IIIe acte. x
2. Kôni, Ottokars Glück und Ende; le titre du manuscrit original était: Eïines rê dOttokar il pensait à Napoléon.
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onteriporain cité par Laube, « le premier ouvrage de ce genre qui ait été porté au théâtre! Ce fut un événement, et, depuis Pentrée des Français, rien n'avait produit une telle sensation. Le jour de la mise en vente de la pièce imprimée (qui était aussi celui de la première représentation, le 19 février 4825), à midi, la librairie était pleine de monde ; plus de six cents exemplaires lurent vendus ce jour-là. » Oltokar, roi de Bohême, c’est le ‘pe du despote; c’est le souverain grisé par le pouvoir, qui ne croit justiciable que de lui-même, et qui finit par apprendre à s\dépens que la société humaine constitue par elle-même une uissance supérieure à toutes les volontés individuelles. C’estun itocrate qui n'est au fond qu’un révolté. Ce qui le rend intéresnt, au point de vue dramatique, ce sont les nuances de son iractère, son ardeur bouillante et irréfléchie, sa valeur guerère, son humeur tranchante et caustique. Au premier acte, il vient d’une expédition contre le roi de Hongrie, et, odent don lui ôte son armure, il fait, en quelques traits énergiques, ie peinture de la bataille; car il a le langage bref, même quand ne commande pas, « Pis l'angle que forme la Marche, au pied d’une colline, sur l’autre bord, le roi Béla trônait sur son siège. On lui TT le pays, et ce qui s’y passait, et quels étaient les combattants. D'abord les choses allèrent assez bien pour lui; mais quand Habsbourg s’élança tout d’un coup avec grosse cavalerie, tout s'enfuit — tout ce qui peut jurer en Hongrois — et tomba dans la Marche, si bien que les barbes touflues flottaientsur l’eau comme des roseaux et en ar rêtaient le cours. Où est Habsbourg? Par le grand Dieu! il s’est bien (énu. Un homme tranquille pour le reste, mais, dans l'attaque, un méchant diable. Quand le roi des Hongrois vit cela, il n’eut plus besoin d'explication. Il se tira violemment les cheveux. Eh! pensais-je, épargnez-vous cette peine, nous ferions cela Mieux que vous. Mais il est devenu notre ami, et nous ne devons plus dire que du bien de lui. » Ottokar a décidé qu'il nderait une ville sur le lieu du combat, afin que le souvenir de aillance soit pérpétué dans tous les siècles. Il reçoit l’homage du roi de Hongrie, des États d'Autriche, de Styrie et de Winthie. Mais il pense que ce n’est là que le commencement Sa fortune ; il rêve de rétatlir l'Empire d'Occident. « La coutonne de Charlemagne, » s’écrie-t-il, «n'est pas trop belle pour cette tête! O terre, ne branle pas! Tu n'as Jamais rien porté
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au fond il les us plus qu vil ne Îles aie ét: au jou
danger, ils seront tout prêts à le trahir, Lui-même a plus d'& portement que d'assurance, et quand il trouve en face de luiu grandeur réelle, son emphase se dissipe en fumée. L'audién solennelle et légèrement humoristique du premier acte coritras avec l’entrevue qui occupe une grande partie du troisième, et deux scènes réunies constituent une admirable peinture caractères, Dans l'intervalle, Rodolphe de Habsbourg a été empereur, et Ottokar refuse de reconnaître celui qui a combat sous ses ordres comme simple chevalier. Avant qu'ils en wie nent aux mains, Rodolphe convie son adversaire à « un entr « tien amical »; il lui dit : | 44
Vous êtes un habile capitaine, qui en doute ? — et votre armée « habituée à vaincre. — Votre trésor regorge d’or et d'argent, — etm j'en suis dépourvu, trop dépourvu peut-être. — Et pourtant, vo) quelle ferme confiance est la mienne! — Si tous ces hommes quisc ici m'abandonnäient, — si le dernier de mes valets se retirait de m camp, — la couronne sur ma tête, et le sceptre dans ma main, — jir: seul dans votre camp qui me brave, — et je vous crierais : « Seignet « donnez ce qui appartient à l'Empire ! » — Je ne suis pas celui que vo avez connu autrefois, — je ne suis pas Habsbourg, je ne suis F Rodolphe : — le sang de l'Allemagne coule dans ces veines, — le: pot de l’Allemagne bat dans cette poitrine. — Ce qui était mortel en. m je l’ai dépouillé, — et je ne suis plus que l'Empereur, qu, ne met jamais. 1
Une vaine ardeur de gloire m ’a, comme vous, — entraîné sale premier âge. — Sur les étrangers et sur les parents, sur les amis sur les ennemis, — j'exerçais la jeune et prompte vigueur dem bras, — comme si le monde n’avait été qu’un vaste théâtre. "po * ne 1. « Ihr seid ein kriegserfahrner Fürst, wer zweifelt?
« Und Euer Heer, es ist gewchnt, zu siegeh,
« Von Gold und Silber starret Euer Schatz :
« Mir fehlts an manchem, fehlt's an vielem wobl! Dr « Und doch, Herr, seht! bin ich so festen Muts : N « Wenn diese mich verliessen alle hier, :
« Der letzte Knecht aus meinem Lager wiche;
« Die Krone auf dem Haupt, den Scepter in der Hand,
« Ging ich allein in Euer trotzend Lager . à 4 « Und rief” Euch zu : Herr, gebet was-des Reichs! MUR - « Ich bin nicht der, den Ihr voreinst gekannt! JT FN « Nicht Habsburg bin ich, selber Rudolf nicht ; Sr « In diesen Adern rollet Deutschlands Blut, " « Und Deutschlands Pulsschlag klopft in diesem Herzen. «=Was sterblich war, ich hab’ es ausgezogen s Undbin der Kaiser nur, der niemals stirbt,
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he et pour son épée. Mis au ban, -- j'ai fait avec vous la croigen Prusse, — j'ai combattu à vos côtés contre les Hongrois. — éndant-je murmurais en moi-même contre les barrières — que npire et l’Église opposent trop craintivememt — au courage résolu “eut se donner carrière. — Alors Dieu m'a pris dans sa forte main, etm'a fait monter les degrés de ce trône — qui s'élève au-dessus nmonde. — Et, semblable au pèlerin qui, arrivé au haut d’une ntagne, — abaisse ses regards vers la vaste contrée — et vers les rs où il se sentait à l’étroit, — ainsi mes yeux se sont dessillés, — lun seul coup toute mon ambition a été guérie. — Le monde est là que tous nous puissions y vivre, — et le Dieu unique est seul nd: — La terre est sortie de son rêve de jeunesse, — et, avec les nts, avec les dragons, — le temps des héros, le temps des forts est sé: — Les peuples ne se précipitent plus, comme des avalanches, ur les peuples; les éléments en fermentation se séparent, — et, rès les indices, il me semble presque — que nous sommes à l’endun âge nouveau. — Le paysan marche en paix derrière sa true, — et le bourgeois exerce son activité dans la ville. — Les vet les métiers lèvent la tête. — En Souabe, en Suisse, des confédéons se forment, — et la ligue hanséatique dirige ses nefs rapides ers le nord et l’est, pour le commerce et le gain. — Vous n'avez ais voulu que l’avantage de vos sujets : — donnez-leur la tranquil- Nous ne pouvez leur faire un meilleur don 1.
« Mich hat, wie Euch, der eitle Drang der Ehre « Mit sich geführt in meiner ersten Zeit; « An Fremden und Verwandten, Freund und Feind « Uebt' ich der raschen Tatkraft jungen Arm, « Als wär’ die Welt ein weiter Schauplatz nur « Für Rudolf und sein Schwert. In Bann gefallen, « Zog ich mit Euch in Preussens Heidenkrieg, « Focht ich die Ungarschlacht an Eurer Seite : « Doch murrt’ ich innerlich ob jener Schranken, « Die Reich und Kirche allzu ängstlich setzen « Dem raschen Mut, der grôssern Spielraums wert. « Da nahm mich-Gott mit seiner starken Hand « Und setzte mich auf jene Thronesstufen, « Die aufgerichtet stehn ob einer Welt!
« Und gleich dem Waller, der den Berg erklommen « Und nun hinabsieht in die weite Gegend « Und auf die Mauern, die ihn sonst gedrückt : « So fiel's wie Schuppen ab von meinen Augen, « Und all mein Ehrgeiz war mit eins geheilt.
« Die Welt ist da, damit wir alle leben, « Und gross ist nur der ein’ allein'ge Gott!
« Der Jugendtraum der Erde ist geträumt, « Und mit den Riesen, mit den Drachen ist « Der Helden, der Gewalt'gen Zeit dahin.
«“ Nicht Vülker stürzen sich wie Berglawinen « Auf Vôlker mehr, die Gärung scheidet sich, « Und nach den Zeichen sollt’ es fast mich dühken, « Wir stehn am: Eingang einer neuen Zeit.
« Der Bauer folgt-in Frieden seinem Plug, :
ébranlé par la détection d’une partie dei siens, consent à r
voir l'investiture de la Bohême et de la Moravie. Pour ména,
son amour-propre, Rodolphe reçoit son hommage dans lin r'eur d'une tente, sans témoins. Mais un chevalier donne, de propré autorité, un coup d'épée dans le rideau qui les cache le vassal apparaît aux yeux de l’armée, à genoux devant le su rain. L'humiliation qu'il a subie réveille son orgueil; il rompt foi jurée, et il trouve la mort sur le champ de bataille
Marchfeld. Quelques personnages secondaires jettent de la vari dans l'action politique : Marguerite d'Autriche, la premn femme d'Ottokar, répudiée par lui et qui continue de se dévo pour lui, une sainte et une martyre; ensuite sa seconde femr la fille du roi de Hongrie, qui, après l'avoir poussé à la révol passé au camp ennemi; elle a pour compagnon une sorte de, n valier poète, de mauvais goût et de mauvaise vie, 1e persos comique de la pièce.
Il semble que le caractère de Rodolphe de Habsbont a a la grande âme que le poète lui a prêtée, aurait dû suffire pe rendre la pièce non seulement populaire à Vienne, mais ent agréable à la cour et dans le monde officiel. Il n’en fut pas t à fait ainsi. Le manuscrit resta d’abord deux ans à la censu et, dans la suite, les représentations devinrent de plus enp
- Tares. Le ministère inclinait alors à une politique séparatiste,
l'on craignait de blesser le sentiment national des Tchèques6n parzer fit un voyage dans le Nord de l'Allemagne, « pour. voir « trouverait un lieu plus favorable à la poésie que Vienne. 1». Bexlin, il conféra surtout avec Fouqué, mais, en général, il sentit peu attiré vers les romantiques. À Weimar, il se confir dans l'admiration de Gæœthe. Après son retour, il écrivit une t gédie moitié historique, moitié légendaire, Un fidèle servite
son maître ?, et cette fois ce fut une autre partie de la m n
« Es rührt sich in der Stadt der fleiss ge Bürger,
« Gewerb und Innung hebt das Haupt empor,
« In Schwaben, in der Schweiz denkt man an Bünde, « Und raschen Schiffes strebt die muntre Hansa
« Nach Nord und Ost um Handel und Gewinn.
« Ihr habt der Euren Vorteil stets gewollt;
« Gônnt ihnen Ruh, Ihr kônnt nichts Bessres geleaLa
1. Selbstbiographie. | à 2. Ein treuer Diener seines Herrn, représenté pr Ja nee fois :
6, la Hongrie, qui se trouva choquée. La scène se passe à la du roi André; le personnage principal est un type de loyane poussé à ses dernières limites; il est prêt à sacrifier jusqu'à nneur de sa maison pour rester fidèle à une mission qui lui a confiée. La pièce réussit devant le public; mais, le lendemain, président de police vint offrir à l'auteur, de la part de J'emeur François Itr, de lui acheter le manuscrit, avec l'intention iidissimulée de Je supprimer. « Qu'est-ce qui avait déplu à empereur dans cette pièce qu'il avait d’abord applaudie ? » dit Ilparzer, « ou qu'est-ce qui avait pu la rendre suspecte? c'est é qui est resté jusqu’à ce jour un mystère pour moi. Mais le ècteur apprécier…a ce que de tels procédés avaient d’encouageant pour un poète !. » Laube suppose qu'un seigneur igrois avait été blessé par une peinture trop fidèle des urs de son pays. Grillparzer revint à l'antiquité : c'était terrain neutre. Il reprit le sujet d'Héro et Léandre, qu'il avait Qu presque en même temps que celui de La Toison d'or. Il ina à sa nouvelle tragéëie un titre que lui-même trouvait npeu précieux », les Flots de la mer et de l'amour ?, pour iquer, disait-il, dual avait mêlé à la légende grecque un élént romantique : singulier scrupule d’exactitude, inspiré sans té à Grillparzer par certaines pièces antiques, comme l’on Wilhelm Schlegel, qui n'étaient que de savants pastiches.
€ Léandre de Grillparzer a l'âme d’un Allemand dans le corps /
nGrec. « Il est beau, sans être grand; ses cheveux bruns risent autour de son front; son œil clair et profond lance des tincelles, quand il n’est pas voilé par les sourcils; il a les paules larges, le bras souple et nerveux 3. » Mais il est farouche ame un enfant, sensible à l'excès, sombre et mélancolique. 0-est prêtresse d'Aphrodite, « non pas de celle qui préside à union des sexes, mais de l’Aphrodite céleste, symbole de l’âme armonieusement unie en elle-même # ». Le trait dominant de caractère, le poète lui-même nous l'apprend dans une note, tla sincérité, une raison candide, naturellement maîtresse le-même. Elle est gagnée peu à peu par la flamme qui chez
Selbstbiographie.
Mecres und der Liebe Wellen, ae représentée pour la première fois rc le ‘3 avril 1831.
NS
a CE ROMANTISMÉ.
Léandre éclate brusquement. Une scène rappelle, sans |
désavantage, l’adieu matinal de Roméo et de Juliette; c'est part et d'autre la même grâce délicieusement maniérée# vient de recevoir, devant le peuple assemblé, la consécra solennelle qui la sépare du monde. Au moment où elle répan les parfums sur l’autel, son regard est tombé sur Léandre, 4 nouillé sur les degrés. Après la cérémonie, elle l’a trouvé sur passage, dans le bois sacré où elle allait puiser de l'eau pot service du temple; elle lui a rappelé la sainteté du lieu, la du danger qu’il courait, lui a commandé de s'éloigner, Puis. est montée dans la tour qui lui a été assignée comme défrét et qui se dresse sur un-roc escarpé au bord de l'Hellespont, veille auprès de sa lampe, et s’abandonne au souvenir de © journée, la première où il lui semble que quelqüé choses passé'dans sa vie. “if
| ss Héro. — Oui, beau jeune homme, silencieux et doux, je pense. à dans cette heure tardive, avec un sentiment si simple ét si uni, rien de coupable ne peut se cacher dan ses replis. Je té veux dub quoique je sois heureuse de te savoir-‘loin; et Si ma voix pour arriver jusqu’à toi, je t’enverrais ce salut : bonsoir! E LÉANDRE (du dehors). — Bonsoir! et RU 4 HÉRO. — Qu'est ceci? Est-ce toi, Écho, qui mé parles? toi qof vi me visiter dans ma solitude? Je te salue, 6 belle nymphe! LÉANDRE. — Nymphe, je te salue! 4 Fe.
Héro. — Ceci n’est point un écho. (Apercevant Léandre qui mont la fenétre) Retire-toi. Si j'appelle, tu es perdu. : n ed LéAnpre. — Accorde-moi un seul instant, Les pierres s’effritent s mes pieds. Si tu me repousses, je nai qué lé précipice derrière moi. seul instant, et je redescendrai les rochers. (Il entre). . Héro. — Reste là. Ne fais pas un pas. Malheureux, qu'est-ce qui conduit ici? de oi | LÉANDRE. — J'ai vu ta lumière rayonnet et briller à travers Ban En moi aussi, il faisait nuit, et j’aspirais à la lumière. Je suis dc monté jusqu’à toi. | Ed | Héro. — Et qui Va accompagné? qui Pa tenu l'échelle? t’a prêté bras secourable ? | | Res ae:
LéANDRE. — Je n’ai eu ni échelle pour me porter, ni autre secou J'ai posé mon pied entre les pierres branlantes; j’ai accroché ma m: aux genêts et au lierre : c’est ainsi que je suis venu, + to HÉRO. — Et si tu avais glissé? si tu étais tombé? Léannre. — C'eût été heureux pour moi.
Héro. — Et si l’on t’avait aperçu ?
LÉANDRE. — On ne peut m'avoir vu. Rs Héro. — Les gardiens du saint lieu font leur ronde à cette he Va-t-on pas commandé, ne Vai-je pas prié moi-même de retour {a demeure?
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NDRE. — ry suis allé, mais je n’y ai point ras de repos. Alors “suis jeté à la mer, et je l’ai traversée à la nage, …
Téro. — Comment! tu es venu de la côte lointaine d’Abydos? Deux neurs n'auraient pas fait cette course sans fatigue.
JÉANDRE. — Tu vois que j'ai pu la faire. Et si j'étais mort, si Ja preère vague m'avait englouti, j’eusse été plus près de toi de la longueur nbras, et ma mort eût été plus douce.
Jéro. — Tes cheveux sont mouillés, ton vêtement est mouillé, et tu à tremblant, . E ÉANDRE. — Ce n’est pas le froid. qui me fait trembler... (11 veul genouiller devant elle).
léro. — Non, pas ainsi. Mais reste. Repose-toi un instant, car bientôt
audra que tu partes. C’est donc la lumière de ma lampe qui la
igévet l’a montré le. but? Tu fais bien de me le dire, afin que J je la : he désormais. S ÉANDRE. — Ne le fais pas, je Ven ot ne le. fais er Je consens E eplus venir, si cela te fâche, mais ne me refuse pas cette lumière 1
." H. — « Ja denn, du schüner Jüngling, still und fromm, « Ich denke dein in dieser späten Stunde « Und mit se glatt verbreitetem Gefühl, .
« Dass kein Vergehn sich birgt in seine Falten. : <à « Ich will dir woh}, erfreut doch, dass du fern; 2f « Und reichte meine Stimme bis zu dir, » « Ich riefe grüssend : gute Nacht!