemagne. Sa plus grande admir était pour son compatriote Lenau. Le titre même de son premier recueil de pos les Nuits, chants cuirassés (Nächte, Gepanserte Lieder, 1838) montre, «p réunion de deux images disparates, combien sa vision était peu nette. Il &d ensuite Le Poète vagabond (Der fahrende Poet, 1838) et les Chansons trang Stille Lieder, 1840). Les Chansons du pauvre homme (Lieder vom armen Mann,
Ke Je classèrent définitivement parmi les coryphées du libéralisme. Dans sonr Fe versifié, Janko le Gardeur de chevaux hongrois (Janko der ungarische Ros | 1842), il a essayé des rythmes variés, quelquefois heureux, souvent étranges La Galicie a donné le jour au poète Charles-Ferdinand Dræxler (1806-1879 Guté à son nom celui de Manfred, l'un des héros du Phantasus de Tièc de Dræxler-Manfred a été slave. Il a d’abord été journ et Grün;il a voyagé ensuite en -Allemagn
a à] première éducation à Vienne, où il a connu Lenau France et en Angleterre. Il a longtemps dirigé le théâtre de M recueils de lieds, dé romances et de ballades s'échelonnent de 1826 à 186 sentiments qu'il exprime sont simples et naturels ; son style est souvent pé
roue et prosaïque.
. \1866) et Seidl (1804-1875) ont continué modestement la tradition du cha l'aire. Une partie des n di trichien paroles qui accompagnent aujourd'hui l'hymne national de Haydn sont de Rollet (1819-1904) est un aimable poète, sans envolée, qui a chanté disc le printemps, l'amour sp (Leipzig, 1865). I1 se transporte, dans un songe, devant ‘le trône de ler pe qui lui demande ce quil veut : « Je veux être libre, » répon
exprirné la même idée sous une forme plus originale. a Me
A consulter, sur toute l’école : Alfred Marchand, Les Poètes lyriques de l'Au
es Q vol. Paris, 1881, 1886,
Vié théâtrale à Vienne. La censure. La farce viennoise. — 1. La comédie. Castelli et Bæuerle. Les féeries de Raimund. La comédie “de caractère de Bauérhfeld. — 2. Grillparzet. Éléments de son “théâtre. L’Aïeule. Sapho. La Toison d'or. Le Roi Ottokar. Les Flots de la mer et de l'amour. Les dernières pièces de Grillparzer; son génie dramatique. — 3. Les successeurs de Grillparzer. Ferdinand de Saar. Frédéric Halm et son Gladiateur de Ravenne. Mosenthal. -Nissel, — 4. Anzengruber et ses paysanneries.
LeWiennois est, de tous les hommes de langue allemande, celui bale goût le plus vif pour le théâtre. 11 y trouve, selon l’expresn de Kant, un plaisir désintéressé, et il s'étonne que dans d’au- Srégions de l'Allemagne on y cherche quelquefois une lecon morale, de politique ou d'histoire. Il peut, du reste, varier son isir selon son goût du moment. Il sait qu’à la Hofburg il troula tragédie, le drame sérieux et là haute comédie; au Théâtre laVienne (An der Wien), l'opéra et le ballet, le mélodrame alteritavec là farce, et même à de certaines époques de l’année drame biblique; à la Leopoldstadt et à la Josefstadt, la pièce ulaire, humoristique ou fantastique, avec ses types consacrés, Originaux des différentes provinces, et l’inévitable personnage nique, le Kasperle, reproduction de l’ancien Hanswurst, que isched avait banni de la scène classique 1.
meilleure condition pour un poète dramatique est de >endre d’un public et de ne dépendre que de lui. Mais le poète
Telle était du moins la situation au temps de Raimund, de Grillparzer et de
ernfeld. Plus récemment, deux nouveaux théâtres, le Volkstheater et le Raidtheater, se sont créés. L'opéra a eu sa salle spéciale, et le Théâtre An der MA gardé l'opérette. Le Théâtre de la Leopoldstadt a été longtemps un npd'expérience, et l'on y a joué beaucoup de pièces traduites du français.
À autrichien avait encore à compter avec. da censure. Des ! séjournaient dans les cartons officiels pendant des mois, per des années; elles en sortaient mutilées, et quelquefois n’en s taient plus. Un drame de Castelli sur les “Macchabées dut s’appe
Salmonée et ses fils, le titre de Macchabées, emprunté à la Bible,
à pouvant être donné à une œuvre profane. Ce que la censure
de plus troublant, c'était l'imprévu de ses décisions. Elle ë
encore plus arbitraire que tyrannique, et ce n'étaient pas t
jours les écrits les plus hardis qu’elle atteignait !. Le passé ne
était pas moins suspect que le présent; Schiller lui-même n4 pas ses entrées libres sur la scène; Don Carlos et Guillaumen étaient des exemples réputés dangereux. Et pourtant le lo lisme du peuple autrichien était tel, qu’une allusion malign un membre quelconque de la famille régnante aurait provog dans une salle de spectacle, tout autre chose que des applau sements. Jamais la comédie ADI n aurait pu pEén
pied sur le sol de l'Autriche. \ à
Un des effets de la censure fut le développement excessif. de
Ÿ comédie populaire. Ne pouvant rire ni du gouvernement, mi l'administration, ni des grands seigneurs, ni des gens d'Égl es Viennois rirent d'eux-mêmes, ce qui ne pouvait déplar -personne. Au reste, farce, comédie, drame ou tragédie avaient -caractère commun d’être faits pour la représentation et adap
aux conditions de la scène. La pièce écrite, uniquement destii
/ ‘à la lecture, poème dramatique où roman dialogué, ce:ge hybride si répandu dans le Nord de l'Allemagne; est inconnu
du moins très rare dans la littératüre autrichienne. Ce qui
fréquent, au contraire, c’est la pièce qui ne sort pas de l'ence
‘du théâtre, qui n'est pas imprimée, lors même qu'elle a eu
1. Voici ce que raconte Grillparzer dans son Aulobiographie : « Je me” 0 « (dans une excursion aux environs de Vienne) à côté d'un conseiller, membn « la commission de censure, qui m'a toujours montré beaucoup d' attachement Le « me demanda d’abord, ce que tout le monde me demandait alors à Vienne, p « quoi je ne publiais presque plus rien. Je lui répondis que, comme empl « censure, il devait savoir cela mieux que personne. « Vous voilà bien, « les auteurs! » continua-t-il. « Vous vous imaginez toujours que la ce «conjurée contre vous. Quand votre Ottokar, par exemple, a été retenu dé « vous croyez sans doute que quelque ennemi acharné en a empêché la Fe « tation. Eh bien! le coupable, c'était moi, et Dieu sait que je ne suis N'a « ennemi. — Mais, monsieur le conseiller, » répliquai-je, « qu’avez-vous don! « de dangereux dans Ja jice? — Oh! rien, absolument rien, mais, me di «,ne peut pas savoir. » — Voir un article de Carl Glossy, Zur Geschichte Theatercensur, au 7° vol. du fahrbuch der Grillparzser-Gesellschaft, Vien
Cuès. Touùt, Cependant, n’est pas original. L’Autriche, tout en ant sa tradition propre, n’a pas été fermée aux influences rangères. La comédie française s’est introduite à la Hofburg, ns des adaptations plus ou moins libres. Quant au drame, on napruntait plutôt à Calderon qu'à Shakespeare. La majorité du iblic se sentait plus d’affinité avec la vieille Espagne, absolu-
te et croyante, qu'avec l'Angleterre émancipée, et l'imbroglio
pagnol plaisait à l'imagination autrichienne, qui a toujours été itée au merveilleux.