‹ Histoire de la littérature allemandeChapitre 400 sur 534 · LES ULTRAMONTAINS. — HURTER. GFROERER · texte numérisé non relu

LES ULTRAMONTAINS. — HURTER. GFROERER

L’Allemagné a, dans sa propre histoires un événement qui toujours présent, parce que sés conséquences ne sont pasenc ua a c'est la Réforme. La moitié de

1. Certaines phrases devaient faire sourire le prince de Bismarck; 1 tombées sous les yeux :« Bismarck était retourné, le 8 juin 1870, à Varzin, p « chir avec de l'eau de Carlsbad, dans une tranquille villégiature, ses n@ « ébranlés, ot pour ne rentrer à Berlin qu'après l'expiration de son “ Semaines, au commencement du mois d'août: lui aussi ne pere pas à (7 vol., livre XXII, chap. 11.)

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ütre l'a tolérée, ou l'a repoussée tout à fait. La scission existe core; elle se perpétue sous nos yeux; elle à dû donner lieu à ux courants d'idées, qui se sont répandus non seulement sur Réforme, mais sur les événements qui l'ont précédée ou vie, qui en ont été la cause ou la conséquence.

Pour les historiens protestants, la Réforme était le complént de la Renaissance et l’aboutissement des vagues aspirans du moyen âge. Pour les historiens catholiques, c'était une tiation et même un recul dans la marche de la civilisation. ux-ci regrettaient tout ce que la Réforme avait supprimé, l’auté en matière de foi, le gouvernement théocratique, l’univerité de l'Église, et même parfois ce qui était étranger à la

forme, le règne des castes et des privilèges. Au point de vue

leurs préférences politiques, les premiers s’orientaient volonrs sur la Prusse, les seconds sur l'Autriche.

Pstoire littéraire n’a à s'occuper que des hommes qui, en hors des discussions de partis, se sont distingués par des quais d'écrivain ou par quelque recherche originale; et, à ce titre, epeut recueillir, dans le groupe des historiens catholiques, uxX noms, qui eux-mêmes commencent déjà à pâlir, ceux de rter et de Gfrærer.

rédéric-Emmanuel Hurter, né à Schaffhouse, en 1787, était emier pasteur dans sa ville natale. Il se rattacha de bonne ure au parti ultramontain et ultra-conservateur; il était lié avec publiciste Gœrres. À la suite d’un dissentiment avec ses collèes; qui donna lieu à un échange de brochures, il se démit de ses ictions, et passa au catholicisme, à Rome, en 1844. Il a expliqué conduite dans un écrit intitulé Naissance et renaissance 1. I “plus tard historiographe de l'Empire d'Autriche ; il mourut à atz, en 1865. Le principal ouvrage de Hurter est une Histoire du pe. Innocent II[?, résultat d’un travail de vingt ans. Il y a rasmblé une immense quantité de matériaux, classés avec beauup d'ordre, et on ne peut lui reprocher, devant la masse des tSsaccumulés, que de n'avoir pas su se restreindre. Il à voulu “objectif ; il dit dans sa préface : « Un seul fait moral domine

: Geburt und Wiedergeburt, Erinnerungen aus one Leben, 2? vol., Schaffhouse, 5-1846.

* Geschichte Papst Innocenz' 111. und seiner Zeitgenossen, 4 vol., Hambourg 4-1842,

adoptée, en a fait la règle de sa vie et la loi de son existence.

: S ne 876 LE ROMANTISME.

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«“ toute Ja vie d'Innocent IN : il à reconnu et accompli la « haute mission du pontificat; il y à vu une institution “par Dieu pour la direction de l’Église et pour le salut del « nité. Que cette idée soit vraie ou fausse, qu’elle soit, co «où contraire au vrai christianisme, l'historien n’a pas à « préoccuper : c’est l'affaire du théologien. I! suffit, pour « rien, que cette idée ait prévalu à une certaine époque, et. « ait servi de base à uneinstitution importante : son devoir | « dès lors de suivre les événements auxquels cette institutio « donné lieu. » Le programme était excellent, mais Hurter ét un homme trop convaincu, trop passionné même, pour y res! fidèle. Son récit tourne vite à l'apologie. En retraçant le règ du grand pontife, il se souvient que le trône de ses successe est menacé, et il réclame énergiquement le maintien du pouv temporel des papes. Il est gêné aussi par les cruautés exercées s les hérétiques, et, Quoique tout émane et doive émaner, dit-i}, la haute initiative du Saint-Siège, il rejette la responsabilité de c actes sanguinaires sur des personnages subalternes. L'Histoire l'empereur Ferdinand II 1 est un long et fastidieux panégyriqu L'écrit sur Wallenstein 2 à surtout pour but de mettre en lumiè les mérites du général bavarois Tilly. Le style est lourd, soure: négligé; la phrase s’embarrasse dans les incidentes. 2 | Hurter n'a plus beaucoup delecteurs, parce qu'il est difficile lire. Auguste-Frédéric Gfrærer à un style plus vif; s’il est | aujourd’hui, c’est à cause de l’uniformité de son point historique. Gfrærer est un ultramontain doublé d'un scepi Il ne croit ni aux grands mouvements d'idées dans les p upli ni aux grandes passions dans les individus. Ce qu'il admire dan le catholicisme, ce qui lui impose, c’est la puissance et l'éclat d Sa manifestation extérieure. Il aime les pouvoirs centralisé été du parti de la grande Allemagne (grossdeutsch), sous la su matie de l'Autriche. Il a toujours été opposé à tout particularisme et il aurait volontiers ressuscité l'Empire d'Occident au profit d la dynastie des Habsbourg. Né en 1803, dans un village de L Forêt-Noire, il fut d'abord, pendant deux ans, secrétaire de Bon Stetten à Genève et à Rome. En 1846, il devint professeur à l versité de Fribourg-en-Brisgau, et il embrassa le catholicisme.

‘1. Geschichte Kaiser Ferdinands II. und seiner Frankfurt, 11 vol., Schaïffhousé, 1850-1860. ve 2. Zur Geschichte Wallensteins, Schaffhouse, 1855, SE

Eltern bis zu dessen Ar

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4 5 ué un rôle actif dans les luttes entre le gouvernement badois, épisccpat; il mourut à Carlsbad, en 1861. Une partie de ses pages appartient à la théologie; mais il a marqué une trace sagère dans la littérature par son Histoire de Gustave-Adolphe, de Suède !. Schiller avait dit de Gustave-Adolphe : « Une piété , ve, sincère, rehaussait la bravoure qui animait son grand es œur. Element éloigné de l’incrédulité grossière, qui laisse ins frein les passions fougueuses du De et de la bigoterie impante d'un Ferdinand, qui s’abaissait devant Dieu comme nver de terre et qui foulait l'humanité sous ses pieds orgueil- Fi UX, Gustave, même dans l'ivresse du bonheur, était toujours omme et chrétien, mais toujours aussi, dans sa piété, héros =. Lpoi 2. » Girærer fait du roi de Suède un politique habile, qui 3 sert de la religion comme d'un masque; il l’admire au

ne titre que Wallenstein et Machiavel. Un de ses derniers e rages est une Histoire du pape Grégoire VII *, qui devait faire dant à l'histoire d'Innocent HI de flurter, mais qui n’est un étalage prolixe de documents mal combinés.

plus ardent champion de l’ultramontanisme et de la contrelution, le plus éloquent même, si on lui passe ses intempéces de langage et ses vla LAS d'expression, c’est le profes- “Henri Leo, mort à Halle en 1878. On peut à peine l'appeler historien, quoiqu'il ait écrit beaucoup de livres d'histoire; il: ème composé une histoire universelle, où naturellement le

‘en ge tient la plus grande place. Il s'était livré d’abord à un

ralisme effréné, et avait été un des plus chauds partisans de

el, qu'il vilipenda plus tard. Il a dépensé beaucoup de talent

aire oublier ce qu'il appelait ses péchés de jeunesse; mais

plus grand péché, et qu'il n’a jamais racheté, c’est son péché

tre l'histoire. Il la tourne et la retourne à Sas la ploie et 4 iartyrise au gré de sa passion, et ses argumentations Cava- “4 2 rappellent parfois, à part la supériorité du style, les vioes $ apostrophes d'Abraham a Santa Clara #. à

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