‹ Histoire de la littérature allemandeChapitre 375 sur 534 · CHAPITRE V à · texte numérisé non relu

CHAPITRE V à

Le mouvement des idées après 1815. La réaction polilique. Les décr de Carlsbad ; les conférences de Vienne. Proscription des éer de la Jeune Allemagne. Caractère de la nouvelle école. — 14. Ile Heine. Son début dans le romantisme. Le Buch der Lieder: Nordsee. Pcrfection de sa forme poétique. Ses écrils en prose; | Reisebilder. Dissentiment de sa nature. — 9. Bœrne et ses Lelh

de Paris. Gutzkow; ses romans, ses drames et ses comédi Laube; son talent d’assimilation. Écrivains secondaires. Eu

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La victoire de l’Europe sur Napoléon donna lieu à un gra malentendu entre les gouvernements et les peuples. Ceuxcrurent avoir conquis, avec l'indépendance nationale, la liber politique. Ceux-là se considérèrent simplement comme rétabl dans leurs anciens droits et dégagés de toute obligation env ceux qui leur avaient prêté main-forte. : je |

On s’aperçut bientôt que, dans le conflit des nations, la F AC n'avait pas été seule vaincue. Les conslilutions promises fu À! ajournées; la noblesse rentra dans ses. privilèges; la censure multiplia, veilla sur toutes les manifestations de l'esprit, su presse comme sur les livres, comme sur l'enseignement sembla que l'idéal politique du romantisme, sauf l'unité du ou voir, fût sur le point de se réaliser. LA TL EUSSSS

« De tout temps, » dit l'historien Treitschke, « la jeunesse « plus radicale que la vieillesse, parce qu'elle vit plus dans l'a reni « que dans le présent; mais c'est le signe d'une siluation àano « male quand l'abime s’élargit entre les jeunes et les vieux, 0 « il n’y a plus rien de commun entre l'ivresse enthousias « uns et l’activité réfléchie des autres.» Le libéralisme se1 ;

: À. Deutsche Geschichte in XIX. Jahrhundert, ® vol.

jord dans les sociétés de gymnastique dirigéés par Jahn, et

sles associations d'étudiants favorisées par quelques profesrs, tels que le philologue Massmann, ridiculisé par Henri ne Le 17 octobre 1817, cinq cents jeunes gens, partis de tous points de l’Allemagne, se donnèrent rendez-vous à Eisenach fhuringe, pour célébrer à la fois l'anniversaire de la Réforme élu de la bataille de Leipzig. Is montèrent au château de lartbourg, où le duc Charles-Auguste, l'ami de Gœthe, leur avail rl'hospitalité dans la grande salle des Chevaliers; et le soir, une motion de Jahn, soutenue par Massmann, on ralluma le her où Luther avait brûlé jadis la bulle papale, et, avec moins langer que Luther, on y jeta les écrits des« ennemis de la bonne iuse », et finalement un corset de uhlan, une perruque et un de caporal ‘. Les gouvernements prirent cette mascarade au eux. Une guerre de plume s’ensuivit. Charles-Auguste reçut admoncestation de la cour de Vienne, et le prince de Metterledéclara à l'ambassadeur de Prusse « qu'il était temps de wir contre le jacobinisme ».

emucongrès de Carlsbad, en 1819, se chargea de sauver la été menacée. Ses décrets donnèrent un démenti solennel et espérances libérales et aux aspirations unitaires. Des cura- Sfurent attachés aux différentes universités pour veiller sur iscipline des étudiants et sur l’enscignement des profésseurs. bdécidé qu'un contrôle sévère serait exercé désormais sur les -hures et les publications périodiques. Une commission spéé,nommée dans le sein de la Diète, était chargée de suivre eréprimer « les menées démagogiques ». Enfin les gouvernets s'engageaient à unir leurs efforts pour que nulle atteinte 'ût portée, ni dans les faits ni dans les éerits, soit au prin- Pmonarchique en général, soit aux prérogatives des difléients SCétaientl’autocratie et le particularisme qui triomphaient, Mâuvais jours commencèrent pour les lettres. Un censeur Berlin, nommé Grano, eut sa légende. 11 déclara, en 1824, ine nouvelle édition des Discours à la nation all:mande de té, « n’était pas convenable pour le temps présent ». Le ique de la Conversation de Brockhaus n'était autorisé que ur les savants », et on leur recommandait de ne pas le comiquer.

1e y avait parmi les livres brûlés le Code Napoléon et les Règlements de la erie,

f masse dû ue ê "était le oi de la tadiion et <

“nique. La prise d'un a de nee à Francfort, où

Les gouvernements avaient derrière eux, por. se faire! et obéir, une armée de bureaucrates. Le parti libéral. se ré tait surtout dans le monde universitaire. Quant aux esp simplement observateurs, ils ne pouvaient qu'être. frap d'un contraste, celui de la France vaincue, jouissant: d’inst tions parlementaires qui, malgré les efforts de la réaction, assuraient le mouvement de la vie politique, et de l’Allema victorieuse, réduite encore à attendre du bon vouloir de maîtres les franchises les plus élémentaires. La France na donc pas tout perdu dans Sa défaite, et elle donnait encor l’Europe d’utiles leçons. Peu à peu l’ardeur patriotique. de 1 fit place à un cosmopolitisme nouveau, tout politique, et- di rent du cosmopolitisme littéraire de Rad. On prit encore 1 fois, comme on avait fait au xvue siècle, le chemin de Paris, 1 plus pour y parfaire son éducation er à mais pour yr pirer un air plus libre, et, dans ce nouvel sole, les juifs, cosi polites par nature, sie au premier rang.

Telle était la iepoiti à des esprits aux environs de 18 journées de Juillet, les trois glorieuses, comme on les, eurent leur contre-coup en Allemagne. La Pologne se d’abord et perdit, grâce à la coopération de la Prusse Russie, le dernier lambeau de son indépendance. Les polonais se oies: en Allemagne et y PES

établi, qui a toujours été un trait dominant du caractè

Elle. coût la vie à sept Rene et le ministre 46) Ancillon, écrivit : «L’attentatde Francfort Fe ee L'AI

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rimèrent les concessions qui avaientété arrachées au duc de nswick, à l'électeur de Hesse, aux rois de Saxe et de Hanovre.. ependant les idées libérales cheminaient sourdement et filtraient dans les esprits. On avait hautement proclamé les rets de Carlsbad; les résolutions prises aux dernières conféces furent tenues en partie secrètes. Les petites cours ent paralysées par la crainte et n’obéissaient qu'avec hésitaaux injonctions qui leur venaient de Vienne. Plus l’action gouvernements était incohérente, plus les forces révolutionres tendaient à se grouper. Un mouvement se dessinait, lent, ? S continu, un instant assoupi après 1840, et auquel la troine révolution, celle de 4848, donna une intensité nouvelle. aDiète fédérale elle-même, à qui il est souvent arrivé de faire ontraire de ce qu’elle avait pensé faire, créa, sans le vouloir,

parti, en rapprochant quelques écrivains qui ne se connais- , #

snt pas auparavant, et en les embrassant dans une condamnadeommune. Un jeune critique, Ludolf Wienbarg, avait publié, Sle titre de Campagnes esthétiques, un recueil qui n'avait rien politique, et il disait dans sa préface : « C’est à toi, jeune Alleiagne, et non à la vieille que je dédie ces discours. » Il orait sans doute que Mazzini avait créé, sous ce nom de Jeune émagne, une société secrète où il enrégimentait les réfugiés emands. La Diète, trompée par une analogie de mots, prosvit, comme contraires à la morale, à la religion et à l’ordre blic, les écrits présents et futurs de Wienbarg, en y joignant ux de Heine, de Laube, de Gutzkow et de Mundt; et elle engagea gouvernements à empêcher, par tous les moyens en leur uvoir, l'impression et la vente de ces écrits 2. Le jugement de Diète avait été provoqué par la campagne violente que Wolfng Menzel avait menée contre la nouvelle école et spécialeent contre Gutzkow, dans une feuille conservatrice, la Gazette À

Æsthetische Feldsüge, Hambourg, 1834. — Wienbarg devait s'associer avec

tzkow pour la fondation d'une revue, Deutsche Revue, qui ne put paraître.

Le décret de la Diète, du 10 décembre 1835, ne fut pas exécuté avec unB alérigueur dans tous les États allemands. La cour de Stuttgart le désapprouva me formellement, et ne céda que devant les représentations de l'Autriche. La uvernement prussien, au contraire, n’attendit pas les résolutions de la Diète, et, S le 14 novembre de la même année 1835, il interdit la vente des écrits de Laube, “Gutzkow, de Mundt et de Wienbarg. Une mesure pareille avait déjà été prise, 1831, contre Henri Heine. À partir de 1886, les ouvrages de la Jeune Allemagne rent tolérés, à condition de passer par une seconde censure. — Voir L. Geiger 18 Junge Deutschland und die preussische Censur, Berlin, 1900. és

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littéraire de Stuttgart. Le nom de Jeune Allemagne, fa plaire à des hommes qui prétendaient préparer l'av désormais adopté par eux comme un titre honorifique, …

On à dit, avec uné antithèse plus piquante que Juste, que défaut des membres de la Jeune Allemagne était de n'être

Allemands ni jeunes !. Ils étaient pourtant l’un et l’autre : jeu par la générosité de leurs illusions et l'incohérence de leur & ième politique; Allemands, avec une réserve pour Henri Hei par la sincérité de leur patriotisme et par leurs attaches li raires. Le fond de leur doctrine était l'individualisme XVI siècle; ils se réclamaient volontiers de Lessing. Ils cor déraiént les droits de l'individu comme antérieurs à ceux de société. L'État et l'Église leur apparaissaient comme une gêr mais ils n’ont jamais recherché en quoi cette gêne pouvait ê nécessaire ou même salutaire. Ils prêchaient l'émancipation la femme, et la femme auteur ne leur déplaisait pas. L'adm tion de George Sand était Pour eux un article defoi. S rapport, ils n'étaient pas aussi novateurs qu'ils le paraissa Rahel, sans être auteur elle-même, n’avait-ellé pas dit « les ouvrages de Fichte avaient été écrits par Mme Fichte « Seraient-ils moins beaux? » Quant à leur position vis-à-

chaient à Gœthe de s'être trop désintéressé des affaires p ques. « Aussi longtemps que l'époque de Gœthe à été peti disait Laube, « Gœthe a été grand; quand l'époque a été ; « il est devenu petit. » Les classiques avaient vécu dans l'an les romantiques dans le moyen âge; le moment était venu, ( on, de vivre dans le présent. HER ea DO

Mais le présent était peu poétique. Aussi la poésie abdiqu devant la prose. On écrivit surtout des drames, des roma) nouvelles, et l’on prit rarement la plume sans vouloir démon une thèse. On ne s'adressa plus seulement à un public d'élite, on se proposa d'agir sur les masses, d'instruire et de diri nation. Étre lu et compris de quelques délicats, c'était un de dilettante, auquel il fallait désormais renoncer. L'art ou que l’entendaient Gœthe ei Schiller, était considéré comm divertissement frivole. On ne discutait pas seulement les gl

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