Voir un article de la Deutsche Rundschau, janvier
3. ]1 avait l'odorat aussi sensible que l’ouïe; l'odeur du tabac lui était portable, comme à Gæœthe. - 5
arme
furat. Un lycée, dirigé par des ecclésiastiques, fut établi «au ouvent des franciscains. Henri Heine avait dix ans lorsqu'il y intra. Il plaisante spirituellement, dans les Reisebilder, l'enseignenent qu'il y réçut; mais de cette époque datent sa sympathie jour la France et son admiration pour Napoléon. En 1845, il fut lacé dans un comptoir de commerce à Francfort t; il y resta juinze jours, dit-il, deux ans selon un autre témoignage, et nalgré lui. Ensuite son oncle, le banquier Salomon Heine, e fit venir à Hambourg, et le mit à la tête d’une maison de ommission, qui liquida peu de temps après. La liquidation aite; Henri Heine resta encore six mois à Hambourg, abusant des aïisirs qu’offrait la riche ville commercçante, et dont il a donné ne peinture dans les Mémoires de Schnabelewopski. Sa famille étant convaincue qu'il n’était bon ni pour le commerce ni pour
d banque, il fit son droit à Bonn et à Gœttingue. À Bonn, il /
uit les cours littéraires de Simrock et de Wilhelm Schlégel. | Gættingue, il reçut, avant l'expiration du semestre, son congé ous la forme du consilium abeundi, « pour avoir transgressé les règlements sur le duel », et la ville lui laissa un souvenir peu gréable, qu’il a consigné dafis les premières pages des Reisebilder. barriva à Berlin, au mois d'avril 1821, se fit présenter à sa coreigionnaire Rahel, et fut mis en contact avec les écrivains mar-
uants du groupe romantique, avec Fouqué, avec Chamisso, avec /
Chleiermacher; il entra aussi en correspondance avec Immeraann. Il fut l'un des habitués de la taverne où Hoffmann prodiuait ses saillies humoristiques. C’est sous les auspices de Rahel tde Varnhagen qu'il publia, en 1822, son premier recueil de 0ésies 1, qui forma plus tard, sous le titre de Jeunes souffrances
Junge Leiden), la première partie du Livre des chansons ou Buch
érbieder. L'année suivante parurent les Tragédies accompagnées lun Intermède lyrique; ces tragédies étaient Almanzor et Ratclif}, es seuls ouvrages dramatiques que Henri Heine ait jamais com- 0Sés ?. Les poésies du Retour (Heimkehr, 1823-1824), qui forment à troisième partie du Buch der Lieder, datent d'un voyage à unebourg, où sa famille s'était transportée, et à Hambourg,
le berceau de ses douleurs ». Enfin deux séjours qu'il fit dans
Ë Gedichte, Berlin, 1822.
2. Tragôdien nebst einem lyrischen Intermezzo, Berlin, 1823. — Almanzor a été
eul joué et sifflé, à Brunswick, le 20 août 1893, et a été repris plusieurs fois, jusà 1899; avec un succès douteux. .
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l'ile de Norderney en 1825 ct en 1826, pour se souliger di opiniâtres maux de tête, donnèrent lieu aux deux cycles d l Mer du Nord (Nordsee), qui terminent le Buch der Lieder1. A
Ce livre, si l'on remonte à la date des morceaux les plus anciens tels que la ballade des Deux Grenadiers, nous apparaît ainsi comm unc confession poétique, où Henri Heine a noté ses impressions ses rêves, ses peines de cœur, pendant dix années de saWie Il ben toute l’évolution dé son génie, depuis les sombre visions de sa jeunesse, « les pâles fantômes qui ne veulent plus « rentrer dans la nuit après qu'on les a évoqués », Jusqu'au « bonnes chansons » où sa fougue s’apaise devant le grand spéc tacle de l'Océan, et, au point de vue de la forme, depuis la lang: tourmentée et parfois incorrecte 2? des Nidhes jusqu'aux rythmes clairs et harmonieux de la Nordsee. Mais ce qui frappe dès le début, c’est une tendance à se rapprocher de la fermet el de la concision du chant populaire. Henri Heine procède du romantisme; mais il s’en sépare insensiblement, et il en devient enfin le du le plus acerbe. 11 remarque de es heure que le défaut capital des poètes romantiques est l'indéterminalion de la forme; mais il pense que ce défaut ne tient pas spécialement à la De des sentiments qu’ils expriment. « Les images qui {r ra- « duisent ces sentiments, » dit-il dans un article qui date de 41820, « peuvent être aussi el et aussi nettes que celles de la poésie « classique. Nos plus grands romantiques, » ajoute-t-il, « Gæœthe
«et Wilhelm Schlegel, sont en même temps les plus plastiques 6 de nos RDC » Et 1l cite, à ‘'ApRESe de sa thèse, le Faust e
Fes (1833), il développe ne même ne mais il choisit autrement ses ‘exemples : « Nous donnons à la poésie des Grecs: et « des Romains le nom de classique, et à la poésie du moyen âge « le nom de romantique. Mais ces dénominations ne sont. que « rubriques vagues; elles ont amené uw vrai désordre d'idées « s’est encore accru lorsqu'on a appelé la poésie des anciens
1. Ilambourg, 1827. — Dans l'édition française, les poésies du Buch der L été partagées entre trois volumes : Poèmes et Légendes, Drames et Fant et Poésies inédites.
2. La mère de Ifcine, à laquelle il dut sa première are Ron parlait incor ment l'allemand; elle y mêlait des locntions hébraïques. Lui-môme dit dan Reisebilder : « Nous autres pauvres Allemands, qui sommes déjà accablés d « corvées, il faut encore nous charger de la grammaire d’ Adelung et nous « menter les uns los autres ave” lo datif et l'accusatif. » tes Tambour ea ani
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ique, au dieu de lPappeler simplement classique. C’est là surtout “qui à donné lieu à des malentendus. Les artistes, en effet, bent toujours donner à leur sujet, qu'il soit chrétien ou païeu, me forme plastique ; ils doivent le présenter avec des contours ets. Bref, la plasticité doit être, dans l'art romantique moderne omme dans l’art antique, la qualité principale. En effet, les iguies de la Divine Comédie de Dante ou celles des tableaux de iaphaël ne sont-elles pas aussi plastiques que celles de Virgile uwcelles des murs d'Herculanum? »
ténouveler, purifier, simplifier le vieux fonds romantique en donnant les contours nets et clairs de la forme classique, tel “désormais le principe de Heine, et il crut trouver dans le nt populaire le lien naturel entre deux arts en apparence J0sés. Dans une lettre à Wilhelm Müller, écrite en 1826, et accompagne un envoi des Reiscbilder, il s'exprime avec plus détails sur les influences qui ont agi sur lui, et il donne une méciation intéressante de ses premières œuvres : « J'ai été Mmglemps malade et malheureux. Je ne le suis plus qu’à demi, bcela pourrait peut-être s'appeler le bonheur sur cette terre, want à la poésie, cela va mieux encore, et j'ai bon espoir pour avenir. La Nordsee est du nombre de mes dernières poésies, bvous y verrez quels sons nouveaux je fais entendre et quelles ouvelles cordes je fais vibrer. Je suis assez grand pour vous onfesser librement que mon petit rythme de l'{ntermezzo n'a pas ulementune analogie accidentelle avec votre rythme ordinaire, äisiqu'il doit vraisemblablement sa cadence la plus intime à JSieds; car ce sont les aimables lieds de Müller que j'appris connaître dans le temps même où j'écrivais l’Intermezzo. J'ai
1bi de très bonne heure l'influence du chant populaire alle- *
and. Plus tard, quand j'étudiais à Bonn, Wilhelm Schlegel ‘a initié à bien des mystères de la métrique. Mais ce n'est 10.dans vos lieds que je crois avoir trouvé la pure mélodie et simplicité vraie que j'avais toujours cherchées. Comme vos AS sont purs, clairs! et ce sont tous des chants populaires, in$/mes poésies, au contraire, la forme seule cest Jusqu'à un rtain point populaire; le contenu appartient à une société Lrègne la convention. » On sait aussi que le Cor merveilleux nim et Brentano fit une grande impression sur Heine, C'est là qu'il 4 trouvé l'idée de la ballade de Lorelei; le sujet avait même déjà ? par d'autres mains avant d'arriver jusqu'à lui.
Lpretté
/ tano, à Tieck et à tout le premier groupe romantique, lor
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inattendu de vieilles légendes, en partie dues en par ingénieusement renouvelées? On pense involontairement à Br