FALLMERAYER
ques-Philippe Fallmerayer a eu des commencements péni- Né en 1790, dans un pauvre hameau alpestre, au fond des 4 du Érol. il garda jusqu’à douze ans les troupeaux ; S] déjà la vue du grand paysage qui se déroulait à ses pieds donnait « des sensations inexprimables, à la fois mélancolies et douces 1 ». Le souvenir du pays natal se réveilla souvent ui, dans ses pérégrinations lointaines. Arrêté un jour dans île. de la Haute- Égypte, il écrit : « La douce clarté du jour, le au ciel azuré, le fleuve, et plus loin les rochers et les monta- 16$ qui enferment l’ horizon, m'ont rappelé les soirs d'été de oh enfance. Les vergers, fes pentes rocheuses garnies de verire, la source, le poivrier, les baies rouges sur les buissons, sombres allongées à mesure que le soleil descendait, le son Skcloches saluant la veille de la Saint- Jean, images Inelfacas esd'un temps heureux à jamais disparu! Sans montagnes, ns rochers, sans clarté du soleil, il n’est plus pour moi une jure joyeuse. » Des ecclésiastiques, devinant ses dons supérs, le firent entrer à l’école épiscopale de Brixen. Il y resta wau jour où le régime intellectuel lui pesa; il s’enfuit en , et depuis il se fit une loi de garder le silence sur ses res, à l'exception d’un seul, « homme savant, excellent, ‘éprochable », qui lui se bpa le grec, et à qui il garda une nhaissance profonde. Il poursuivit ses études classiques à la €, université de Landshut. En 1843, il s’enrôla dans l’armée roise, fit campagne comme sous- PÉRANERARQUr en 1815, el, régiment ayant été compris dans l’armée d'occupation en ce, il passa plusieurs mois aux environs d'Orléans, où il ropria, dit-il, non seulement la langue, mais encore mi poli-. È Vucaise. bañs toutes ses garnisons, il « travaillait, comme
rie le recucil de ses œuvres posthumes, publié par son ami George-Martin as, arec une introduction biographique : Gesammelte Werke von Jakob Phi- Qu 3 val., Heipais » 1861,
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«s’il avait été à l’université »; il continuait « par ‘diet nti l'étude du grec ancien, et il apprenait le grec moderne, le le persan, son imagination l’attirant déjà vers le node orien Après avoir quitté le service, en 1818, il devint professeur gymnase d'Augsbourg, et, trois ans après, au progymnase Landshut, qui fut bientôt transformé en lycée. Il était t occupé de son enseignement, quand l’Académie royale sciènces de Copenhague mit au concours l’histoire de l'Emy de Trébizonde, de cet empire fondé à la fin du xu° siècle par Comnènes chassés de Constantinople, et englouti, trois. siè après, dans l'invasion turque; empire presque légendaires les annales étaient perdues, et dont les chansons de geste ava seules conservé le souvenir. Fallmerayer retrouva, dans la bib thèque de Saint-Marc, à Venise, une chronique manuscrite, lui permit de rétablir intégralement la suite des souverains celle des événements de leur règne. C'était un chapitre iné qu'il ajoutait à l’histoire du moyen âge !. Mais il ne pouvait des Comnènes de Trébizonde sans rechercher en même temps
causes qui avaient précipité la chute de la civilisation nu à
pas faites Œe plaire au parti ultramontain, très puis: Pots . € Si la liberté et 18 DIOSpEre des peuples, » disai
de la civilisation et l’ennemi du genre humain. » Le RAA ds ais le COR es Fpuvrage, se termin
Fallmerayer (le 14 nov. 1828) : « Ew. Wohlgshoren haben Sich durch die « einer Geschichte, die hoffnungslos vériorèn schien, und deren vortreff « beitung ein unvergängliches und ungewühnliches Re erworben.
main, Fallmerayer fut amené à s'occuper de la question opinions accréditées. C'était L'époque où les ation chrénes de la péninsule hellénique s’insurgeaient contre le. gouement ottoman, et où les grandes puissances eur ‘opéennes prélaient à intervenir en leur faveur. Fallmerayer acquit là tiction que ces clients de l'Europe coalisée n'étaient nulleit les descendants des anciens Hellènes, mais un mélange de es et d'Albanais; que leur oué vement était le résultat tout iciel des intrigues moscovites, et qu'ils n'étaient que les coureurs d'une nouvelle invasion qui pourrait un jour merger l'Allemagne et l’Europe entière. Comme il ne voulait “avancer que sur preuves, il retraça l’histoire de la Morée au emâge, pensant que ce qui était vrai de ce pays fermé, de ce endu «siège primitif de la race », l'était à plus forte raison des ons septentrionales, plus ouvertes. Le premier volume parut en et.le second, appuyé sur de nouveaux documents, en 1836 1. ‘e du livre estexposée avec beaucoup de vigueur dans la pré- La race des Hellènes a été extirpée de l’Europe. La beauté 1 corps le vol hardi de l'esprit, la noble simplicité de l'art et Ja vie, la carrière olympique, les temples avec leurs colon-
des superbes, les villes et les bourgades, le nom même a.
sparu de la surface du continent grec. Une double couche, rmée des ossements de deux races nouvelles et différentes, uyre les tombeaux des anciens habitants. Les œuvres immorles des penseurs et les ruines éparses sur le ‘ol attestent ules qu'il y à eu un jour un peuple hellène. Mais il n y a pas e goutte de sang hellénique dans les veines des chrétiens dorment la population actuelle de la Grèce. » En tête du nd volume, il insiste encore sur ce que l’œuvre des cabinets péens lui semble avoir d’éphémère : « La force qui a créé la èce pourra seule prolonger son existence; mais cette force ira.par se lasser, et l’on sait qu'un État ne subsiste que s’il rte en lui-même les éléments de sa vie. Or la Grèce ne vit Sipar élle-même; elle est aussi incapable de se défendre que segouverner…. Elle n’a qu'une vie artificielle, qui lui a été ioyée par l’Europe... On lui a donné un gouvernement cons-
eschichte der Halbinsel Morea während des Mittelalters, 2 vol. Stuttgart,
jue, qui était alors à l’ordre du jour, et, ici encore, il heurts.
LA
pas sans une survivance au moins partielle de là race. M contenu historique de son ouvrage, établi sur les tu plus consciencieuses, subsiste indépendamment des conclus
qu'il en tire. Pour lui, le résultat immédiat de la. publicatio premier volume fut d'attirer sur lui l’'animadversion de tou: philhellènes de lPAllemagne, et c'était la plus grande parti monde littéraire !. Il était déjà désigné à la haine des ultran tains. Il partit, en 1831, pour son premier voyage d'Or Était-ce pour se soustraire à l’ennui des polémiques, où |
dures expressions ne lui étaient pas ménagées ? Ce serait nr connaître que de lui supposer des motifs de ce genre. Fall avait en lui quelque chose du tempérament de Lessing, magne n’a pas connu, depuis l’auteur des Anti-Gæze, ui die ticien aussi serré et aussi éloquent. Ce qui le détern inait à tout, c'était le besoin de voir de ses yeux les rer où son à gination vivait depuis des années. 0 Il parcourut, avec le comte Ostermann- Tolstéï, réa ( Nubie, la Palestine, la Syrie, les îles de J'Archipel, fit un séjour à Constantinople, et revint par la Grèce et l’ Itali À retour, en 4834, il trouva sa chaire occupée, et on lui déc
« qu'après un si long voyage, et après tout ce qu il avait cri
« place n’était plus dans l’enseignement ». Il quitta Ja : L ii visita la France méridionale et la Haute-ltalie, et demeura q ques années auprès du comte Ostermann- Tolstoï à Genè
il Lie la route de l'Orient, ÉSCAHENS le D
| ! 1. Fallmerayer n'était pas tout à fait seul de son avis. Pendant qu'il réf son livre, l'helléniste-Hase lui écrivait (le 16 mars 1829) : «Je vois avec P « que vous travaillez à une histoire des révolutions du Péloponnèse”au-n 142 « C’est un heureux sujet, à une époque où les regards de, toute l'E « dirigés vers cette presqu'ile, qui a enfin recouvré sa liberté. Jlajou « Suis porsuadé de la justesse de vos vues. Il est assurément plus « suivre les idées courantes, de n’admettre aucune interruption entr » Canaris, et de reconnaître trait pour trait les anciens Spartiates dati «de Maïna. Mais quand. on étudie la question de plus près, sans paf | « sans enthousiasme, et sans se laisser étourdir par le tee a « choses se présentent autrement. »
L'HISTOIRE DESGRIPTIVE. 897 du mont Athos, sur le Hagion Oros, Ta’ Montagne Sainte, se dresse à l'extrémité de la Chalcidique comme « un sphinx
r les eaux ». S'il faut l'en croire, il fut tenté un instant de »ses jours dans cette haute et paisible citadelle.
LR ? ” x Quitte le monde et viens avec nous, » disaient les moines; « ton nheur est ici. Vois cet ermitage si bien bâti, si solitairement caché ns,la montagne, et dont les fenêtres brillent au soleil couchant. mme la chapelle sourit gracieusement, au milieu des vignes, des lées de lauriers, des myrtes et destouffes de valériane, que borde la ire verdure du bois de châtaigniers!Vois:lu la source argentée qui Hit du rocher? l’entends-tu qui murmure sous les lauriers roses ? Tu )uveras ici un air bienfaisant et les plus grands de tous les biens, liberté et la paix avec toi-même. Car celui-là seul est libre qui a omphé du monde et qui a fixé son séjour dans l’Officine de toutes MerLUS (épyactiptoy racv.aperwvy), sur le mont Athos. » Les bons Sparlaient sérieusement; ils voyaient bien à qui ils avaient lé; ils savaient ce que c’est que la mélancolie et les besoins inasisdlu cœur; ils connaissaient le prix de la solitude et le charme lawiorêt silencieuse et les fraiches scènes de la nature exercent es âmes fatiguées du monde. Ils ajoutaient que le ne me ferais pas és qu'il fallait pour cela une vocation spéciale; j'élèverais simiënt ma hutie dans la région, comme membre indépendant de la e confrérie, et, libre de toute contrainte, je jouirais avec eux de la té terrestre, dans la prière, la méditation, la lecture, le jardinage; Jurrais. à volonté vivre seul ou errer sous l’ombrage des forêts, UPS en paix, jusqu’au jour où serait tranché le fil de ma vie et où isur moi l'aurore d’un monde meilleur. Pour le moment, je isrélourner dans mon pays, vendre ce que j'avais, arracher cou- ISement de mon cœur les mille racines qui m’enchaïinaient à la CCidentale, et revenir sans hésiter et sans tarder dans l'ile de la tude et de la paix. Une modique somme payée une fois pour Ssau couvent de Saint-Denis, je serais, ma vie durant, propriédu romantique ermitage, et un contrat en bonne forme établizombien l’économe du couvent me devrait par semaine, pour moi Mmdomestique, de pain, de vin, de farine, de légumes, de poissons d'olives, sans parler de l’éclairage, du chauffage et du reste. te, Je l'avoue, était séduisante. Toutes les misères de l'Occident, le aime de la nouvelle école, notre déluge de livres, les douze gros nes de L.... ! sur l’histoire primitive de la Germanie, sur laquelle m’avons aucun renseignement, douze volumes, hélas ! pleins d’art, et onde, et d’érudition stérile, la titanique et désolante philosophie de rbâch, et tant de laborieuses compilations, me revinrent à l'esprit. e représentai nos tristes mœurs littéraires, la vanité, l'ignorance, lil, la grossièreté et Pennui, de plus en plus envahissants, et le gue de la foire de Leipzig, et notre soif insatiable de connais-
ME
nipeut lire Luden. L'Aistoire du peuple allemand de Henri Ludèn parut, en de 1895 à 1837, en 12 volumes ; elle s'arrête à l'année 1237, "3