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i | 2. — GRILLPARZER.
Le
ranz Grillparzer avait déjà vingt-six ans lorsqu'il fut connu: public 2. Mais jusque-là il n’était point resté inactif. Il à sé un nombre considérable de projets, de plans, d'esquisses, -
4it .
H°Kurz, Geschichte der deutschen Litteratur, au 4° vol. — Un recueil des
res de Bauernfeld, mais qui n'ést pas complet, a paru en 12 vol. (Vienne, 11873. — Choix par E. Horner, 4 vol., Leipzig, 1905: = Son journal a été iédans le Jahrbuch der Grillparzer-Gesellschaft(V ét VE, Vienne, 1895, 1896). Œuvres et correspondance. — Grillparzers sämtliche ‘Werke, 5° éd., par auer, 20 vol,, Stuttgart, 1892. — Grillparsers Werke, im Aufträge der Stadt mn herausgegeben von A. Sauêr; I (Die Ahnfrau, Sappho);: Vienne, 1909 — lparzers Briefe und Tagebücher, herausgegeben von C. Glossy wid A Sauer,
Stuttgart. — Grillparzers Gespräche, gesammelt von A. Sauer (Schriftèn des’
erarischen Vereins in Wien), 3 vol., 1904-1910. consulter. — Laube, Grillparzers Lebensgeschichte, Stuttgart, 1884, — H,. Sit-
ériger, Grillparzer, sein Leben und Wirken (dans la collection : Geisteshelden),
in} 1904. — J. Volkelt, Gesammelte Aufsätze, Munich, 1908. -— Farinolli,
de Vega und Grillparzer, Berlin, 1896. — À. Ehrhard, franz Grillparser,.
I$,1900 ; 2e éd. allemande augmentée, Munich, 1910.
ne Grillparzer-Gesellschaft a été foddée à Vienne, en 1890, pour le centième
‘Yersaire de la naissance du poète, qui fut célébré Le 15 janvier de l’année sui- Elle à pour organe un Jahrbuch. dont le let Vol. parut en 1891, et qui s'est
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de fragménts, de préparations de toutes sortes, qui da grande partie de sa jeunesse, témoignages curieux de ses’ nements, de ses tentatives en tous sens, dé ses. réflexions et ses études sur un aft qu'il jugeait très difficile et pour lequel se sentait une vocation irrésistible. Il prit son point de départ Lo près de lui. « Les premières impressions, » dit-il dans un dt , fragments aütobiographiques, « ne s'effacent jamais; 4e pla / « que m'ont procuré dans mes jeunes années les contes defé «et les histoires de revenants du théâtre de la Leopoldstadi « laissé une trace dans toutes mes œuvres!. » De ces pièces grand spectacle qui le divertissaient tout jeune, il a gardé léso de la mise en scène, l'amour du décor etun certain goût merveilleux, qui s’est assagi dans la suite, mais qui ne l’a jam: entièrement quitté. Les comédies sépadhiles qui faisaient par! du répertoire de la Hofburg lui offraient un art plus consomm tout en employant parfois des procédés analogues; et qua plus tard il étudiait à fond Lope de Vegaet Calderon, il ne‘fais: que raviver et fixer d'anciens souvenirs. « La différence lentre « poésie dramatique des Espagnols et celle des Allemands tient, dit-il, « au caractère différent des deux nations. L'Allemande « tendre et sentimental; il veut que la poésie se confonde av « Ja vie et donne l'illusion de la réalité; les complications du « intrigue ne se justifient, à ses yeux, que par le dénouemen , < Pour F Espagnol, au contraire, le Jeu dramatique est précis " « ment un jeu; une intrigue bien compliquée le charme par ell «même, l'entraîne et le passionne; et quand son intérêt estexci « au plus haut point, il souffre volontiers qu'un dénouemei « brusque interrompe son illusion et le ramène à lui-même. Le théâtre: espagnol plaisait à Grillparzer : par ses qualités tot “extérieures, par l'éclat et la variété de sa mise en scène, par SO mouvement vif et imprévu, par tout ce qui en faisait uné ima de la vie, brillante -et pittoresque. Dans la littérature allemand: il va d’ abord à ce qu'il ya de he grand, Gœthe él de sui
continué sous la direction de Carl Glossy. Les papiers de Gailiatses avec ceux ( ; Ranande de Bauernfeld ct ie be sont re aux ss Le
danÿ les vol. Fe Il, IL, IV. Vet VIII du Jahrbuch. 1. Zum eigenen Schaffen : Sämtliche Werke, 18° vol. 2. Pre zum spanischen Theater : Sämtliche Werke, 17 vol,
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que de Frédéric Schlegel lui inspire une aversion profonde. jethhomme, » dit:l quelque part, « serait capable de commettre laque jour ‘un adultère, en pensant à l'union mystique de ésus-Christ avec son Église. » Il appelle Tieck « un fragment le Gæœthe, mais un tout petit fragment ». La plus importante ses œuvres dë jeunesse, Blanche de Castille, une tragédie en qactes, qui: n’a été publiée qu'après sa mort, est, de son pre aveu, une imitation de Don Carlos 1. Plus lard, ilse détacha Schiller, auquel il reprochait surtout de trop philosopher. Mais la jawais varié dans son admiration pour Gœthe. Il le jugeait mitable par nature. « Schiller, » dit-il, « peut ct doit être imité, arce qu'il est le modèle d’un genre; Gœthe n'appartient à aucun enre; c'est une nature exceptionnelle, formée de qualités conraires qui ne se trouveront peut-être plus jamais réunies. »
Tilparzer aurait pu; comme Gœæthe, faire la part de ce que, iSssa propre nature, 1l croyait devoir à chacun de ses deux: ents. Il était né à Vienne, en 1791 son père était un homme loi, d'un caractère peu expansif, de sens droit et de volonté me; inflexible dans son amour du vrai, minutieux dans &omplissement de son devoir, et qui avait gardé sous le aistère de Metternich les traditions libérales du temps de eph II: Sa mère, fille d’un compositeur distingué, aimait pasnnément la musique ; âme tendre, mobile, elle se donna la rt,en 1819, par imprudence, dans un accès de mélancolie Stique. Grillparzer lui-même allia de bonne heure le culte de musique à celui de la poésie. Mais la réflexion, chez lui, tait jamais débordée par la sensibilité. Tout au plus se laissait. étérminer par un penchant inné à voir de préférence le côté te des choses, par une habitude de se sonder, de se. creuser, se tourmenter, et, dans les relations du monde, par une
Blanche de Bourbon a été mariée, par raison d'État, à Don Pedro, roi de ile; Caractère mou, sans volonté. Elle a été aimée autrefois par Federico de nan, frère naturel de Don Pedro, qui est chargé do la recevoir à son arrivée lède. Le roi la délaisse ayant même de l'avoir vue, pour la sœur du ministre illa. Federico engage Blanche à fuir; elle préfère se résigner à son ‘sort, « en tendant sa justification dans la vie future », ce qui est peu dramatique. Alors 2rico s'unit à Henri de Transtamare, un autre frère naturel du roi, qui a déjà eVéMla noblesse contre la tyrannie de Padilla. Mais il est assassiné avec la Par ordre du ministre. Dans la dernière scène, on annonce l'entrée de Henri lrânstamare dans la ville. La ressemblance avec Don Carlos cest visible: che de Bourbon est copiée sur É/isabeth de Valois; Federico réunit en lui les dnnages do Don Carlos et du marquis do Posa. Ce qui diffère, c'est le caractère Let lo dénouement. Toute l'exécution dénote une main encoro inexpérimentée,
AS LTÉE TOUR 7
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lement et de solitude. Ayant terminé ses étudés universitaires, ayant perdu son père en 1809, il se fit précepteur dans famille noble, où il fut obligé de cacher soigneusement ses ess: poétiques. Il prit ensuite un modeste: émploi dans les contrib tions, et ce ne fut qu'en 1832 qu'il devint directeur des archix au ministère des finances. C’est sur le conseil et en partie d’ api les indications de Schreyvogel, directeur de la Hofburg, qu exécuta, en 1816, un de ses nombreux projets de drame, l'Aieul [” détilé était, quant au sujet, une combinaison dé de obscurs. romans, l’un une histoire de brigands, l’autre un Cor de revenants. Dans la rédaction, on reconnaît à la fois l’influen des drames de la jeunesse de Schiller et celle de Galderon; forme est celle du vers trochaïque de huit syllabes. Un com Borotin a deux enfants : une fille, Bertha, la compagne de vieillesse, et un fils, Jaromir, qui a été enlevé tout jeune: par: brigand, et qui devient bi Pa lui-même. Jaromir sauve sa sœ@t sans la connaître, des mains de ses compagnons ; il l'aime, et comte, auquel il s’est présenté comme un seigneur pauvre, l* cepte pour gendre. Mais les brigands, qui ont établi leurcar dans une forêt voisine, sont surpris par une‘compagnie" de s dats envoyée à leur poursuite. Un combat meurtrier s ‘engage se prolonge jusqu’à la nuit, dans le parc même du château comte prête main-forte aux soldats; Jaromir ne peut s ‘empêth de répondre à l'appel des siens, et, dans l'obscurité, il frappes père. À la fin, il veut enlever Bertha, mais il-trouve dans ses bre au lieu de sa fiancée, une aïeule qui est sortie du tombeau, eba Jui imprime sur le frônt un baiser mortel. Telle était la don première. Mais ensuite le poète voulut introduire dans sa piè une idée morale. Cédant, dit-on, aux suggestions de Schreyvog il supposa que l'aïeule s'était rent coupable d’une fau L avait entaché toute sa race, et son châtiment devait être d'assist elle morte, à la fin tragique de tous ses descendants. Ellémen l'âme de l'action, presque un RÉTRPARAES PER RAS Elle à
a % 2 A et Jaromir philosophent constamment sur eux-mêmes. -je fait ce que j'ai fait? » dit Jaromir après avoir tué son ». g L'acte prouye-t-il la faute? Parce que la main, parce que poignard est à moi, le crime est-il aussi à moi? Mais entre coup et la blessure il y a un abîme, que toute la science de iomme et toute son orgueilleuse expérience ne peuvent mbler. Oui, la volonté est à moi, mais l'acte appartient au stin. Qui est-ce qui peut dire : C’est ce que je veux, c’est ce li sera fait? Nos actions sont des coups de dés dans l’aveugle it du destin. » L’'Aïeule fut classée, dès le début, et non sans n, parmi les drames fatalistes 1, Grillparzer protesta; il ia même que si quelqu'un était à blâmer, ce n’était pas lui. Je fait est que ce début le gêna toujours. « On aime doubleent, » dit à ce propos Laube, « un enfant persécuté, et Grillvzer repoussait les éloges qu’on donnait aux ouvrages de sa aturité, quand c'était aux dépens de son Aïeule?. »
changea brusquement de direction. Afin d'échapper aux tres et aux brigands et à « toute cette danse folle où le
aître de ballet lui-même finit par laisser tomber l’archet de
S nains », il résolut de choisir un sujet des plus simples. I]
ut « se persuader à lui-même et persuader au public qu'il
übcapable de produire de l'effet avec la seule puissance de
poésie ». IL écrivit Sapho, comme Voltaire avait écrit Zaire,
d'une haleine, en quelques semaines, au commencement de
6e 1818. Sapho est une tragédie grecque dans le genre de
igénie de Gœthe; ce qu'elle a d'antique, c’est la forme simple
le. donnée à une idée moderne. Cette idée est le conflit
Part et la vie. Les romantiques voulaient faire de l’art la
e la vie: ils prétendaient « vivre la poésie ». Pour Grill-
sf, Vart et la vie sont deux domaines séparés, dont il est leux de confondre les limites. Phaon a grandi dans l’admira-
dé Sapho; elle a été l'idéal de ses rêves. Envoyé aux jeux
piques pour la course des chars, il la voit couronnée du. er poétique ; il s'approche d'elle, joint son hommage à celui
foule, et obtient d'elle la permission de la suivre à Lesbos.
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lème) l'instrument du crime est déterminé par le destin, comme éans de quatre Février de Werner; il faut que Jaromir frappe son père avec l® poiqui à été baigné du sang de l’aïcule.
Ahnfrau, Nachwort von H. Laube. — La pièce fut représentée pour la «dé aù théâtre An der Wien le 31. janvier 1817.
LE TNÉATRE AUTRICHEN. 711
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Sapho s’imagine, dans la société du beau jeune hommi
« cendre des sommets éthérés de la poésie dans les vallon « et fleuris de la vie, mener à ses côtés une existence tranqu « comme celle des bergers, et ne plus toucher la lyre que p. « célébrer les joies innocentes du foyer domestique! »,M deux s'aperçoivent bientôt qu'ils ont été dupes d'une illusi Ce qu'ils prenaient pour de l'amour, c'était de l'admiration d coté, et, de l’autre, une sorte de condescendance émue. « Jet « mais, » dit Phaon, « comme on aime les dieux, comme on ai «le bien, le beau. Tu és faite, ô Sapho, pour devenir la cc « pagne d'êtres supérieurs. On ne descend pas impunément « festin des dieux dans le groupe des mortels?. » C'est 1 esclave de Sapho, Mélitta, qui, par l’aveu de son naïf amour, Ou les yeux à Phaon. Quant à Sapho, sa passion s’éveille seulem lorsqu'elle se croit trahie. Après une lutte violente: contre el même, elle reconnaît que « sa vraie patrie n'est pas sur la ter. et elle cherche la mort dans les flots. Une chaleur contenue cule à travers toute la pièce, et l'analyse psychologique est t fine. Lord Byron, après avoir lu Sapho-en traduction italien Venise, écrivait dans son journal : « Grillparzer, un nom dia « lique! Mais il faudra bien. s’habituer à le prononcer. Cette ! « gédie est grande, sublime. Qui est le poète? Je ne le conn « pas, mais les siècles le connaîtront. Grillparzer est gra « antique, pas tout à fait aussi simple que les anciens, mais po « tant très simple pour un moderne, Bref, c'est un écrivainel « et captivant*. » D |