‹ Histoire de la littérature allemandeChapitre 399 sur 534 · SYBEL · texte numérisé non relu

SYBEL

(envi de Sybel appartient au même groupe, mais il a suivi ses pres voies, quelquefois assez loin des traces du maïître.Il se ge dans la classe de ceux qui, selon l'expression de Ranke, usent ou défendent; il a fait de l histoire tour à tour un ÉquE Ge ou-un plaidoyer.

re der deutschen Kaïiserzeit, 5 vol., Brunswick, 1855-1880. — Giese- -

hta encore publié une monographie d’ Feist de Brescia (Munich, 1873) et une uction de Grégoire de Tours (2° éd., Berlin, 1878). [l a dirigé, depuis 1874; la pe âo l'Histoire des États de l'Eur ope, commencée par Heeren et Uckert-

NE à Dusseldorf en 1817, Sybel se mit de bonne heu direction de Ranke, dont il adopta d'abord toute la méth débuta, en 1841, par une Histoire de la premiére croisud « épisode de la lutte entre les deux religions qui se disputen « monde, une lutte qui commence au vire siècle sur les fr « de, l'Arabie et de la Syrie, qui s'étend rapidement sui « les côtes de la Méditerranée, et qui; après plus de mi « agite encore l'époque actuelle L». C’est une bonne monog tout à fait dans la tradition de l’école critique. Un tiers du volu est consacré à l'examen des sources: l’histoire y est soigneu ment séparée de la légende, et il en résulte, par exemple, que rôle de Pierre l’Ermite et celui de Godefroi de Bouillon se: vent considérablement diminués: Cet ouvrage fut suivi d gine de la royauté en Allemagne ?, où Sybel s'appuie su tout en le combattant sur quelques points. Il montre & la royauté du moyen âge est sortie des anciennes instituti germaniques, sous l'influence du droit romain et du christ ‘ nisme. La vie de Sybel fut ensuite partagée entre l’enseignem universitaire et la politique. Il devint, en 1845, professeur bourg; en 1856, à Munich, où il fonda la Revue histori 1861, à Bonn. En 1875, il fut nommé directeur des Arch prussiennes et membre de l'Académie des sciences. L’'u de Marbourg le chargea, en 1848, de la représenter à. las des États de la Hesse Électorale, où il vota avec le centre € tutionnel. Deux ans après, il siégea, comme député de la à la diète d'Erfurt, où il se rangea du côté de l'Allem: treinte (kleindeutsch), placée sous l'hégémonie de la P u: opposée à la grande Allemagne impériale et autrichien 1862 à 1864, il représenta l’université de Bonn au Land sien, et, après la guerre d'Autriche, en 1867, il fut élu : de la Diète constituante de l'Allémagne du Nord, où il se rall au parti national libéral. Il mourut à Marbourg, dans a v il avait le plus longtemps enseigné, en 4895... 2 R L'ouvrage principal de Sybel, celui qui l'a fait c l'étranger, est son Histoire de l’Europe pendant la Révolu çaise, qu'il commença en 1853, et qui s’arréla d'abord à la. la Convention, mais qu'il reprit plus tard, pour la men

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1. Geschichte des ersten Kreuzzugs, Dusseldorf, 1841 ; chapitre pre 2. Entstehung des deutschen Kônigthumse Francfort-sur-le-Mcin, 1844.

RANKE ET SON ÉCOLE. 871 u Done Le plan du livre était nouveau, et l’auteur abortson sujet avec un ensemble de FERSIGREReNIS qu'aucun de prédécesseurs n'avait eus entre les mains ?. La Révolution ibété racontée Jusque-là soit par des Dans français écriit au point de vue d’un parti, soit par des écrivains allemands anglais plus ou moins imprégnés d'idées françaises; on en ilfait un événement exceptionnel, auquel, par cela même on lui attribuait une portée extraordinaire, on ne pouvait liquer la mesure commune des choses humaines. Sybel voulut aener la Révolution française dans le cadre de l’histoire euromie, la traiter au point de vue des intérêts généraux du nde civilisé. L'idée était grande, vraiment historique. Il aurait ù pour la mettre à exécution, s'élever. à la hauteur du sujet s conçu, se placer à un point de vue réellement supérieur, dessus de tout particularisme, de tout PEÉJUSÉ national, de te prévention personnelle. C’est ce que Sybel n’a pas su faire, outefois il l'a voulu ?, et cela est infiniment regrettable, En ès” nous avoir laissé entrevoir un beau livre, il ne nous a iné, lui aussi, qu'une œuvre de parti. Il aurait dû se souvenir vord que le sujet, tout européen qu'il était, avait son point de iarten France, et que lui-même n'était pas Français. Il sait que rande difficulté, pour un étranger, est de « s'identifier-avec is idées et les besoins de la nation dont il retrace l’histoire ». spère néanmoins qu’on lui tiendra compte des efforts qu'il a Spour « éclairer la politique à venir de la France # ». Éclairer :pation étrangère sur la politique qu'elle devra tenir désormais, struire sur son avenir avec les exemples de sa propre histoire,

IGeschichte der Revolutionszeit (1789-1795), 3 vol., Dusseldorf, 1853: 4e éd. ({789- JStvol., 1878. — Traduction de Mlle Dosquet, revue par l'auteur, et précédée

‘e préface écrite pour l'édition française; 6 vol., Paris, 1869-1888.

telles, à la Haye, à Munich, à Vienne, à Naples. A Paris, les collections de la iothèque nationale, les archives du ministère de la guerre et du ministère des res étrangères lui furent ouvertes. « C'est pour moi un plaisir encore plus lundevoir, » dit-il dans la préface de l'édition française, « d'exprimer ici toute ma Connaissance envers les directeurs et les employés de ces diverses archives, SSlbien qu'envers ceux de la Bibliothèque impériale, pour l'empressement ülsont montré à aller au-devant de mes désirs. Il est impossible de témoigner in étranger plus de bonté et de bienveillance que celles avec lesquelles on a Bout facilité mes recherches. »

Æbreproche quelque part à Ranke, à propos des démélés entre la Prusse et triche, «d'avoir voulu élever ces études au-dessus de l'opposition des partis ». face de la 4° édition allemande.)

| Ar de l'édition française.

IMpuisa dans les archives et dans des collections particulières, à Berlin, à

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LE ROMANTISMES | c'est pour un historien une. tâche délicate. Il y faut d'abore grand sentiment d'équité, ét même un peu de courtoisie n; pas de trop. Or Sybel ne dissimule päs assez son peu d

pathie pour la France. Même dans le récit des négociationse les cours de l'Allemagne, il avoue que ses jugements sur le p se sont ressentis de ses opinions concernant les affaires préser « Par suite de ses vues politiques sur les questions allemar « de son temps, il avait dû se ranger, » dit-il, « parmi les ad « saires les plus décidés de l'Autriche 1. » Son mépris pou politique autrichienne n’est égalé qué par l’aversion profonde lui inspire tout ce qui vient de la Russie. Tous ses ménageme toutes ses complaisances sont pour là Prusse. Or il suffit suivre les intrigues qu'il a lui-même patiemment débrouill pour Se convaincre que toutes les chancelleries européen se valaient quant à la dignité de leur conduite et à la sincérité leurs actes, qu’ellés ne cherchaient qu'à se tromper l'une lau

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tout en unissant leurs efforts contre l'ennemi commun. 5

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Révolution française avait besoin d'une Justification, elle latr verait dans les mœurs diplomatiques du temps. ee

Ainsi, malgré l'extension donnée au sujet, la pensée va rétrécissant de volume en volume. Ce n'est pas tout. Sybel vrai dialecticien politique, enferme l'histoire dans un syst distingue, dans la période révolutionnaire, trois grands | ruine de la monarchie française, l’anéantissement de la P et la dissolution de l’Empire germanique. Ces trois fait pour lui, connexes; ils ont une seule et même cause, l guerre créé par la Révolution française. Partant de là, il s’ à démontrer que ce n’est pas l'Europe coalisée qui a ch étouffer la Révolution, mais que c'est au.contraire la Révolu qui à lâché sur l'Europe l'esprit de conquête et de convoiti Question oiseuse, au fond. Un choc entre Ja Révolution et vieilles monarchies était inévitable, et l’on sait qu'en pa l’agresseur n’est pas toujours celui qui déclare la guerreM Sybel tient à établir que l'attaque est partie de la France, el insinue même que le mobile déterminant était l'espoir d’ À butin, car personne n'admettait la possibilité d'un échec sur frontières ?. Il cherche ses preuves jusque dans les pr ie actes de l'Assemblée constituante: la Déclaration des droits

1. Préface de l'édition française. : RATS. à 2. Livre VII, chapitre 1er. :

ntre l'ancien ordre de choses, mais encore contre l’indépennce des nations étrangères ! », Est-ce pour cela que tous les ids écrivains de l'Allemagne y applaudissaient? La situation save avec la fuite et l'arrestation du roi, mais Sybel affirme me sans les intrigues des Girondins, la guerre n'aurait mais éclaté ? ». Enfin, arrivant au térme de son raisonnetibnous apprend que « l’Europe, ayant à se défendre contre France, voulut du moins avoir les mains libres du côté de rient, et le démembrement de la Pologne fut décidé »; Déjà,

este; les Jacobins y avaient porté le venin de leurs doctrines: “ce qui engagea Îla Prusse à intervenir 3. Sybel reconnaît lPrusse fut agressive, dans le sens le plus complet du mot, ins l’ombre d'un droit. Mais, continue-t-il, « si jamais poli- [ue agressive fut indiquée et même imposée à une nation par circonstances, ce fut bien ici. Ce qui imprima à cette époque ncaractère fatal, ce qui ébranla tout l'ancien système de urope, ce fut la coïncidence de la Révolution française et de politique conquérante de la Russie, coïncidence qui vint ab coup mettre en question tous les droits existants. On comend que, dans de tels moments de crise, le sentiment de la nservation personnelle passe en première ligne pour chacun,

Ja responsabilité réelle retombe moins sur ceux qui ont ntinué le combat commencé que sur ceux qui ont amené xplosion première ‘. » Déclarer la France complice de la iedlans l’anéantissement de la Pologne, lui en faire partager responsabilité réelle », renvoyer la Prusse les mains pures eines, c’est assurément le plus grand effort de dialectique un historien ait jamais été capable. Mieux valait dire siment, comme Sybel le fait ailleurs, que l'existence de la

gne était incompatible avec les besoins d’agrandissement de.

usse : telle avait déjà été, bien avant la Révolution, l'opinion tand Frédéric. |

bél a consacré ses dernières années à une histoire de /a Fonme l'Empire d'Allemagne par Guillaume Ie” 5, Il remonte Fe

ivre Ier, chapitre in.

ivre IV, chapitre 1er. ivre VI, chapitre nr.

ivre VI, chapitre 1v.

ie rindung -des deutschen Reiches durch Wilheln 1., 1 vol, Murich et 81 1889-1894.

me était déjà « une attaque monstrueuse, non seulement,

qu’à l’origine du conflit entre la Prubée et l'Autric Septième volume, qui a paru en 1894, s'arrête après la tion de guerre 1 1870. La forme trahit une rédaction. & ton est ie, de la polémique quotidienne *. :

rapproché du moment où il écrit. Faire l’ Hoi dé pr impossible. L'œuvre d’une génération, d’un siècle, est in sciente; ceux qui viennent après nous, et dont nous prép les desitées peuvent seuls dire ce que nous avons fait. Le histoire Ro À ce sont les MÉMOIRES la pos

ainsi dire, le ce immédiat, C'est encore Len présen l'aimons, nous le haïssons, selon qu'il favorise ou qu'il contr: nos intérêts actuels. La Révolution française, avec les SAR qui Favaient suivie jusqu’ au milieu du siè

a ue. en paraissait là conséquence te instant compromis l'indépendance nationale. Juger éq ment la Révolution française, la raconter objectivement,

événement encore présent le recul d’un passé loin homme de talent n'y suftisait pas.

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