HENRI HEINE
Henri Heine avait tous les dons de l'écrivain et du poète, la nsibilité, l'imagination, l'observation prompte, la conception cile, l'expression vive et pilloresque. Ce qui lui manquait, c'était lien de toutes ces qualités, l'unité morale. 11 disait, avec plus esprit que de justesse, que le caractère était la ressource de ux qui n'avaient pas de talent. Pourtant la littérature alleande lui montrait, par de grands exemples, que le talent et le ractère ne sont nullement incompatibles, que même leur union nstitue le vrai génie ?.
ILétait déjà célèbre quand le hasard des circonstances l'enba dans la Jeune Allemagne. Il n’avait rien de l'ardeur de progande’ qui est la marque distinctive de l’école. Sa vie, comme
EMA consulter. — Das Junge Deutschland, par Féodor Wehl (Hambourg, 1886), nG: Brandes (Leipzig, 1891), par J. Prœlss (Munich, 1892), et par L. Geiger lin, 1907). — Sur tout le développement littéraire depuis 1830 jusqu'en 1919, mexposé succinct de G, Witkowski : Die Entwicklung der Deutschen Litteratur &1830, Leipzig, 1912.
“Œuvres et correspondance. — Édition des œuvres par E. Elster, 7 vol. Ipzig, 1897.— La correspondance (incomplète) comprend les deux derniers vol. léd:, de Karpeles (9 vol., Berlin, 1893). — K. Hessel, Dichtungen von H. Héine. gewählt und erläutert, Bonn, 1887. — Dans l'édition française des œuvres do ine, les poésies sont rangées dans un ordre arbitraire ; les parties traduites l'allemand ne manquent pas de contresens. ;
“Consulter. — À Strodtmann, Z. Heine's Leben und Werke, 2 vol., Berlin, 1867- 29° éd., 1884. — H. Hüffer, A. Heine, Gesammelte Autsätze, Berlin, 1906. — rpeles, . Heine und seine Zeitgenossen, Berlin, 1887; AH. Heine, Aus seinem lé und seiner Zeit, Leipzig, 1899. — N. Bœlsche, ÆZ. Heine, Versuchi einer ästhehknitischen Analyse seiner Werke, Leipzig, 1887, — L. Ducros, {/. Heine et son
“ LS j dite, tomes I et 111; comparer : K.E. Kranzos, Wann ist Heine geboren? Berlin, 189
* de l'hébreu; elle était pénétrée de Rousseau; elle avait le go
sa nature, est faite de dissonances. Il est né à Dusseld 13 décembre 1797 1, de parents israélites. Son père, qui, ten un commerce de draps, était un homme aimable et futile. mère, fille d'un médecin, était, selon tous les indices, une femr | Supérieure; elle savait le français, l'anglais et le latin, sans parl
des chosés de l'esprit, tout en étant ennemie de toute affectatio « Sije permets volontiers, » dit-elle dans uné lettre, «un certa « élan d'enthousiasme, je hais, en revanche, cette sensibil «qui est aujourd’hui à la mode. » Ailleurs elle déclare ‘qu'el se sent la force de s'élever au-dessus des préjuges, et qu’elle: reconnait qu'une limite, celle de la bienséance ?. Elle a survé. à son fils, qui a toujours eu pour elle une vénération profond On sait peu de chose de l'enfance et de la première jeunesse Henri Heine. Dans les renseignements qu’il a donnés sur Ju même, il se fait tour à tour meilleur ou plus mauvais qu'il n’étai Un trait de sa nature qui se déclara de bonne heure, c'ést ur grande irritabilité nerveuse, qui contenait déjà le germe de : dernière maladie. Un bruit, un cri, le faisaiént tressaillir; il r
pouvait souffrir qu'on parlât haut en sa présence ?. ee à
La ville de Dusseldorf devint, en 1806, la capitale du gran duché de Berg, cédé à Napoléon, qui le donna à son beau-frè:
temps, Paris, 1886. — J. Legras, A, Heine poète, Paris, 1897. — Henri Lichtei berger, 17. Heine penseur, Paris, 1905. , { Re 3
1. C'est du moins la date probable. Hénri Heïne écrit, le 3 novembre 1851, Saint-René Taillandier : « La date de ma naissance n’est pas trop exacte dans l « notices biographiques sur mon compte. Entre nous. soit dit, ces, inexactitud « semblent provenir d'erreurs volontaires, qu'on a commises en ma faveur lors « «l'invasion prussienne pour me soustraire au service de Sa Majesté le roi « Prusse. Depuis, toutes nos àärchives de famille ont été perdues dans plusieu:
. « incendies à Hambourg. En regardant mon acte de baptême, je-trouve le 134
« cembre 1799 comme date de ma naissance. La chose la plus importante, c'e « que je suis né, et né au bord du Rhin, où j'avais déjà fait, à l'âge de seize an « une poésie sur Napoléon, que vous trouverez dans mon Buch der Lieder, sous | « titre des Deux Grenadiers, et qui vous fera voir que tout mon culte d'alors éta « l'empereur. » Il ést probable que c’est en 1816, à l'époque où Henri Heine dut : rendre à Hambourg, que l « erreur volontaire » fut commise. Il avait besoin, € effet, pour quitter le territoire prussien, d’une autorisation qui pouvait lui êti refusée après la dix-septième année; on le rajeunit donc ‘de deux ans. Dans ur lettre à Frédéric Rassman, directeur de l'Almanach des Muses rhéno-westphane lettre écrite en 1821, il se donne vingt-quatre ans. — Voirla Correspondance ir