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« prennent elles-mêmes la parole. Bref, documents, «tiques ou nov, abondent. La première question est de « qui est bien renseigné et par qui nous pouvons être rens( « à notre tour. » Ranke prendensuite un à un les historiens ila espagnols, français, allemands, qu'il a dû consulter; il les : roge sur leur vie, leur caractère, leurs rapports avec les 80 nements,; il leur demande compte du dessein qu'ils ont« écrivant, des renseignements dont ils disposaient. IL faites Guichardin, à Machiavel, à Comines l'épreuve critique à l& Niebuhr avait soumis Tite Live, et dont le résultat est dex miner exactement le degré de confiance qu'ils méritent matières sur lesquelles s'étend leur compétence. Est-ce ass tant de précautions pour éviter les chances d'erreur? Ile d’après une autre déclaration de Ranke, que la vérité nes encore serrée d'assez près. «Il viendra un temps, » dit-il æll « où l’on ne fondera plus l’histoire moderne sur les rappor «historiens, même de ceux qui ont été contemporains des « ments, à moins qu'ils n'aient eu des renseignements tout « directs. À plus forte raison ne tiendra-t-on plus compt « remaniements de seconde main. On ne se fiera qu'aux tér « oculaires et aux documents d’une originalité incontesté: L'historien qui ne voudra être que vrai écartera donc tout impressions qui ont pu modifier un fait, tout ce que la fayer la haine, la crainte ou l'envie auront pu y ajouter; il dég, l'élément pur et primitif des alliages qui l'ont faussé et ) sc il ne verra plus que « ce qui est arrivé». C’est la métho: Niebuhr, appliquée à l'œuvre plus difficile et plus compliqu l’histoire moderne, plus difficile parce qu’elle touche à des rêts actuels, plus compliquée parce qu’elle s'appuiesu nombre considérable de documents souvent contradictoires
Ranke n'était point arrivé à cette méthode par raisonnen il y était porté par instinct. Il était au plus haut point, ce
Gœthe appelait une nature objective. Il se plaisait et sou
dans la contemplation désintéressée des choses. Observenun l’analyser, en rechercher les causes, en suivre les cons c'était pour lui un plaisir d'artiste ; il y mettait même un dilettantisme. On dit qu’au temps où il fréquentait le
1. Deutsche Geschichte im Zeitalter der Reformation préface du premi Berlin, 1839,
cela n’est pas impossiblé. Il a, avec la conscience de l'historien, us.les scrupules de l'écrivain. Lorsqu'il prend la plume, tous Smatériaux sont contrôlés et classés: tous les acteurs qu'il va éttre en scène sont debout devant son imagination. Ses portraits > sont pas des descriptions faites avec des mots abstraits; ils ‘sentent le modèle agissant, et montrent aux yeux les mobiles
Suméet, en quelque sorte, la concentration morale d'un règne 1. mstyle est sobre, sans déclamation. Il a le secret de la phrase Sgante et ferme, qui porte librement et aisément la pensée. Il itle lieu commun, aussi bien que le paradoxe. L'histoire est, uPlui, un conflit de volontés humaines, où les natures fortes iportent la décision. Les hommes, agissant avec le concours S circonstances, font le destin des nations, et les nations, à irtour, dans leurs rapports mutuels, font les civilisations. nke ignore ces missions providentielles qui seraient dévolues *értains hommes ou à certaines races. Il aime mieux considérer 1tes les nations issues de l'invasion germanique comme une tté de fédération intellectuelle, travaillant à une œuvre comune, La plupart des sujets qu'il a traités embrassent le Nord et Midi de l'Europe, et la période qu'il a le plus fréquemment idiée comprend les trois siècles, le xve, le xvi® ét le xviie, où Sbconstituée la civilisation moderne.
Ranke pensait que le vrai, la constatation objective du vrai ne Wait déplaire à personne; il en était tellement persuadé, qu'il fonnait, en écrivant l’histoire des papes, de ne pas voirs’ouvrir vant lui les trésors de la Bibliothèque vaticane. « Était-il pro-
able, » dit-il, « qu'on laisserait à un étranger, professant une
Wütre croyance, là main libre dans les collections publiques, [Won lui laisserait sonder les secrets de la papauté? Cela n'auailpeut-être pas été aussi maladroit qu'on se l’imagine. Ce que ärecherche scientifique peut mettre au jour est toujours moins langereux que les suppositions gratuites que le monde est
. Voir les divers portraits de Maximilien dans les //istoires des peuples romans létmaniques, celui de Charles Quint dans Princes et peuples de l'Europe méri-
tale au XVIe et au XVIIe siècle (Fürsten und Vôlker von Südeuwropa im XVI.
XVII. Jahrhundert, remanié sous le titre de Die Osmanen und die spanische tatchie im N VI. und X V1. Jahrhundert), les portraits de Cathcrins ie Médicis S MHistoire de France, principalement au XVI®° et au XVII: siècle.
ibituels de sa conduite; les portraits de souverains offrent le
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lections particulières lui fournissaient une somme suffisan
« enclin à prendre pour vérité 1. » D'ailleurs, ajuutet-il,
renseignements. Il jugea donc la politique romainé « comr « étranger », presque comme un indifférent. Il se comporta Vis vis du pouvoir papal comme on se comporte vis-à-vis d'un pa: « désormais inoffensif » : en quoi il reconnut plus tard #6 trompé. Au. point de vue de l'intérêt dramatique, obtenu les moyens les plus simples, sans aucun grossissement des fai sans mise en scène artificielle, les chapitres qu'il consacre à
peinture de la cour de Rome, aux négociations qui amenère
la contre-réforme, à la naissance de l’ordre des jésuites, à délibérations du concile de Trente, comptent parmi les me leurs qu'il ait écrits. L'Histoire de. l'Allemagne au temps. de. Réforme ?, qui doit compléter l'Histoire des papes, s'attache su tout à montrer l'influence du mouvement religieux sur la po tique européenne. Le caractère de Luther y est dépeint av une grande profondeur d'analyse psychologique. Mais le plan
la dynastie des Hohenzollern pour la juger avec impartia revint sagement à sa période de prédilection, le xvi et le con mencement du xvir siècle, et il retraça encore l’influence ke. Réforme en France et en Angleterre #. Il avait décrit ainsi sot toutes ses faces et suivi d’un bout de l'Europe à l’autre, sans pri jugé national et sans parti pris d'aucune sorte, un des gran faits de la civilisation moderne. he
ù Nr te 1. Die rümischen Päpste, ihre Kirche und tir Staal, im XVI und XVIL Jahrhu dert, 3 vol., Berlin, 1834-1836 (repris dans les œuvres complètes sous le titre: Die rümischen Päpste in den letzten vier Jahrhunderten) ; préface. à 2. Deutsche Geschichte im Zeitalter der Reformation, 6 vol., Berlin, 1839-1847. 3. Neun Bücher preussischer Geschichte, 3 vol., Berlin, 1847-1848. — Zwôlf Büch Preussischer Geschichte, 5 vol., Leipzig, 1871-1874. s A 4. Fransôsische Geschichte, vornehmlich îm XVI. und XVIL . Jahrhundert, 5 vol Stuttgart, 1852-1861. Traduction française de Porchat, 3 vol, Paris, 1854- Englische Geschichte im XVI. und XVII. Jahrhundert, 6 vol., Berlin et 1859-1867. & SAT EST