‹ Histoire de la littérature allemandeChapitre 373 sur 534 · PE. SANS À · texte numérisé non relu

PE. SANS À

796 oo ROMANTISNE.

Le 18 octobre 1854, une tragédie anonyme en cinq stiésl tulée le Gladiateur de Ravenne !, fut représéntée à la Hofburg. El eut un grand succès, grâce stintontt aux souvenirs patriotique qu'elle réveillait. On chercha le nom de l’auteur; on pens même à Grillparzer, quoique rien, ni dans le style ni dans | composition, ne rappelât sa manière. Le gladiateur était lesfi d’Arminius, prisonnier des Romains, et glorieux d'exercer | métier avilissant auquel on l'avait dressé dès sa jeunesse. Dan la dernière scène, sa mère, Thusnelda, prisonnière comme lu le perçait avec l'épée d’Arminius, pour l'empêcher de combattr dans le, cirque devant Caligula; ellé annonçait en même tem la vengeance prochaine des dieux, c'est-à-dire le débordemer des peuples germaniques sur l'Empire romain. La pièce étal habilement construite, mais tous les personnages débitaier la même rhétorique fleurie. Un instituteur bavarois, nomm Bacherl, déclara que toute l’œuvre n’était qu'un. asie et qu les meilleures situations étaient prises dans un drame qu'il avai envoyé précédemment à la Hofburg, et qui avait pour titrede Chérusques à Rome ?. Alors le véritable auteur se fit connaître

c'était le baron Münch-Bellinghausen. Il était né à Cracoyi en 1806: il avait été nommé, en 1845, conservateur de la Bibli thèque impériale, et il fut plus tard, pendant trois ans (1867 1870), intendant général -des théâtres de la cour; il mouru en 1871. Il avait débuté, à vingt-neuf ans, sous le pseudonym: de Frédéric Halm, par un drame sur ni que le: Iyrism du style avait fait applaudir, malgré le rôle étrange d'un épou qui, pour une gageure, inflige froidement à sa femme lesph odieux tourments. Parmi ses autres pièces, la plus remarqué fut le Fils de la solitude *. Il s’agit d’un Germaïn barbare qui si fait initier à la vie An par une jeune Marseillaise; mais il repousse ayec indignation les leçons de ceux:qui l'ont accueil à leur foyer, lorsqu'ils lui conseillent de trahir ses ancien compagnons. Heureusement qu'un traité d'alliance entre Ger mains et Marseillais donne satisfaction à tout le monde, et à lui

1. Der Fechter von Ravenna. “Es 2. Bacherl alla jusqu'à s’attribuer le Gladiateur; il parut en personne & sur l' théâtre de Munich, après une représentation, pour se faire appläudir, il rui même ses prétentions par la publication des Chérusques (Nerdine st re 3. Der Sohn der Wildniss, 1842.

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A sa fiancée, et au public. Les drames de Frédéric Halm sont brillantes mélopées, où la vérité des situations et des caracrés est sacrifiée à des effets de style et de mise en scène ‘:

Frédéric Halm se rattache à la tragédie classique de Schiller: lomon-Hermann Mosenthal incline plutôt au drame bourgeois Marmoyant. Chez lui aussi, la peinture des caractères est superielle. Son style est tendu et devient aisément déclamatoire. "à Cassel, en 1821, Mosenthal vint à Vienne comme précepteur, obtint ensuite un emploi au ministère de l'instruction et des tes. Son premier et son plus grand succès fut Déborah, drame pulaire en quatre actes (1850). Il voulait montrer la haine récijque qui, dans les couches inférieures de la société, sépare les rétiens et les juifs; mais nous n’assistons, en réalité, qu’à un pit amoureux, poussé au tragique. Déborah, sur un faux raprimaudit son fiancé, et elle s'aperçoit trop tard de son erreur. n$,un autre drame populaire, qui se passe dans une ferme, le inwendhof (1854), une jeune fille est victime d’un crime fausnent attribué à son père; un heureux hasard la réhabilite en sant découvrir lé vrai coupable. Transporté dans le grand nde, le drame de Mosenthal devient tragédie, et prend la me du vers iambique; mais les procédés restent les mêmes: Situation émouvante arrive à point nommé, et quelquefois si ISquement qu’elle manque son effet. Le sujet de Pietra (1864) un amour malheureux, traversé par les querelles des Guelfes des Gibelins; c’est Roméo et Juliette, avec une intrigue plus npliquée; une clef perdue amène le dénouement. Isabella ini (1868) contient une grande scène, celle où Isabelle, poussée outpar les soupçons de son époux, proclame hautement son our au milieu d’une fête, sachant que son aveu la conduira mort. Mosenthal à cultivé aussi le drame à sujet littéraire: iut citer pour mémoire la Vie d’un poète allemand, dont Bürger, léhéros, et les Comédiens allemnmds, qui traitent de la fameuse

rellé entre Gottsched et la tragédienne Neuber ?, JP

f * Œuvres complètes, comprenant les œuvres posthumes, 12 vol., Vienne, 1856- = Choix par A. Schlossar, 4 vol., Leipzig, 1904. -— Les comédies de Fré- »Halm rappellent trop l'imbroglio espagnol. Roi et Paysan (Künig und ‘2, 1841) est imité de Lope de Vega. Défense et Ordre ( Verbot und Befehl, }, une comédie historique dont la scène est à Venise, contient une excellente sition au premier acte.

Lin deutsches” Dichterleben, 1850. — Die deutschen Comôdianten, 1863, — ‘es complètes,-6 vol., Stuttgart, 1877,

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798 S | François Nissel, un enfant de ne né en 184, mort en a eu moins de succès au théâtre que Mosenthal, mais il a admirateurs passionnés. C’est un esprit réfléchi comme 6r parzer, quoique moins puissant et moins original. Il creuse sujets, il les médite longuement; il idéalise ses personnages en fait des types, des symboles; il est plein d’allusions, d'inte tions de toutes sortes. Ses préfaces, son Journul, sont de vra dissertations critiques. Ce: qui lui manque, c’est l'instinets nique, guide plus sûr que toutes les théories. Tout fils d'acte qu'il était, et familiarisé de bonne heure avec.les planches, iln Jamais bien connu l’art de nouer et de dénouer:une action di matique. Il s’est essayé dans tous les genres, comédie, tragéd drame populaire. Sa première œuvre d'une certaine importan fut une tragédie sur Persée de Macédoine, d’abord écrite. prose vers 1854, mise en vers jambiques quelques annéespl tard, et qui eut cinq représentations à la Hofburg en 4862. Pers fait mettre à mort son frère Démétrius, parce qu'il est l'amid Romains; mais lui-même est le rival de Démétrius, en amo comme en politique, et ils aiment tous les deux une Romaine tout en déployant ses grâces devant les princes macédoniens, la bouche pleine d’hyperboles sur la grandeur de sa patrie. U autre tragédie, Agnès de Méran, obtint, en 1878, le prix de ation: Sohil en le sujet, qui avait déjà été traité en fa çais par Ponsard, était tiré de l'Histoire de Philippe-Augusten Capefigue; un des principaux personnages est un troubadou rival de Philippe-Auguste, et qui ameute contre lui la, nobles et le peuple:et même la cour de Rome: le caractère du roi trop effacé. C'était, de loutes ses pièces, ni que Nissel. rait, S'il en est une qui se lise encore, c'est Henri le Lion. (185€ Le caractère principal, fait tout à la fois de bravoure, d'orgueil de loyauté, est une belle étude psychologique. L’intérêt.sespa tage entre lui et l'empereur Frédéric I"; ce sont deux politiqu presque modernes, dont l’un voudrait ‘orienter l'expansion ! l’Allemagne vers le midi, l’autre vers le nord. Le guelfe Hen refuse de suivre Frédéric en Italie; mais, après l'issue malhe reuse de la bataille de Legnano, il cn sa faute et se sou! 1 au pers de la Diète. La dernière œuvre de Nissel, ue. à

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